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Culture

Quand Zied Gharsa carbure à l’amour du public montréalais

Hanen Hattab

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Crédit photo M. Belmellat

Tune Easy Events, la boîte d’organisation d’événements culturels créée par le journaliste et présentateur radio-télé, Ahmad Aissioui, a convié ses spectateurs à la fête de l’aid el fitr en faisant un clin d’œil généreux aux coutumes mondaines tunisiennes.

Les effluves des machmoums (un montage de fleurs de jasmin) embaumaient l’air et le thé aux pignons coulait à flot au théâtre Rialto à Montréal. La scénographie et l’art de recevoir à la tunisienne situent la représentation musicale de Zied Gharsa, qui a eu lieu le 15 juin 2018, dans un cadre rituel pittoresque et chaleureux.

Premier plan, de gauche à droite : Imen Ben Ismail, Noureddine Salhi et Ahmad Aissioui. Crédit photo M. Belmellat

Performer le malouf dans un style débridé

C’est parti avec prestance. Il ne fallait pas s’y méfier. Les oreilles éduquées au malouf ont peut être soupçonné une trame sonore introductive inhabituelle. Quand Zied s’écarte, c’est une ruse, une zone de liberté.

Au commencement, par une composition instrumentale hybride et atmosphérique, l’artiste a tenu en haleine ses fans. Ils murmuraient les vers avec impatience. Il faut dire que la note et le verbe s’enchevêtrent dans le malouf tunisien comme le groupe du Laocoon. Pour un public complice, difficile de dénouer leur musicalité.

Ce n’était donc pas un prélude de convenance. Le musicien chevronné a abandonné dans cette soirée avec inventivité et brio la rigueur apollinaire et les codes symphoniques du genre pour s’adonner à un jeu spontané, exquis.

Ses lectures fines et complices approchent le répertoire avec une esthétique du fragmentaire joyeuse et prudente. Le maître se permet des mélanges débridés, mais le purisme langagier a été respecté. De toute façon, dans le malouf, c’est une ligne difficile à franchir. Le reste, tout est à son honneur.

Crédit photo M. Belmellat

Les interprétations vocales et instrumentales alternaient justesse et emphase subjective. Certains passages abrupts ont théâtralisé le jeu, la surprise est de mise quand on s’écarte des manières.

Le mélange des thèmes abordés a arpégé un arc-en-ciel de sentiments. Les intermèdes au clavier, limpides et minimalistes, soulignaient la qualité intertextuelle et encyclopédique du menu proposé.

C’était l’occasion aussi de deviner un trait du caractère d’un artiste en apparence introverti. Quand Zied opte pour le versant festif du malouf, il carbure à l’amour du public.

Pour en savoir plus sur Zied Gharsa : https://avant-premiere.ca/zied-gharsa-le-maitre-inconteste-du-malouf-a-montreal/

Crédit photo:
Crédit photo M. Belmellat

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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2 Commentaires

2 Comments

  1. Ahmad Aissioui

    20 Juin 2018 à 3:52

    Merci Hanen… Tes apophtegmes techniques, ton thésaurus agréable et ondulant ainsi que la légérete, la pertinence et l’accord parfait de ta plume avec la teneur de tes écrits me fait chavirer à chaque que je te lis…
    Merci et puis oui ! c’est une jouissance que de pouvoir gondoler sur les l’écume de tes paiers, aussi cynernétiques fussent-elles… 🙂♥️

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Culture

Un titre de Drake rafle la première place des meilleures chansons en 2018

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Rolling Stone, le célèbre magazine de musique et de divertissement, a sorti, ce lundi 17 décembre, sa sélection annuelle des cinquante meilleures chansons. En tête de liste un tube qui a fait le buzz et des accidents aussi ! Kiki, do you love me? Are you riding? Say you’ll never ever leave from beside me …

Le Rolling Stone a souligné la contribution féminine dans la scène musicale de 2018. D’ailleurs on trouve dans les trois places après Drake des tubes de jeunes chanteuses aux différentes influences et univers musicaux.

Les vingt premières places reviennent aux morceaux suivants :

  1. Drake, “In My Feelings”
  2. Lady Gaga and Bradley Cooper, “Shallow”
  3. Cardi B, “I Like It”
  4. Camila Cabello, “Never Be the Same”
  5. Drake, “Nice For What”
  6. Lana Del Rey, “Mariners Apartment Complex”
  7. Courtney Barnett, “Charity”
  8. Paul McCartney, “Come on to Me”
  9. Janelle Monae, “Make Me Feel”
  10. Travis Scott, “Sicko Mode”
  11. Nio García, Casper Mágico, Darell, Bad Bunny, Ozuna and Nicky Jam, “Te Boté (Remix)”
  12. Taylor Swift, “Delicate”
  13. Snail Mail, “Pristine”
  14. Sheck Wes, “Mo Bamba”
  15. Kacey Musgraves, “High Horse”
  16. Ariana Grande, “Thank U, Next”
  17. Eric Church, “Desperate Man”
  18. Shawn Mendes, “Nervous”
  19. J Balvin and Nicky Jam, “X”
  20. The 1975, “Love It If We Made It”

Lire aussi : 2018 : Top 20 des meilleures ventes de livres au Québec

Source : Rolling Stone

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Culture

2018 : Top 20 des meilleures ventes de livres au Québec

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Dans le palmarès des livres les plus vendus en 2018 figure le genre bandes dessinées. Les Québécois demeurent aussi des fervents lecteurs de romans étrangers.

