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Politique

Grand rassemblement de la diversité, les libéraux brisent le silence à Montréal

Baba-Idriss FOFANA

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Crédit photo: CCCPLQ

La Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec (CCCPLQ) a organisé son « Grand rassemblement de la diversité », samedi 7 avril, au Collège Notre Dame à Montréal. C’était l’occasion d’échanger sur les défis de l’inclusion, de valorisation la diversité et du vivre ensemble ‘’cher’’ aux libéraux. Le premier ministre Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ) était l’invité surprise.

Salle comble dans une ambiance chaleureuse. Des centaines d’invités [300 selon les organisateurs] issus d’une trentaine d’origines ont répondu à l’invitation de Mohammed Barhone, président de la CCCPLQ. Au nombre de ceux-ci, deux invités d’honneur: Me Shahad Salman, avocate et militante pour les droits de la personne et Saul Polo, député de Laval-des-Rapides, adjoint parlementaire du ministre des finances et ancien président du PLQ ont engagé les échanges. Ils ont abordé des questions qui touchent la vie des immigrants mais aussi considérées comme faisant partie des enjeux de l’élection générale du 1er octobre 2018.

Salman : « Les Québécois ont arrêté de se parler »

Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec

Me Shahad Salman, en hijab. Crédit photo: CCCPLQ

« Je veux vraiment amener les gens à plus se parler. Se parler parce que j’ai l’impression que depuis les dix dernières années, on continue d’aborder les mêmes sujets. Malheureusement, on a l’impression que le débat continue sans direction. J’ai eu goût qu’on puisse se parler davantage plutôt que de débattre. C’est bien beau de débattre sur la place publique, cependant, j’ai l’impression qu’on a oublié une chose qui est de se parler », a plaidé Me Shahad Salman, née à Montréal de parents d’origine irakienne.

L’avocate, qui préside en ce moment le comité de la diversité du Barreau du Québec, a déploré que les débats polémiques sur l’existence ou non de la commission sur le racisme systémique aient amené les Québécois à ne plus se parler. Non sans rappeler que le « malheureux épisode de la charte des valeurs » a fait en sorte que « nous sommes, dix ans plus tard, toujours un peu ancrés dans ce débat sans nom ».

Le vœu de Me Salman, c’est de voir le Québécois moyen ne pas se sentir exclu par la présence de gens différents. C’est de « reconnaître que nous sommes différents mais que nous nous rapprochons sur plusieurs aspects » dont l’importance accordée à la langue française. L’engagement citoyen et social qui fait partie de son parcours, elle entend le poursuivre à la « Table de réflexion sur la diversité et la lutte aux discriminations à la Ville » de Montréal, afin de « reconnaître l’apport de chacun peu importe d’où il vient ».

Polo : « Je me suis réconcilié avec mes identités »

Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec

Saul Polo, député de Laval-des-Rapides. Crédit photo: CCCPLQ

De son côté, le député de Laval-des-Rapides, Saul Polo, a indiqué que « ce rassemblement » est une façon pour eux de se rappeler les enjeux de ce pourquoi les gens s’impliquent ou s’identifient au parti libéral. Ces enjeux actuels et le positionnement du PLQ sont, selon lui, des éléments de motivation pour aider à accompagner tous leurs collègues candidats à bien défendre “le message” en vue de gagner les prochaines élections.  « Je suis moi-même immigrant, arrivé au Québec à l’âge de six ans de la Colombie. J’ai pris ma carte de membre du parti en 2005. C’est à partir de là que j’ai retrouvé une famille ou les candidats, les députés, les militants, les bénévoles se respectent et se tiennent solidement. Ce sont des valeurs qui ont consolidé mon appartenance au parti libéral », a fait valoir celui qui a été président du Parti libéral du Québec.

