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Culture

Rencontre avec la comédienne Nathalie Baye

Quitterie HERVOUET

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"Les gardiennes"

Une vingtaine de films français étaient présents au TIFF cette année. Parmi eux, « Les gardiennes », dernier film de Xavier Beauvois, le réalisateur de « Des hommes et des dieux », adapté du roman du même nom de Ernest Pérochon.

À la ferme du Paridier, une mère et sa fille ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et les rares retours des hommes en permission. Hortense (Nathalie Baye) la doyenne, engage une jeune fille de l’assistance publique pour les seconder. Francine (Iris Brie) croit avoir enfin trouvé une famille…

Rencontre avec la comédienne Nathalie Baye.

Quitterie HERVOUET – Le personnage d’Hortense est très fort. Elle fait des choix difficiles, Qu’est ce qui vous a intéressé dans ce rôle?
Nathalie Baye – Je fais rarement des films pour juste un personnage. Il peut y avoir un personnage qui est bien écrit, qui est bien construit, qui est séduisant. C’est la troisième fois que je travaille avec Xavier Beauvois. J’aime sa sensibilité, je trouve qu’il a beaucoup de talent ; et j’aime travailler avec lui.  Le sujet m’intéressait beaucoup, car vous savez que ce qui se passait pendant la guerre de 14 est quelque chose d’abominable.  Et aussi, le rôle que les femmes ont eu pendant la guerre de 14 dans les villes m’intéressait. Elles faisaient tourner les usines et dans les campagnes elles faisaient tourner les fermes. Voilà, ce sont les deux choses qui m’ont intéressées. Et, il y a cette histoire de femmes qui tient le domaine familial. Les hommes sont tous partis au front, à la guerre, et c’est elle qui fait tourner le domaine avec sa fille. Je trouvais que c’était rendre d’abord un hommage à toutes ces femmes qui ont fait quelque chose absolument incroyable. Il y a eu vraiment un temps de préparation ne serait-ce que pour les mouvements. A l’époque, il n’y avait pas tous les appareils qu’on a maintenant, c’est à dire, que labourer avec deux bœufs, c’est incroyablement dur, intense et violent pour une femme. Tous ces gestes là m’ont permis de me rendre compte d’une part de l’horreur qu’elles ont vécue et puis, je trouve que ce personnage peut-être effectivement un personnage qui protège son domaine. Il y a une dureté, quelque chose de terrible ; et en même temps, elle fait ce qui semble juste, même si elle connaît des erreurs.

QH – Comment avez-vous préparé ce personnage?

NB – En parlant beaucoup avec Xavier, en m’imprégnant beaucoup du livre de Pérochon et de la qualité du scénario.  Un peu comme tous les rôles, plus je lis le scénario et plus je découvre des choses. Il y a aussi la disponibilité très grande qu’on doit avoir sur un plateau au moment où on tourne et les directions du réalisateur : tout ça c’est un ensemble. Il y a également le désir de rentrer dans cette histoire, dans ce rôle.

QH – Y a-t-il une scène qui vous a marqué plus que d’autres sur le plateau de tournage?

NB – Sans vouloir dévoiler des choses de l’histoire pour le public, il y a  une scène que je redoutais.  C’est la scène où, en définitive, elle fait quelque chose de terrible, de chasser une personne qu’elle aime infiniment au profit des choses qui sont établies dans cette famille où on ne doit pas diviser les gens de cette famille. Il y a quelque chose assez monstrueux qui est fait pour protéger le bien familial.

QH – C’est un film qui pour moi montre que les femmes à l’époque avaient un certain pouvoir et étaient importantes pour faire tourner l’économie. Est-ce que ce film vous a donné envie d’en connaître plus sur toutes ces femmes?

