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PL 21 sur la laïcité : l’Archevêque de Montréal met en garde Québec contre un recul des libertés…

Baba-Idriss FOFANA

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Alors que les discussions se poursuivent sur le projet de loi (PL 21) visant à affirmer la laïcité de l’État et à préciser les exigences qui en découlent, « nous ne pouvons que craindre un recul des libertés individuelles », a critiqué jeudi, dans une déclaration, Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal.

Cette sortie de l’Archevêque de Montréal intervient à l’occasion de la dernière journée des consultations particulières sur le projet de loi (PL 21), qui vise à interdire le port de signes religieux à certaines catégories d’employés de l’État, dont les enseignants, et à assurer que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert. « Comment ne pas voir dans l’interdiction du port des signes religieux une entrave à la liberté de conscience et de religion, voire même une atteinte à la dignité humaine de personnes tenues de se cacher ou de taire leur identité au nom d’une présumée neutralité ? », s’est offusqué Monseigneur Christian Lépine.

« Un État qui se dit neutre de manière si subjective ne peut réellement se réclamer du respect de la dignité de ses citoyens, car la société n’est pas homogène »

– Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal

Le projet de loi (PL 21) prévoit en effet modifier la Charte des droits et libertés de la personne en les conditionnant tout comme les droits fondamentaux, au strict respect de la laïcité de l’État. « S’il est compréhensible que l’État puisse affirmer sa neutralité au regard de ses prérogatives, celle-ci est faite pour signifier une ouverture et une bienveillance devant le fait religieux et la diversité de croyances », a martelé l’homme de Dieu.

La religion n’a-t-elle plus sa place dans l’espace public?

L’Évêque montréalais croit savoir qu’« un État qui se dit neutre de manière si subjective ne peut réellement se réclamer du respect de la dignité de ses citoyens, car la société n’est pas homogène ». « Ainsi, comme le soulignait très justement l’Assemblée des évêques catholiques du Québec dans sa déclaration du 6 mars 2019, quel est le bien-fondé d’étendre cette interdiction du port de signes religieux aux enseignantes et aux enseignants sinon de les priver d’un droit fondamental? », a-t-il questionné.

Pour Monseigneur Lépine, si les enseignantes et enseignants ne peuvent pas porter à leur discrétion des signes religieux, le message qui est donné aux enfants et aux jeunes est que la religion n’a pas sa place dans l’espace public, réduisant ainsi les croyants et les croyantes dans leurs droits les plus fondamentaux.

« En tant qu’État de droit, ne pourrait-on pas plutôt envisager une conception de la laïcité à travers laquelle l’État préserverait, protègerait et promouvrait ces libertés dans l’espace public ? »

– Monseigneur Christian Lépine, l’Archevêque de Montréal

Le guide religieux soutient que le port de signes ou de vêtements comme manifestation d’appartenance à une communauté religieuse est un droit fondamental dans l’exercice de « la liberté de pensée, de conscience et de religion », comme le stipule l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par les États signataires en 1948. « Nous attendons du gouvernement québécois qu’il respecte cet engagement et garantisse ce droit fondamental et inaltérable », a martelé le responsable de l’Archidiocèse de l’Église catholique à Montréal.

À lire : Projet de loi sur la laïcité : un « recul historique » pour les droits fondamentaux ?

Il souhaite que le gouvernement Legault puisse permettre l’établissement d’un dialogue dans le respect mutuel et de découvrir les valeurs et les croyances de toutes les communautés qui constituent et enrichissent « notre société pluraliste et égalitaire », des principes à travers lesquels beaucoup d’autres sociétés jalousent le Québec, selon Monseigneur Christian Lépine.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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3 Commentaires

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    Denis Beaulé

    16 Mai 2019 à 4:00

    Ceux et celles qui n’auraient rien regardécouté des auditions sur le projet de loi 21 auront manqué quelque chose. Car on a pu y entendre des groupes et personnes extrêmement bien articulés, présentant des points de vue non seulement différents mais aussi fameusement bien différenciés, étayés et solidement argumentés. Ça, ç’aura été le ‘beau’, le ‘bon’ de la chose. Le moins ‘beau’, moins ‘bon’ sera venu de l’«accueil», de la «réception» de certains de ces points de vue ou invité.e.s particulièrement par la partie gouvernementale.

