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Culture

Pour vivre ici, une esthétique douce et sereine du deuil

Hanen Hattab

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pour vivre ici

Dans le dernier film «Pour vivre ici» de Bernard Émond, les images d’étendues hivernales font échos au déferlement du passé d’une veuve. C’est un drame serein relatant avec finesse et profondeur l’histoire d’une femme qui fuit son foyer après le décès d’un mari extraordinaire jusqu’à la fin de ses jours.

Ce qui change après une mort

Le corps et la mémoire de la veuve ont décidé de faire le deuil ensemble. Chacun de son côté renonce à ses gestes et habitudes pour aller chercher peut-être une nouvelle condition, pour combler peut être une solitude qui s’affirme. La route du passé l’attend dans les coins de la ville où elle a rencontré le compagnon de sa vie. Le voyage ne fait que commencer, l’épuisement aussi ; mais elle ne pouvait pas échapper à cette catharsis car nulle larme n’a été versée.

Entre Baie-Comeau, Montréal et l’Ontario, le spectateur peut admirer des séquences qui illustrent avec beaucoup de subtilité l’immensité et l’isolement. Le Nord Canadien impose ses affects et la caméra a su retrouver les détails qui magnifient son inquiétante rudesse. Les dialogues et le texte de la narratrice sont simples et concis. Ce qu’il fallait dire pour rendre le scénario minimalement intelligible est dit. Même les expressions de visages qui font parler le non-dit se veulent furtives et sans exagérations, parce que qui mieux qu’Émond sait dépouiller les scènes et les images filmiques.

Le temps de purgation, d’une lenteur douce

Pour incarner Monique, ce genre de femme qui, sous la quiétude de la soixantaine, sait cacher une anamnèse en éruption, Émond a invité cette fois aussi Élise Guibault. Y a t-il dans le projet du film la suite d’une complicité artistique ?

« Pour vivre ici » est une fiction qui sait murmurer l’effritement des relations intergénérationnelles. Le silence des paysages, les respirations, les ronronnements et d’autres bruits blancs, le timbre de la voix qui raconte les épisodes de la vie de Monique, subliment la lumière opalescente qui se dégage du film. La multiplicité des séquences sans paroles lui donne un rythme d’une lenteur très douce.

À la recherche des souvenirs qu’elle a longtemps enfouis, Monique finit par perdre sa mémoire pendant quelques jours. On est à la fin du film. Le temps de la purgation est-il terminé ? Dans le retour au point de départ, Baie-Comeau, une décision importante renforce la relation de Monique avec son ex belle-fille. C’est une autre parenthèse que le film ouvre pour questionner l’empathie et l’amitié comme facteurs d’union et de transmission de mémoire.

« Pour vivre ici » ouvre aujourd’hui, 21 février 2018, le bal du Rendez-vous Québec Cinéma. Il a été précédé par le court «  Le sujet » de Patrick Bouchard.

Il sera projeté dans les salles de la province à partir du 23 février.

 

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Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Portrait – L’industrie du cinéma en croissance au Québec

Redaction Avant Premiere

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Avant-Première MTL/Welcome MTL Film

Ces résultats sont tirés de la vingt-cinquième édition de la publication Statistiques sur l’industrie du film et de la production télévisuelle indépendante, réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec. La publication présente les résultats d’exploitation des films et contient de nombreuses autres statistiques. De plus, elle porte une attention particulière aux productions québécoises.

En 2017, l’assistance dans les cinémas du Québec s’établit à 19,5 M, en hausse de 5 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance s’explique en partie par la bonne performance du cinéma québécois. C’est ce que révèlent les statistiques publiées, mardi 19 juin, par l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec.

Le cinéma dans les régions

Des hausses de fréquentation sont observées en 2017 dans l’ensemble des régions. Elles se situent entre 2 %, dans les régions de Montréal et de la Capitale-Nationale, et 19 %, dans Lanaudière. Néanmoins, depuis cinq ans, la région de Montréal connaît une baisse de 12 % de son assistance dans le contexte d’une décroissance de 8 % pour l’ensemble du Québec.

