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Québec, ils ont dit « non » aux Musulmans à Saint-Apollinaire !

Baba-Idriss FOFANA

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|Photo : LE SOLEIL, YAN DOUBLET/Saint-Augustin|

Saint-Apollinaire, une municipalité dans la municipalité régionale de comté de Lotbinière au Québec (Canada), située dans la région administrative de Chaudière-Appalaches, s’est finalement prononcée, le dimanche 16 Juillet, sur la question fatidique du projet de cimetière musulmans, un dossier qui traîne depuis 20 ans.

Après la tuerie du 31 Janvier dans la grande mosquée de Ville de Québec, c’est l’un des coups les plus durs, pourrait-on dire, pour les Musulmans vivant dans la province du Québec, notamment ceux de Saint-Appolinaire, en cette année 2017. À l’issu du référendum, le dimanche 16 Juillet, 19 citoyens ont voté contre l’implantation du cimetière musulman sur 36 citoyens qui devraient se prononcer. Alors qu’au total, seulement 49 électeurs domiciliés dans la zone concernée avaient le droit de s’exprimer. Comme si on leur demandait d’aller enterrer leur mort “ailleurs”, d’où ces personnes viennent.

« C’est choquant… » !

Et comme il fallait s’y attendre ; ce rejet de “l’autre” dans la face a été reçu comme un “choc”, un “coup de poignard” pour des communautés vivant dans une localité depuis des décennies et qui n’ont pas droit de citer quand il est question d’accompagner leur défunt, leur proche dans la dignité, pour leur dernière demeure. « Pour les Musulmans, c’est choquant. On ne pensait jamais que des personnes pouvaient s’opposer à l’implantation d’un cimetière quelque part », a réagi Mohamed Labidi, vice-président du Centre culturel islamique de Québec, en entrevue à Radio-Canada.

Pour certains, ce refus d’un cimetière musulman est totalement incompréhensible d’autant plus que la semaine dernière, l’entreprise funéraire, Harmonia, a obtenu son permis le 27 Juin pour l’aménagement d’un cimetière dans la municipalité de 6000 habitants. « C’est un référendum orienté pour dire non aux Musulmans, et c’est ça qui nous fait mal au cœur. On dit “oui” pour un cimetière, mais pas pour un cimetière pour les Musulmans. Mais pourquoi ? Donnez-nous une raison! », s’interroge Mohamed Kesri.

« Ça fait mal au coeur… » 

Quand la porte-parole des opposants au projet de cimetière musulman, Sunny Létourneau, parle de divorce. « Quand on est obligé d’en venir à la tenue d’un référendum, c’est qu’on n’a pas réussi à s’entendre. Je comparerais ça à un divorce », avance celle qui pense que la création d’un cimetière réservé aux Musulmans n’est pas justifiée ; alors qu’il reste peu d’espace dans le cimetière catholique de l’endroit.

À l’en croire, plusieurs compromis auraient été suggérés depuis cinq mois dans ce dossier, mais que c’est le Centre culturel islamique de Québec qui aurait fermé la porte. « On a commencé par offrir un cimetière multiconfessionnel, comme celui de Sherbrooke, ils ont dit non. Ensuite, on a offert une coopérative, ils ont encore fermé la porte. On en est venu à dire que le carré musulman comme à Saint-Augustin était vraiment la solution […], ils ont refusé ça aussi », a confié Mme Létourneau.

« C’est la peur de l’autre…» 

Pourtant, il y a une semaine avant ce referendum, l’entreprise funéraire Lépine Cloutier Athos a offert une parcelle de 500 lots aux Musulmans dans son cimetière de 35 acres Les Jardins Québec, à Saint-Augustin (dans la même région). Puis, on rapporte aussi que le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, est favorable à la construction d’un cimetière musulman dans sa localité. Pour lui, ce serait “la peur “qui aurait freiné ledit projet. Un argument qui ne tient pas si l’on s’en tient à la réaction du vice-président du Centre culturel islamique de Québec, au moment où on parle de plus en plus d’ouverture et de diversité au Québec et au Canada. « La peur, la peur de quoi ? On a peur des morts musulmans ? On a peur d’eux aussi ? », a vivement réagi Mohamed Labidi.