Avec un passé académique et professionnel tracé dans le monde de la finance et de l’économie, différent du monde de la philosophie et de la sociologie, M. Polo dit s’être inspiré du livre [Les Identités meurtrières] d’Amin Maalouf. Un livre qui l’a réconcilié avec ses identités québécoise, colombienne et montréalaise en 2007, lors du débat sur les accommodements raisonnables/religieux. « On transporte tous de multiples identités. Ce livre est venu renforcer mon sentiment d’appartenance à la famille politique libérale. À l’âge de 28-29 ans, j’ai compris que je n’avais pas fait un choix pour me sentir Québécois, que je n’avais pas fait un choix d’être plus Colombien, plus Canadiens parce que je pouvais porter toutes ces identités en moi et qu’elles étaient respectées et valorisées encore plus au Parti libéral », a précisé l’élu lavallois, également adjoint parlementaire du ministre des Finances.

Couillard : « Pas capable, c’est pas Québécois » !

À sa suite, Philippe Couillard a souligné la contribution significative des personnes issues de l’immigration dans la vie québécoise. Le premier ministre ne croyait pas si bien dire en précisant que « le Québec a besoin de tout le monde pour devenir plus prospère ». Il a vanté les « exploits sans précédent » de son gouvernement en matière d’équilibre budgétaire, de baisse d’impôts et de la création de 238 000 emplois, six mois avant la fin de leur mandat.

« Souvenez-vous de ce que les autres ont dit : « ils ne seront pas capables ». Pour moi, pas capable, c’est pas Québécois. On va l’atteindre les 250 000 emplois. En passant, puisqu’on parle d’emploi, c’est aussi la réussite de tous les Québécois issus de l’immigration. Le pourcentage de nouveaux emplois, depuis quelques années, qui ont été occupés par les personnes issues de la diversité est de 50% », a laissé entendre M. Couillard, ajoutant que « si les personnes issues de l’immigration n’avaient pas été là, ainsi que leurs familles, depuis quelques générations pour faire en sorte que ces emplois soient occupés, le Québec serait moins riche qu’il ne l’est aujourd’hui ».

Abordant la question qui fâche, le chef du Parti libéral croit savoir que la meilleure façon de parler de la diversité n’était pas de mettre en place la commission sur le racisme systémique. Philippe Couillard a révélé qu’à la suite à des rencontres menées par le ministre de l’immigration, David Heurtel, dans les communautés à Montréal, ladite commission n’était plus la bienvenue. « Ce que David a entendu, rapporte M. Couillard, les gens ont dit qu’ils sont un peu tannés qu’on parle juste des autres de cette façon-là. Ce qui les intéresse, c’est l’emploi, c’est d’être des citoyens (…) ».

Sachant la tournure du débat politique en cette période électorale, le numéro un des libéraux a dit que ce sera l’occasion de faire des choix politique. Philippe Couillard n’a pas manqué d’inviter « chacun et chacune » à faire le « choix libéral » en allant exercer son droit démocratique de citoyen le 1er octobre prochain pour “barrer la route” à ceux qui ne proposent pas mieux que le PLQ.

Barhone :  « On ne peut rien changer les bras croisés »

Pour sa part, le président de la Commission des communautés culturelles du PLQ, Mohammed Barhone, a indiqué que les défis des familles issues de l’immigration, et celles dites de souche sont pareils. « C’est un seul objectif, c’est de mieux répondre aux besoins de leurs enfants, c’est avoir à travailler pour assurer un meilleur avenir pour leurs enfants ».

Commission des communautés culturelles du Parti libéral du Québec

Mohammed Barhone, président de la CCCPLQ. Crédit photo: Rita de Santis

Tout en s’inspirant de ses 16 années d’engagement dans le milieu communautaire, l’organisateur de ce “grand rassemblement” a encouragé les personnes issues de la diversité à sortir de leur zone de confort en s’impliquant socialement, politiquement ou dans les collectivités. Car pour M. Barhone, « il ne peut y avoir de changement si on reste les bras croisés ».