NB – Pour tout vous dire, j’ai eu la chance, c’est très étonnant que ça me soit arrivée juste avant la proposition de ce rôle et de ce film par Xavier, de faire la voix sur un documentaire qui est passé à la télévision, il y a 2 ans, qui s’appelait “Elles étaient en guerre”, un documentaire tout à fait exceptionnel sur le rôle des femmes pendant la guerre de 14-18, où j’ai  découvert des documents sur les femmes qui travaillaient dans les usines, dans les fermes et de leur rôle pendant la guerre de 14.  Après subitement, quand les hommes sont rentrés, on les a remis à leur rôle de femmes, quasiment de ménagère. Ce sont les femmes qui faisaient tourner la France, pendant que les hommes défendaient leur pays.

"Les gardiennes" Film “Les gardiennes” / Crédit : Festival international du film de Toronto

QH – Il y a beaucoup de scènes qui m’ont touché, et j’ai trouvé que l’émotion était palpable. Est-ce que vous comprenez les choix de votre personnage?

NB – Cela serait impossible pour moi de faire les choix qu’elle a fait. Je ne serai pas arrivé à ça. Ça ne fait pas partie de mon caractère. Mais, la situation, il faut la remettre dans son contexte. Elle fait ce que les hommes auraient fait sans doute. Si son mari avait été vivant et si son fils aîné avait été présent, ils auraient sans doute fait le même choix  pour protéger le bien familial.

QH – Comment c’était de jouer avec Iris Brie, comédienne révélée dans le film et de jouer avec votre fille Laura Smet?

NB – J’avais déjà joué avec ma fille et eu cette petite expérience dans le film « Dix pour cent»,  et on s’était beaucoup amusé. Je trouve que c’est une actrice qui a énormément de talent, et cela facilite considérablement les choses.
Avec les deux jeunes actrices, qui étaient Iris Brie et Mathilde Viseux, quand il y a un grand réalisateur qui aime ses acteurs et qui les dirige bien et qui leur parle bien, cela facilite considérablement les choses.

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Culture

Québec : Trophées du numérique pour l’éducation 2018

Redaction Avant Premiere

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L’Université TÉLUQ présente la 2e édition des Trophées du numérique et annonce annonce par la même occasion l’ouverture des participations. Cette compétition ouverte à la francophonie se tient à l’occasion du Colloque de la Communauté pour l’innovation et la recherche sur les technologies dans l’enseignement/apprentissage (CIRTA) et les prix destinés aux gagnants seront remis le 10 octobre 2018.

Toutes les organisations à vocation éducative sont invitées à y participer. Le projet proposé doit allier l’usage de technologies, d’outils ou d’approches numériques avec des objectifs pédagogiques. Le projet doit également permettre, favoriser ou améliorer des démarches d’apprentissage au bénéfice d’apprenants de tous âges et de toutes situations.

« L’Université TÉLUQ est heureuse d’offrir, par cette 2e édition des Trophées du numérique, un lieu de présentation et de valorisation des meilleures pratiques d’apprentissage au bénéfice d’apprenants de tous âges et de toutes situations. L’édition 2016 a permis de mettre en lumière une première fois toute la richesse et la diversité des projets issus autant des milieux de formation des écoles que des entreprises. Aussi, j’invite toutes les personnes se sentant interpellées par cette compétition à participer à grand nombre », déclare Martin Noël, directeur général de l’Université TÉLUQ.

Le numérique au service de l’éducation

Pour sa part, le professeur de l’Université TÉLUQ Patrick Plante, organisateur du colloque de la CIRTA 2018, souligne que « les Trophées du numérique et le colloque sont deux événements qui partagent un grand nombre d’objectifs communs, dont la valorisation de l’innovation technologique au service de la pédagogie ».

Le jury, composé de membres de la recherche universitaire en enseignement et de praticiens du milieu, récompensera les meilleurs projets dans ces catégories : enseignement préscolaire, primaire et secondaire, enseignement collégial et universitaire, formation en entreprise, start-up, innovation pédagogique. Il remettra également le prix Coup de cœur du public.

Rappelons que la TÉLUQ est la seule université francophone en Amérique du Nord à offrir tous ses programmes à distance. Chaque année, près de 20 000 personnes choisissent la flexibilité de l’Université TÉLUQ pour y faire leurs études universitaires, du 1er au 3e cycle.