Rappelons que le projet vise à construire un cimetière musulman à côté d’un site funéraire multiconfessionnel, déjà existant près de l’autoroute. Il est piloté par la grande mosquée de Québec, celle-là même qui a été frappée par l’attentat du 31 Janvier. “On se bat contre le racisme”, affirme sans ambages le promoteur Sylvain Roy du centre funéraire, Harmonia. « Ils sont contre l’implantation d’une culture dans un milieu qu’ils veulent conserver 100 % Québécois ». « Les gens ont véhiculé toutes sortes de faussetés», déplore-t-il. « On a dit que les Musulmans enterraient leurs morts sans cercueil, trop près de la surface du sol… Tout ça, c’est faux », a dénoncé dans Le Devoir, M. Roy, qui a offert le terrain pour la réalisation du cimetière musulman, espéré depuis longtemps par la grande mosquée de Québec.

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|Photo : LE SOLEIL, YAN DOUBLET/Saint-Augustin|

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Chroniques

Trump vs Trudeau, bravo capitaine Canada

Baba-Idriss FOFANA

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canoe.ca

Même si tu n’aimes pas le lièvre, reconnais au moins qu’il court vite. C’est tout comme Justin Trudeau, face à un Donald Trump. Le numéro 1 Canadien a frappé là où ça fait plus mal lors du Sommet du G7 à La Malbaie. Une contre-offensive, appréciée au pays, qui va certainement donner des points au fils de Pierre Elliott Trudeau.

On sort d’une bouillante fin de semaine. En cause, Donald Trump s’est virevolté face à des propos qu’aurait tenu Justin Trudeau après son départ précipité du Sommet du G7, samedi 9 juin, à Charlevoix au Québec. Le président américain [qui se trouvait à bord d’Air Force One, en route vers Singapour], a donc fait un retournement de situation en annonçant le retrait de son soutien à la déclaration commune du G7. On peut en déduire que ce rassemblement de 48 heures a finalement accouché d’une souris. Qu’à cela ne tienne!

De toute évidence ce G7 présageait des tensions après l’imposition des barrières tarifaires par l’administration Trump, une semaine avant. Le premier ministre Trudeau qui n’avait pas digéré l’argument de « menace à la sécurité nationale » avancé par Washington avait bien avant refusé de se rendre aux États-Unis pour participer à une rencontre. Jugeant que la clause crépusculaire souhaitée par les Américains n’avait pas de sens, M. Trudeau attendait M. Trump, au Québec, pour lui dire de vive voix que la politique commerciale protectionniste qu’il veut imprimer sera désastreuse et pour les États-Unis et pour le Canada.

Trump était fier de Trudeau pendant le Sommet !

Or, les choses se sont bien déroulées entre Trudeau et Trump pour le peu de temps que les deux hommes ont passé [ensemble] lors de ce Sommet. Ils ont même eu un tête-à-tête d’une quinzaine de minutes au premier jour de la rencontre. Cela a été l’occasion pour le numéro 1 Canadien dire ce qu’il avait envie de dire à son invité en ce qui concerne la question tarifaire et l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Malgré tout, le président américain n’a pas manqué d’éloge à l’endroit du premier ministre canadien. En conférence de presse, le patron de la Maison-Blanche avait félicité son hôte qui présidait le G7, allant jusqu’à lui donner une « bonne note ».

À ce stade, on croyait que tout était beau jusqu’à la sortie du communiqué final le lendemain, puisque tout le Groupe des 7 était unanime sur les 7 grands points adoptés au cours du Sommet. Ceux qui avaient parié sur l’échec de ce sommet, au début, étaient un peu surpris à la fin. Mais, il a fallu des « interprétations de mots » côté américain pour que le ‘’petit succès’’ du G7 se transforme en un ‘’grand échec’’[c’est selon].

Un des conseillers en économie de Donald Trump a cru bon de dire que Justin Trudeau venait de les « poignarder dans le dos », quand le premier ministre canadien tenait sa conférence à la fin de la rencontre. En fait, il n’y avait rien de nouveau sous le soleil, puisque M. Trudeau n’a fait que réitérer les mêmes propos qu’il tenait bien avant le Sommet, à savoir qu’il juge « insultante » la raison invoquée par Washington pour justifier des tarifs de 10% et de 25% sur les métaux canadiens, soit la « sécurité nationale ».