« Cette opportunité de travailler dans le milieu communautaire m’a permis de réaliser une chose très importante. C’est que l’engagement citoyen porte toujours ses fruits à un moment donné. Je voudrais dire à toutes ces personnes issues de l’immigration de s’engager. Le parti libéral est ouvert, venez enrichir la réflexion. On veut un changement réfléchi qui va améliorer nos conditions de vie, mais pas un changement qui va détruire ce qu’on a acquis ensemble », a souhaité le président de la CCCPLQ.

Mohammed Barhone a par ailleurs indiqué que cette rencontre était la première de plusieurs événements du genre qui devraient se tenir d’ici l’élection générale d’octobre au Québec.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Politique internationale

Politique étrangère canadienne – Quel candidat s’engagera activement contre les bombardements en zones civiles ?

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À la veille des élections fédérales, Humanité & Inclusion Canada mobilise le public canadien pour demander aux cheffes et aux chefs des principaux partis canadiens, en matière de politique étrangère, de prendre des mesures concrètes contre le bombardement des civils.

Les conflits armés se déroulent de plus en plus dans les zones peuplées, principalement dans les villes en Irak, en Syrie, au Yémen, etc. L’impact de l’utilisation d’armes explosives est dévastateur pour les civils : Selon Action contre la violence armée (AOAV), 20 384 civils ont été tués ou blessés par des armes explosives en 2018. Lorsque des armes explosives sont utilisées dans des zones peuplées, 90% des victimes sont des civils, un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis la Première Guerre mondiale.  

La Conférence internationale de Vienne

Les 1er et 2 octobre, l’Autriche réunira les États à la conférence de Vienne pour trouver une solution politique aux dommages causés aux civils par les bombardements lors de combats urbains. Il s’agit de la première conférence internationale sur l’utilisation des armes explosives dans les zones peuplées. Cette reconnaissance par les États de l’urgence d’agir est une première victoire pour la société civile ! HI – co-fondatrice du Réseau international des armes explosives (INEW) – fait campagne depuis plus de 5 ans contre les bombardements dans les zones habitées. Le Canada se doit d’être parmi les leaders de toute nouvelle déclaration, comme ce fut le cas il y a 20 ans avec le Traité d’Ottawa contre l’utilisation des mines antipersonnel.

Une mobilisation canadienne

En marge des élections fédérales canadiennes, HI Canada invite le public à mobiliser les cheffes et les chefs des principaux partis canadiens sur la question et à s’assurer que le gouvernement s’engage dans cette cause. Les citoyens sont invités à écrire sur une nouvelle plate-forme Internet dédiée pour demander à la prochaine Première ministre ou au prochain Premier ministre de s’engager activement contre l’utilisation d’armes explosives dans les zones habitées et d’accentuer l’aide aux victimes.

HI et son combat contre les armes explosives

Il y a 20 ans, HI et la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel (ICBL) ont réussi à interdire les mines antipersonnel avec l’adoption du Traité d’Ottawa (1997). C’est d’ailleurs pour ce combat qu’HI a été co-lauréate du prix Nobel de la paix la même année. La société civile a une fois de plus l’occasion d’écrire l’histoire et d’améliorer considérablement la protection des civils dans les conflits armés.

Pour rappel, Humanité & Inclusion est une association de solidarité internationale indépendante, qui intervient depuis 35 ans dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et vulnérabilisées, elle agit et témoigne pour répondre à leurs besoins essentiels et améliorer leurs conditions de vie. Elle s’engage à promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.

Source : Humanity & Inclusion Canada

À lire : Canada 2019 : une élection générale fédérale est en cours

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Politique fédérale

Canada 2019 : une élection générale fédérale est en cours

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La 43e élection générale canadienne est en cours. Le premier ministre sortant, Justin Trudeau, candidat à sa propre succession a donné le top départ, mercredi 11 septembre, de la campagne électorale qui durera 40 jours. Canada 2019!

Les électeurs peuvent voter de plusieurs façons, notamment le jour de l’élection, le lundi 21 octobre, aux bureaux de vote par anticipation, qui seront ouverts du vendredi 11 octobre au lundi 14 octobre, à n’importe quel bureau d’Élections Canada partout au pays ou par la poste (des dates limites s’appliquent). Pour plus d’information à ce sujet, cliquez ici.