Nous avons tendance à croire que les plateformes en ligne ont remplacé les dictionnaires et les livres de conjugaison et de grammaire. Or, selon Gaspard, le système d’informations sur les ventes de livres, les Québécois ont été nombreux à acheter des ouvrages de références.

De plus des romanciers étrangers qui ont battu des records mondiaux figurent parmi les dix best-sellers de l’année 2018.  

Voici le top 20 des ventes de livres au Québec

  1. Bescherelle (t. 1) : L’art de conjuguer, Chantal Contant (Hurtubise)
  2. L’agent Jean! Saison 2 (t. 2) : La nanodimension, Alex A.(Presses Aventure)
  3. Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière (Boréal)
  4. La jeune fille et la nuit, Guillaume Musso (Calmann-Lévy)
  5. Le petit Larousse illustré 2019, Collectif (Larousse)
  6. La disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker (Fallois)
  7. L’amie prodigieuse (t. 4) : L’enfant perdue, Elena Ferrante (Gallimard)
  8. Le miracle Spinoza : Une philosophie pour éclairer notre vie, Frédéric Lenoir (Fayard)
  9. La servante écarlate, Margaret Atwood (Robert Laffont)
  10. L’amie prodigieuse (t. 1) : Enfance, adolescence, Elena Ferrante (Gallimard)
  11. L’amie prodigieuse (t. 3) : Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante (Gallimard)
  12. Famille futée (t. 4) : 200 recettes pour survivre aux soirs de semaine, Alexandra Diaz et Geneviève O’Gleman (L’Homme)
  13. L’orangeraie, Larry Tremblay (Alto)
  14. Manikanetish, Naomi Fontaine (Mémoire d’encrier)
  15. Sapiens : Une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari (Albin Michel)
  16. La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette (Marchand de feuilles)
  17. Une fille comme elle, Marc Levy (Robert Laffont)
  18. La tribu qui pue, Elise Gravel (La courte échelle)
  19. Le journal d’Aurélie Laflamme (t. 9) : Voler de ses propres ailes, India Desjardins (L’Homme)
  20. Multidictionnaire de la langue française, Marie-Éva de Villers (Québec Amérique)

Lire aussi : Québec : l’AssNat lance la 17e édition des Prix du livre politique

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Cinéma

Québec Cinéma crée un Talent Lab avec Netflix

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Québec Cinéma a annoncé ce jeudi, 13 décembre, un partenariat de trois ans avec Netflix pour la création d’un Talent Lab.

Mentorat d’artistes émergents

Talent Lab est un nouveau programme de mentorat créé pour accompagner les artistes émergents par l’entremise de mentors de renommée internationale. Il a pour but d’interpeller et d’aider la prochaine génération de cinéastes québécois tout au long de leur parcours professionnel. 

Cette collaboration s’inscrit dans le cadre de l’engagement de Netflix à investir 25 millions de dollars supplémentaires dans des organisations à vocation culturelle et des événements visant à soutenir divers nouveaux talents créatifs canadiens incluant les femmes, les francophones et les autochtones.

« Ce partenariat avec Netflix nous permet de continuer d’accompagner les cinéastes de la relève en leur offrant des expériences concrètes ainsi que l’opportunité d’apprendre des meilleurs de 
l’industrie. » Ségolène Roederer, directrice générale de Québec Cinéma.

 Talent Lab dévoilera ses artistes émergents à travers trois éditions. La première se tiendra en février 2020 dans le cadre des Rendez-vous Québec Cinéma.

Le programme de Talent Lab

Les jeunes professionnels les plus prometteurs seront sélectionnés grâce à un appel à candidatures.

Le Talent Lab permettra aux participants d’approfondir leur connaissance de l’industrie, de l’idéation à la mise en marché, en passant par les multiples aspects de la production.

Ils participeront notamment à des séances de mentorat, de conférences, de discussions et de classes de maître offertes par des sommités de l’industrie du cinéma d’ici et d’ailleurs.

« Nous sommes constamment à la recherche des meilleures histoires et c’est pourquoi nous sommes heureux d’investir dans des programmes tels que le Talent Lab pour accompagner les cinéastes de la relève, qui créeront des histoires pour le Canada et pour le reste du monde. » Funa  Maduka, Directrice de la production et des acquisitions, films internationaux, chez Netflix.

Lire aussi : 2019, le festival Cinéma Paradiso sera gourmand !

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