Et pour finir, le président américain est lui-même revenu à la charge, avec un tweet enflammé, sur son réseau social préféré. « Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a agi de façon si docile et si douce pendant notre rencontre du G7 […] pour dire ensuite qu’il ne se laisserait pas bousculer. Très malhonnête et faible », a écrit Donald Trump, samedi 9 juin, sur Twitter.

Ces propos ‘’très durs’’ du président américain à l’endroit du premier ministre canadien, ont suscité des indignations ailleurs comme au Canada. Certains politiciens ont même dénoncé « l’obsession » de Donald Trump vis-à-vis de la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis, quand plusieurs chefs de partis d’opposition canadiens se sont rangés du côté de Trudeau.

Au fond, c’est le premier ministre canadien qui sort ‘’grand gagnant’’ dans cette histoire. Donald Trump a démontré aux yeux du monde qu’il gouverne les États-Unis avec ses émotions. Et Justin Trudeau a prouvé qu’il n’avait pas ‘’froid aux yeux’’ face à lui et qu’il était capable de défendre les intérêts du Canada jusqu’au bout. C’est aussi ça, le rôle d’un bon capitaine.

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canoe.ca
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Super Gassa-man : les mots manquent, tu nous as séduis !

Baba-Idriss FOFANA

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Entretien entre le président français et Mamoudou Gassama, lundi 28 mai, à l'Élysée. Photo: Facebook Emmanuel Macron

Pour sauver un enfant de quatre ans, Mamoudou Gassama, ce jeune Malien de 22 ans, arrivé en France en septembre dernier, était prêt à donner sa vie. En plus de ses muscles, il lui a fallu de l’amour, de la détermination pour pouvoir réaliser le geste héroïque du samedi 26 mai à Paris. Et c’est ce qui manquent de plus en plus dans ce monde où chacun s’isole, devient méchant et antipathique à la fin.

La vidéo a fait le tour du monde en un temps record dimanche 27 mai. Pourtant, la scène s’est déroulée un samedi sur Rue Marx Dormoy dans le 18è arrondissement à Paris. L’acte héroïque du jeune Gassama était presque passé inaperçu, car aucun média n’en avait fait cas le jour-j. Heureusement, oui il faut le dire ainsi, il y a un dieu pour les pauvres. Et pour couronner avec l’adage qui dit “le bienfait n’est jamais perdu”, quelqu’un a eu le réflexe de filmer la scène avant que la France et le monde entier ne sache que le Spider-man existe en vrai.

Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise !

Oui! Visionnez et revisionner la vidéo, ça sort de l’ordinaire. On voit un enfant accroché au balcon au 4è étage d’un immeuble. On entend des cris de partout, des bruits de klaxon, une certaine panique. Malgré la scène effroyable et ne pouvant contenir son émotion, un jeune homme sort de la foule et prend d’assaut l’immeuble. En 30 secondes, il réussit a escaladé à mains nues le bâtiment et parvient à extraire le bambin du danger sous des applaudissements.

Pourquoi Mamoudou Gassama a-t-il risqué sa vie pour sauver quelqu’un qu’il ne connaît pas ? Sachant qu’il est un sans-papier ou clandestin (c’est selon), qui a quitté son Mali natal pour aller se chercher [comme on le dit dans le jargon des aventuriers africains] derrière l’eau ou en occident. Le jeune homme de 22 ans n’avait pas droit à l’erreur en France. Surtout dans un pays où il est en situation irrégulière, toute sa famille compte sur lui.  Aller risquer sa vie en escaladant des balcons, à plusieurs niveaux, sans aucune forme de protection contre une chute, cela demande beaucoup de courage mais plus d’amour envers autrui. Et cette empathie, le “jeune courage” l’a exprimé en disant qu’il ne voulait pas que quelque chose arrive à cet enfant. 

Mamoudou Gassama = Super-héros

Certains diront que l’acte posé par Gassama est tout simplement un beau geste humain qui ne demandait pas de mettre en avant son statut de sans-papier aux fins de récupération politique. C’est sûr que les hommes politiques ou certains politiciens profitent toujours de certaines situations pour se donner de la côte. Mais le fait d’être reçu par le président de la République, qui décide de lui accorder la citoyenneté française [après la régularisation de son statut], en plus le travail de sapeur-pompier, Mamoudou Gassama n’aurait pas demander mieux que ça. Ce geste républicain n’a rien d’une récupération politique. Au contraire, ça ressemble plus à une reconnaissance de la Nation à l’endroit d’un individu qui a fait preuve de bravoure en sauvant une vie fragile.