Les bureaux d’Élections Canada sont maintenant ouverts dans les 338 circonscriptions fédérales. Les électeurs peuvent se rendre à n’importe quel bureau d’Élections Canada pour obtenir de l’information, s’inscrire ou voter.

Tous les citoyens canadiens âgés d’au moins 18 ans le jour de l’élection ont le droit de voter.

Pour voter, les électeurs doivent : 

  • être inscrits; la plupart des électeurs sont déjà inscrits. Pour vérifier s’ils sont inscrits, s’inscrire ou mettre à jour leur adresse, les électeurs peuvent consulter le site Web à elections.ca/inscription, se rendre à n’importe quel bureau d’Élections Canada au pays, ou composer le 1-800-463-6868. Les électeurs peuvent s’inscrire n’importe quand d’ici le 15 octobre, à 18 h. S’ils dépassent la date limite, ils pourront s’inscrire à n’importe quel bureau d’Élections Canada partout au pays ou à leur lieu de vote le jour de l’élection, juste avant de voter.
  • présenter une preuve d’identité et d’adresse. De nombreuses pièces d’identité peuvent être présentées comme preuves d’identité et d’adresse. Consultez la liste complète en ligne.

Pour rappel, Élections Canada est un organisme indépendant et non partisan qui relève directement du Parlement.

Pour obtenir des mises à jour quotidiennes, abonnez-vous à notre service de nouvelles à elections.ca.

Hyperliens :

Source : Elections Canada

À lire : L’ACEI confirme sa politique à l’approche des élections canadiennes de 2019

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Actualités

MEQ : 1 famille sur 3 au Canada dépend du manufacturier

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La compétitivité du secteur manufacturier doit être une priorité des partis politiques fédéraux, selon Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ).

« Le secteur manufacturier est le moteur de l’économie canadienne. Il génère 10 % du PIB, emploie directement 1,7 million de Canadiens et 4,75 millions lorsqu’on inclue toute la chaîne d’approvisionnement », explique Véronique Proulx, PDG de MEQ, ajoutant que 90 % des Canadiens confirment que le manufacturier est important pour l’économie ».

« L’environnement d’affaires au Canada limite la croissance du secteur manufacturier. En 2018 plus de la moitié des manufacturiers considéraient que le gouvernement fédéral n’appuyait pas suffisamment le secteur. Les entreprises ont de la difficulté à dégager des fonds pour investir; cela entraîne un retard de productivité et de compétitivité important », poursuit Mme Proulx.

Depuis 15 ans, la productivité du secteur manufacturier canadien a augmenté de 20 %, alors qu’elle a cru de 50 % aux États-Unis et de 100 % en Corée du sud, à Taiwan et en Europe. Depuis 2002, de tous les pays du G7 (à l’exception de l’Italie), c’est au Canada que la productivité a le moins augmenté.

MEQ a publié ses dix recommandations pour propulser l’industrie manufacturière canadienne, dont trois portant spécifiquement sur la compétitivité :

  1. Modifier le régime fiscal afin de réduire la charge fiscale et s’assurer que le régime fiscal du Canada soit axé sur l’investissement, les exportations et la productivité.
  2. Collaborer avec les provinces et les territoires pour réduire le fardeau réglementaire, éliminer les zones grises et clarifier les règles.
  3. Conclure un accord global sur le commerce intérieur qui éliminera toutes les barrières à la circulation des marchandises et des personnes.

« Un secteur manufacturier en santé signifie une économie canadienne en santé. Nous rappelons aux candidats qu’une famille sur trois, au Canada, dépend du manufacturier », mentionne Mme Proulx.

Rappelons que Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) représente 1 100 manufacturiers à travers le Québec. Le secteur manufacturier canadien emploie 1.7 million de personnes et génère les deux tiers des exportations. En forte croissance, il a généré en 2018 des ventes globales de 685 milliards $.  www.meq.ca

Source : Manufacturiers et Exportateurs du Québec

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