    Aujourd’hui encore aura-t-on pu constater la différence. Différence entre gens, organisations ou institutions, ayant, elles et eux, approfondi et «travaillé», des années et des années durant, quand ce n’est pas durant des décennies, le[ur] sujet; qui en ont fait une conversation, étendue, en long et en large, ainsi qu’en altitude et proximité (écoute, réceptivité, échanges, interrelations, délibérations); comparé à e.g. un gouvernement, qui improvise un projet de loi sur le coin d’une table, un bon samedi matin, et qui décide que ce sera ‘ça’ qui fera loi et foi de tout dorénavant en ce ‘pays’; sans s’enfarger ni de se demander ni encore moins de déterminer qui fera quoi comment pour l’application de la chose, attendu que ce serait ce que voudrait le bon peuple, ‘anyway’, et, donc, qu’il est là le consensus, chez une majorité de celui-ci; nul besoin alors de se faire un cas de conscience du «reste» ou des «autres».

    Bref, aujourd’hui, encore, sera-t-il à nouveau apparu que, lorsqu’on est soucieux de long terme et de rationalité, on ne légifère pas à partir de peurs ou d’«inquiétudes», aussi réelles soient-elles, fussent celles d’une majorité; mais bien suite à conversations et confrontations de points de vues, suite à représentations (au sens large i.e. aussi de projections dans futur) et surtout, plus encore, suite à rencontres concrètes des ou, mieux, ‘avec’ les milieux concernés, à propos ou ‘à cause’ desquels on estime devoir légiférer, afin de le faire en connaissance de cause et avec eux, plutôt que sans eux ou contre eux.

    On a connu beaucoup d’avancées interethnoculturelles au Québec, on est parvenu.e.s à passablement de rapprochements, à davantage d’intégration, à quelque apprivoisement notable et significatif de la différence et de l’altérité, notamment grâce à l’abrogation de cloisonnements, qui embrigadaient des confessions religieuses plus particulièrement. Avec la loi 21, il y aura régression ou désagrégation à cet égard, parce qu’aliénation ou exclusion de certain.e.s, au lieu d’intégration, de conversation continue ou de ‘séduction’.

    Le plus pathétique de tout, c’est que ce jeunissime gouvernement et son jeune ministre, inexpérimenté(s), se gaussent en sus d’accomplir là quelque chose d’historique, clament-ils; de résoudre un problème auquel nul avant eux n’aurait daigné se colletailler, que personne encore ne serait parvenu à juguler, résolument, complètement et définitivement, de manière à pouvoir passer à autre chose, à en finir une bonne fois pour toutes, à tourner la page… (Avez-vous ‘ri’?…). Pathétique. Aucune page n’aura été tournée. Rien n’aura été réglé une fois pour toutes. Et on pourra encore moins passer à autre chose, considérant que, là, il va y en avoir; là, en résulteront des problèmes, des vrais, pour vrai. Enfin, côté autocongratulations gouvernementales pour avoir eu le courage, elles et eux, de «s’attaquer» à quelque chose d’aussi considérable, on r’passera. Car il n’est rien de glorieux ni de courageux à simplement s’adonner à légiférer en guise de complaisance à une majorité. C’est l’inverse qui le serait. Comme l’avait fait, par exemple, Trudeau père, en faisant abolir la peine de mort MALGRÉ la volonté populaire. ÇA, c’est gouverner! ÇA, c’est être un homme d’État. Ça, c’est l’être – courageux. On ne qualifiera pas le geste et l’intention de ce gouvernement-ci. Mais… On pourrait tout de même rappeler qu’un suréminent intellectuel a employé hier des mots comme ‘odieux’ et ‘désinvolte’ pour qualifier, lui, respectivement certaines dispositions du projet de loi (‘discartant’ a priori des droits à la douzaine pour ‘faire passer’ quelque chose ne le requérant absolument pas à cette échelle), et à l’égard du gouvernement même à propos de l’approche qu’il a privilégiée pour la présentation, le traitement et l’adoption de ce projet de loi.