D’autres diront que chaque jour des pompiers jouent gros pour sauver des vies. Effectivement, c’est vrai mais le jeune Gassama n’a jamais été pompier dans sa vie. Il l’a lui-même dit sur des plateaux de télévision française que « c’est la première fois d’escalader un mur ». D’ailleurs, on pourrait dire aussi que si c’étaient des pompiers, ils auraient réfléchi un peu comment procéder pour atteindre l’enfant soit en passant par les escaliers pour fracasser la porte ou en posant une échelle de secours. Et tout ça se serait fait en combien de temps? Or, l’acte spontané du jeune Gassama a payé puisqu’il n’a pas fait de calcul en se jetant à l’eau. Sous le regard de toute une foule émotive au bas de l’immeuble [regardant l’enfant sans être capable de réagir], il a pris son courage à deux mains, il s’est fixé un objectif : celui de sauver un enfant. En le faisant, il ne s’attendait certainement pas à une telle reconnaissance sur les médias sociaux, les médias traditionnels et de la part des autorités françaises et celles de son pays d’origine.

Qui ne risque rien n’a rien !

Faut il le rappeler, le jeune Gassama a quitté le Mali en 2013 pour rejoindre l’Italie par bateau en passant par la Libye avant d’atterrir dans l’ombre en France en septembre 2017. Il en a donc vu des vertes et des pas mûres. Mais, aujourd’hui, grâce à son humanisme et à son audace, le sans-papier est célébré en tant qu’un héros sous les feux des projecteurs à l’invitation du président Emmanuel Macron au palais de l’Élysée. Comme quoi, qui ne risque rien n’aura jamais rien. Il faut savoir oser !

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Entretien entre le président français et Mamoudou Gassama, lundi 28 mai, à l'Élysée. Photo: Facebook Emmanuel Macron
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Le droit d’importuner !

Saoud Maherzi

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Photo libre de droit

Se moquer des noirs, des juifs, des arabes, avoir des positions fondamentalement de droite, être religieux, être nationaliste, revendiquer les valeurs d’un pays. Parler avec rudesse, vulgarité, ne pas considérer les susceptibilités des uns et des autres en se positionnant dans le débat public. Écrire des articles remettant en question l’Islam, ou toute religion, faire un spectacle qui ridiculise la culture du viol. Revendiquer le droit à une identité, critiquer le multiculturalisme.

Il ne s’agit pas d’être d’accord avec ces actions, il ne s’agit pas de les avaliser. Il s’agit de leur laisser une place dans l’espace public. C’est la liberté d’expression de chacun d’exposer sa pensée, d’exprimer son art, quelque soit sa position, quelque soit le message.

La nouvelle gauche militante – héritière des mouvements sociaux des années 1960 (Mai 68, Woodstock, mobilisation étudiante contre la guerre du Vietnam, etc.) et de leurs implications idéologiques et philosophiques – a adopté de nouvelles méthodes dans sa lutte. Il s’agit de l’attaque de toute expression intellectuelle, journalistique, politique, artistique ou populaire d’une position qui déroge à la sienne. Elle appelle au boycott : à la censure : à l’annulation de spectacle, de conférence, de publication ; et utilise même parfois la violence ou l’intimidation pour empêcher qu’une personne ou un groupe de personnes ne s’expriment. Elle impose que certains mots soient bannis, que d’autres soient utilisés. Tout cela au nom du Bien supposé de sa doctrine. Il suffit de lire George Orwell pour comprendre les conséquences de cette police de la pensée citoyenne. ‘’Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort’’ (1984).

Un récent reportage de Radio Canada, à propos de la liberté d’expression sur les campus, a montré à quel point cette idéologie est présente et fait loi dans les universités. Là où les débats sont censés former la jeunesse, la développer humainement et intellectuellement, le politiquement correct impose le silence et le délit de parole.

Les groupes qui revendiquent la lutte contre le fascisme, contre la haine, pour les droits humains ont cessé de débattre et préfèrent faire taire. Ce n’est ni juste, ni intelligent.

Chacun a le droit de poser des paroles, d’exprimer une position qui dérange. C’est un droit que d’importuner?.  

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