SOURCE

Université TÉLUQ

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Culture

Cinq livres à lire proposés par Bill Gates

Redaction Avant Premiere

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Quand Bill Gates propose des lectures estivales, on est curieux de savoir pour quelles raisons les a t-il choisis. Les bouquins traitent de sujets profonds et se lisent de façon très fluide, dit-il.

D’entrée de jeu, le billionaire confie que ses choix de livres répondent à des questions d’envergures : Parmi lesquelles une en particulier montre un attrait pour les sujets à consonance existentielle. D’où vient l’humanité et où allons-nous? S’interroge-t-il.

Cinq livres commentés sur gatesnotes

Leonardo da Vinci

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De Walter Isaacson : Le livre se penche sur ce que peut nous enseigner la vie du génie italien.

Everything Happens for a Reason and Other Lies I’ve Loved

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De Kate Bowler: L’auteur est une professeure à l’université Duke. Atteinte du cancer du côlon, elle raconte comment elle est parvenue à prendre sa vie en main avec détermination.

Lincoln in the Bardo

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De George Saunders : L’auteur invente une fiction à partir de la vie d’Abraham Lincoln. L’histoire raconte une conversation entre 166 fantômes parmi lesquels le fils décédé du fameux président américain.

Origin Story: A Big History of Everything

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De David Christian : L’auteur invente un nouveau concept historique appellé Big history. Il propose d’imaginer un récit qui raconte l’histoire de l’univers depuis son début jusqu’à sa fin. Il s’agit d’une approche qui permet selon Christian de questionner le destin de l’humanité.

Factfulness

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De Hans Rosling, Ola Rosling et Anna Rosling Ronnlund : Sur un ton positif, le livre explique pourquoi nous ne devons pas se fier aux informations relayées par les médias et les autres sources qui tentent de dévoiler et déchiffrer le monde à partir de leurs propres points de vue.

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Culture

Juin : notre sélection de spectacles

Redaction Avant Premiere

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Musique

Quelque part mon jardin 

9 juin, 20h à L’Usine C

collectif9 et Architek Percussion se réunissent pour la première fois pour présenter un spectacle de percussion, poésie contemporaine et vidéo.

« Quelque part, mon jardin est une réflexion sur les multiples facettes de nos connexions à un lieu ou à une communauté. Cette création explore les concepts de frontières, de lieu et de sentiment d’appartenance : notre sens malléable du chez-soi, nos voyages de et vers ces endroits où nous revenons toujours, ainsi que les éléments de communication entre les personnes et les lieux. »

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Danse

Solo 70 

Du 1e au 3 juin à l’Agora de la danse

Il danse encore et l’œuvre qu’il interprète avec Étienne Pilon célèbre cette volonté de continuer à danser. À l’âge de 70 ans, le chorégraphe Paul-André Fortier se déchaîne sur la guitare punk de Jackie Gallant. Solo 70 est une création de Fortier Danse-Création.

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Théâtre

Autour du Lactume

Le, 1e, 2, 3 et 4 juin à La Chapelle Scènes contemporaines

Le titre de l’œuvre invite à y voir un hommage à Réjean Ducharme. On pénètre l’univers de l’écrivain à travers son dernier manuscrit. « Le Lactume, 198 dessins accompagnés de très ducharmiennes légendes, envoyés à un éditeur en 1966, oubliés, redonnés à l’auteur en 2001, puis édités en 2017. Intact : le Ducharme libre et fou de ses 23 ans, dessinant et commentant ses révoltes, constats et rêveries au cœur d’un Québec en pleine révolution. »

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Cinéma

FIFF : soirée de courts métrages

Le 6 juin au centre Phi

Le centre présente une sélection de six courts dans le cadre du Festival international du film francophone de Namur. Les films seront introduits par Nicole Gillet, déléguée générale du FIFF Namur et Emanuelle Beaugrand Champagne, consultante en scénarisation.

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