Part de marché des films au Québec

Avec des entrées en salle de 2,6 M en 2017 (1,2 M en 2016), les films québécois obtiennent des parts de marché supérieures à 15 % dans toutes les régions du Québec, sauf à Laval (10 %) et à Montréal (6 %). Cependant, le nombre de nouveaux films québécois offerts en salle est plus élevé dans la métropole (56) et la Capitale-Nationale (50) que dans les autres régions, où la moyenne est de 26.

Fléchissement des entrées aux projections en 3D

Pour l’ensemble du Québec, l’assistance aux films projetés en 3D recule de 16 % en 2017. La part de l’assistance à ce type de projection diminue à 17 % alors qu’elle était de 22 % en 2016.

Films d’aventures en hausse

Avec seulement 5 % des nouveautés, le genre « aventures » remporte 26 % des entrées en salle au Québec en 2017. Ce résultat est attribuable notamment au succès de Star Wars et des films de superhéros. Suivent les genres « animation » et « comédie » qui recueillent chacun 17 % de l’assistance. Les films d’aventures prennent ainsi la place des comédies comme genre le plus populaire depuis trois ans.

La distribution

Parmi les 520 nouveautés projetées en salle au Québec en 2017, 21 % ont été distribuées par les grands studios américains, communément appelés majors. Ces films recueillent 66 % des projections et 69 % de l’assistance.

Source : Institut de la statistique du Québec

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Avant-Première MTL/Welcome MTL Film
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Du nouveau pour les immigrants francophones à Toronto

Redaction Avant Premiere

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Le ministre Ahmed Hussen l’aéroport international Pearson/Photo Twitter

Dans la perspective de favoriser l’immigration francophone hors du Québec, le gouvernement canadien travail à la mise en place de plusieurs mesures. Un appel d’offre vient d’être lancé, dans cette perspective, pour le recrutement d’organisme pouvant offrir des services en français à l’aéroport Pearson de Toronto où plus de 2000 nouveaux arrivants atterrissent chaque année.

Lundi, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canadienne (IRCC), Ahmed Hussen, et le secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien, Arif Virani, a annoncé des améliorations aux services destinés aux immigrants francophones qui arrivent à l’aéroport international Pearson à Toronto. Cela devrait se concrétiser par une « amélioration la qualité des services d’établissement » pour ces nouveaux arrivants et à les « aider à tisser des liens avec les communautés francophones hors Québec le plus rapidement possible » au cours de leur processus d’établissement et d’intégration.

Pour respecter son engagement, IRCC a lancé un processus de demande de prix afin de sélectionner un organisme francophone qui fournira des services en français aux nouveaux arrivants à l’aéroport Pearson. Ce processus devrait être terminé d’ici l’automne 2018. « Le gouvernement favorise un cheminement d’intégration consolidé en français, pour que les nouveaux arrivants d’expression française obtiennent tous les renseignements voulus sur les communautés francophones hors Québec et des services de qualité des organismes d’aide à l’établissement francophones. Avoir un excellent fournisseur de services francophone à l’aéroport international Pearson nous aidera à atteindre notre objectif », a indiqué Ahmed Hussen, lors d’une conférence lundi 18 juin à l’aéroport Pearson.

Même si l’aéroport international Pearson est le principal point d’accueil des nouveaux arrivants au Canada, IRCC dit étudié la possibilité d’offrir des services semblables dans d’autres aéroports internationaux canadiens où atterrissent de nouveaux arrivants francophones.

En mars 2018, le premier ministre Justin Trudeau et la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly ont annoncé le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023, qui prévoit une augmentation des investissements de 40,8 millions de dollars sur 5 ans afin de favoriser un cheminement d’intégration consolidé en français et la coordination des politiques et des programmes d’immigration francophone. C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet d’amélioration des services d’établissement pour les francophones à l’aéroport Pearson.

« Le nouveau Plan d’action pour les langues officielles est à ce jour le plus important investissement du gouvernement du Canada en appui aux langues officielles. Pour assurer la vitalité et la pérennité des communautés francophones en situation minoritaire, nous proposons des solutions porteuses qui auront des impacts autant dans le domaine de l’éducation que dans celui des arts et de la culture. Le parcours d’intégration francophone est un élément clé de notre plan pour la croissance et l’épanouissement des communautés francophones », fait valoir Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien et ministre responsable des langues officielles.