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    Denis Beaulé

    17 Mai 2019 à 10:00

    L’Archevêque a raison et plus qu’il ne croit. La conscience, en effet, n’est pas la dernière des choses. Pas quelque chose qu’on peut «remiser», mettre à part, ignorer sans s’en formaliser. C’est LA Première chose, en importance, chez l’humain. Tant quant à soi-même qu’eu égard aux interactions avec le monde. À tel point que saint Paul a pu dire que « tout ce qui ne procède pas de la bonne foi [émanant va de soi de la conscience] est péché». Mais il y a plus. Plus récent…

    Il y a environ un demi-siècle, deux Grands ont réitéré la même « profession de ‘foi’ », pour ainsi dire en quelque sorte. Deux personnages s’insérant d’ailleurs assez providentiellement, merci, en la présente discussion. Le premier, un familier de l’archevêque, Josef Ratzinger, qui a dit, à l’époque de Vatican II, que « La conscience est le tribunal suprême et ultime de la personne humaine, même au-dessus de l’Église officielle, et c’est à elle que nous devons obéir. » Le second, législateur au sommet, Pierre Elliott Trudeau (1971), lui, qui n’en a pas moins déclaré que « la conscience est notre seul guide, et si la loi viole notre conscience, je crois que nous devons désobéir à la loi. »

    Nul besoin d’en rajouter.

  3. Pingback: Loi sur la laïcité de l'État : un « permis général » de discriminer au Québec ? - Avant Premiere Mtl

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Groupe Capitales Médias : Unifor demande une aide d’urgence

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Le risque de faillite qui assaille le Groupe Capitales Médias (GCM) peut affecter une centaine de salariés qui travaillent dans les différents journaux régionaux (La Voix de l’Est, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Soleil, Le Droit et Le Quotidien).

Alors que le premier ministre François Legault a promis ce mercredi, 14 août, de faire un chèque au GCM, la situation financière du groupe mérite selon Unifor des mesures plus rapides. Rappelons aussi que le groupe est en discussion avec Cogeco et Québecor pour vendre en partie ou en totalité ses journaux régionaux.

« L’heure est grave en ce qui concerne l’avenir des six quotidiens régionaux de GCM », a rappelé M. Gagné. « Il faut que le premier ministre Legault passe de la parole aux actes et annonce immédiatement une aide d’urgence afin de rassurer les travailleurs et les travailleuses de ces quotidiens ainsi que leurs familles ». M. Gagné appelle notamment à ce que cette annonce soit faite avant l’ouverture de la Commission parlementaire sur l’avenir des médias, prévue le 26 août à Québec.

« Cette aide d’urgence », ajoute pour sa part Alain Goupil, journaliste à La Tribune et président de la section locale 1910 « doit servir à garantir aux travailleuses et aux travailleurs de l’information qu’ils pourront continuer d’exercer leur emploi jusqu’à ce que des mesures à plus long terme soient trouvées ».

Lire aussi : Vol de renseignements personnels : après Desjardins, Québec annonce l’encadrement des agences de crédit

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Vol de renseignements personnels : après Desjardins, Québec annonce l’encadrement des agences de crédit

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Le ministre des Finances, Eric Girard, a annoncé mercredi 14 août son intention de déposer un projet de loi dans la foulée du vol de renseignements personnels chez Desjardins.

Avec ce projet de loi, le ministre souhaite introduire un encadrement des agences de crédit et offrir le gel ou le verrou du crédit, à l’instar de ce qui se fait présentement ailleurs dans le monde. Les modifications législatives proposées viseront ainsi à améliorer la protection des données financières des citoyens. « Nous avons l’intention de mettre en place des mesures visant à accroître la protection des informations financières de tous les Québécois et Québécoises », a annoncé Eric Girard.

De plus, le ministre a annoncé qu’il a convenu avec le Mouvement Desjardins de resserrer sa gouvernance et sa gestion de risques dans le cadre du bilan amorcé en collaboration avec l’Autorité des marchés financiers. « L’incident chez Desjardins est regrettable, et je comprends que les Québécois soient inquiets. Nous sommes conscients qu’ils attendent du gouvernement des améliorations », a-t-il déploré.