Faits en bref

  • En 2017, plus de 90 300 résidents permanents sont arrivés à l’aéroport Pearson, dont environ 2 100 étaient de nouveaux arrivants d’expression française.
  • IRCC finance la prestation de services d’accueil à l’aéroport Pearson depuis plus de 20 ans.
  • Les services d’accueil à l’aéroport Pearson comprennent :
    • la diffusion d’information aux nouveaux arrivants pour les aider à s’établir et à s’intégrer;
    • la distribution de vêtements d’hiver aux réfugiés pris en charge par le gouvernement;
    • l’aiguillage des nouveaux arrivants vers leurs vols de correspondance en direction de leur destination finale;
    • le transport vers un hébergement temporaire, principalement dans la région du Grand Toronto.
  • Le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 ajoutera 499,2 millions de dollars sur 5 ans aux investissements permanents de 2,2 milliards de dollars afin de contribuer à la force et au dynamisme des collectivités partout au Canada.

Source : IRCC

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Le ministre Ahmed Hussen l’aéroport international Pearson/Photo Twitter
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Culture

Quand Zied Gharsa carbure à l’amour du public montréalais

Hanen Hattab

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Crédit photo M. Belmellat

Tune Easy Events, la boîte d’organisation d’événements culturels créée par le journaliste et présentateur radio-télé, Ahmad Aissioui, a convié ses spectateurs à la fête de l’aid el fitr en faisant un clin d’œil généreux aux coutumes mondaines tunisiennes.

Les effluves des machmoums (un montage de fleurs de jasmin) embaumaient l’air et le thé aux pignons coulait à flot au théâtre Rialto à Montréal. La scénographie et l’art de recevoir à la tunisienne situent la représentation musicale de Zied Gharsa, qui a eu lieu le 15 juin 2018, dans un cadre rituel pittoresque et chaleureux.

Premier plan, de gauche à droite : Imen Ben Ismail, Noureddine Salhi et Ahmad Aissioui. Crédit photo M. Belmellat

Performer le malouf dans un style débridé

C’est parti avec prestance. Il ne fallait pas s’y méfier. Les oreilles éduquées au malouf ont peut être soupçonné une trame sonore introductive inhabituelle. Quand Zied s’écarte, c’est une ruse, une zone de liberté.

Au commencement, par une composition instrumentale hybride et atmosphérique, l’artiste a tenu en haleine ses fans. Ils murmuraient les vers avec impatience. Il faut dire que la note et le verbe s’enchevêtrent dans le malouf tunisien comme le groupe du Laocoon. Pour un public complice, difficile de dénouer leur musicalité.

Ce n’était donc pas un prélude de convenance. Le musicien chevronné a abandonné dans cette soirée avec inventivité et brio la rigueur apollinaire et les codes symphoniques du genre pour s’adonner à un jeu spontané, exquis.

Ses lectures fines et complices approchent le répertoire avec une esthétique du fragmentaire joyeuse et prudente. Le maître se permet des mélanges débridés, mais le purisme langagier a été respecté. De toute façon, dans le malouf, c’est une ligne difficile à franchir. Le reste, tout est à son honneur.

Crédit photo M. Belmellat

Les interprétations vocales et instrumentales alternaient justesse et emphase subjective. Certains passages abrupts ont théâtralisé le jeu, la surprise est de mise quand on s’écarte des manières.

Le mélange des thèmes abordés a arpégé un arc-en-ciel de sentiments. Les intermèdes au clavier, limpides et minimalistes, soulignaient la qualité intertextuelle et encyclopédique du menu proposé.

C’était l’occasion aussi de deviner un trait du caractère d’un artiste en apparence introverti. Quand Zied opte pour le versant festif du malouf, il carbure à l’amour du public.

Pour en savoir plus sur Zied Gharsa : https://avant-premiere.ca/zied-gharsa-le-maitre-inconteste-du-malouf-a-montreal/

Crédit photo:
Crédit photo M. Belmellat
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