Equifax face aux Vols de renseignements personnels...

Le ministre a tenu à rassurer les membres de Desjardins concernés et la population en général. En effet, la situation est gérée de façon adéquate par l’institution financière, sous l’œil attentif de l’Autorité des marchés financiers. Il a rappelé que les actifs financiers des membres sont garantis en cas de fraude. Il constate aussi l’inscription en grand nombre des membres de Desjardins aux services d’Equifax, ce qui contribuera à la prévention des fraudes. On ne rapporte d’ailleurs aucune augmentation des cas de fraude chez Desjardins depuis le vol de données.

Le ministre est d’avis que l’institution coopérative a réagi rapidement et de façon responsable en offrant notamment à ses membres un plan de protection et d’assistance gratuit contre le vol d’identité. Il dit comprendre par ailleurs l’inquiétude et l’insatisfaction des clients concernés, et c’est pourquoi il considère que des changements législatifs doivent être apportés.

À lire : Desjardins : les données personnelles de près de 3 millions de clients volées par un employé

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Jeux panaméricains 2019 : les athlètes canadiens remportent 152 médailles à Lima

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Les Jeux panaméricains de 2019 à Lima ont pris fin la fin de semaine dernière. Au cours de ces compétitions internationales, Équipe Canada a remporté au total 152 médailles dont 35 d’or, 64 d’argent et 53 de bronze, en occupant la troisième place du podium.

 Au terme des Jeux panaméricains de 2019 tenues à Lima, la ministre des Sciences et des Sports à remercier tous les athlètes qui ont représenté le Canada avec cœur. Non sans souligner les réussites d’Équipe Canada. « Je sais que les Canadiens ont pleinement conscience des efforts, du dévouement et de la persévérance nécessaires pour se rendre aux Jeux panaméricains. Nous ne pourrions être plus fiers de ce que nos athlètes ont accompli », a déclaré Kirsty Duncan.

Les 19 derniers jours de compétition ont été marqués par des performances exceptionnelles. Les membres d’Équipe Canada ont fait preuve d’une détermination et d’un esprit d’équipe fantastiques.

Avec leurs 152 médailles (35 d’or, 64 d’argent et 53 de bronze), les membres d’Équipe Canada ont fièrement défilé dans l’Estadio Nacional del Perú, dirigés par le porte-drapeau, Ellie Black (gymnastique artistique). Ils se sont joints aux 6 680 athlètes de 41 pays qui ont pris part aux compétitions dans 39 sports et 61 disciplines. Ellie, la gymnaste canadienne la plus décorée des Jeux panaméricains, a remporté cinq médailles, dont deux médailles d’or!

Les exploits d’Équipe Canada aux Jeux parapanaméricains!

LIMA, Peru – Team Canada arrives at the closing ceremony of the Lima 2019 Pan American Games on August 11 2019. Photo by Vincent Ethier/COC

Au dire de la ministre des Sciences et des Sports, l’expérience a été passionnante pour l’équipe canadienne. « Félicitations à tous les athlètes, entraîneurs et officiels pour ces jeux remarquables. J’espère que vous avez eu du plaisir à entrer dans le stade pendant la cérémonie de clôture et à vous remémorer tout ce que vous avez accompli », a indiqué Mme Duncan.

Le Canada a fini troisième avec 152 médailles (35 d’or, 64 d’argent et 53 de bronze), contre 217 médailles il y a quatre ans. Aussi, le pays a obtenu plusieurs qualifications en vue des Jeux olympiques de Tokyo 2020.

Au nom des Canadiens, Kirsty Duncan a félicité tous les athlètes canadiens qui ont participé aux Jeux panaméricains. Leurs exploits, dit-elle, nous ont tous émerveillés et inspireront la prochaine génération d’athlètes. 

Pour finir, la ministre des Sciences et des Sports a souhaité bonne chance aux athlètes paralympiques canadiens qui participeront aux Jeux parapanaméricains de 2019 à Lima du 23 août au 1er septembre!

À lire : Dévoilement de l’équipe de goalball aux Jeux parapanaméricains de Lima 2019

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