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Opinions

Sacrifier la Francophonie sur l’autel des intérêts !

Baba-Idriss FOFANA

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Le drapeau de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa symbolique.

C’est la pire nouvelle du mois, en ce qui concerne la Francophonie. Je parle de cette Organisation internationale, qui rassemble 84 États et gouvernements membres ou observateurs de l’OIF. Ce dispositif institutionnel censé promouvoir la langue française, des valeurs et les relations de coopération aux quatre coins du monde, est en train de devenir un “instrument” politique de rapprochement entre la France et le Rwanda.

Le soutien de la France, annoncé en grande pompe le mercredi 23 mai, à une candidature en provenance du Rwanda pour diriger la Francophonie est scandaleux. Pourquoi ? bah, c’est un peu comme se foutre des francophones, des États et gouvernements qui se battent au quotidien pour accorder une place au français, aux valeurs défendues par l’Institution Cette annonce démontre à quel point la France n’accorde pas d’importance à cette institution qui est l’OIF mais à ses intérêts.

Quand j’apprends des médias français que Paris a officialisé son soutien à la candidature de Louise Mushikiwabo [je n’ai rien contre sa personne], la cheffe de la diplomatie rwandaise à la tête de l’OIF et que désormais Emmanuel Macron est le bienvenu à Kigali, allez-y comprendre le deal avec le président rwandais Paul Kagame. Celui-là même qui n’a hésité un seul instant à tourner le dos à la francophonie. Le Rwanda, de tradition francophone, est devenu officiellement en novembre 2009 le 54e membre du Commonwealth. Bien avant, M. Kagame qui ne parle aucun mot français, a fait adopter l’anglais comme langue officielle [depuis 2003] au pays des mille collines.

Si tel était le souhait de la France : faire déguerpir Michaëlle Jean pour mieux promouvoir la Francophonie, parce parce qu’il n’y aurait pas de transparence, cela regarde la France et les Français. Je n’ai rien à dire! 

Comme le mouton broute là où il y a de l’herbe, la France veut aller certainement faire du ‘’broutage’’ au Rwanda. Un pays qui [20 ans après le génocide des Tutsis qui a fait environ 800 000 morts en trois mois], fait rêver par son modèle économique en Afrique. Qu’est-ce que la France ne ferait pas pour retourner dans ce petit pays d’Afrique de l’Est d’environ 12 millions d’habitants ?

Certes, la France est une puissance mondiale respectable, mais elle ne devrait pas sacrifier la Francophonie sur l’autel de ses intérêts politiques, diplomatiques et économiques. Surtout lorsqu’elle n’est pas le patron de cette institution qu’est l’OIF. C’est vrai que le siège de l’organisation en question est basé à Paris. Toutefois on ne nous dira pas que c’est seulement l’argent du contribuable français qui fait fonctionner la machine « F » ; du moment où la contribution de la France au budget de l’OIF baisse de plus en plus par rapport au Canada.

Les franco-canadiens doivent se réveiller, le Québec surtout. La réaction suiviste du gouvernement québécois suite à la position affichée hier (mercredi 23 mai) par la France m’a laissé pantois.

On peut comprendre que la France ne veut plus de Michaëlle Jean, désignée Secrétaire générale de la Francophonie [pour un mandat de quatre ans renouvelables] les 29 et 30 novembre 2014 à Dakar lors du XVe Sommet de la Francophonie par les Chefs d’État et de gouvernement. Et si tel était le souhait de la France, c’est à dire : faire déguerpir Mme Jean pour mieux promouvoir la Francophonie, parce que les finances ne seraient pas bien gérées, cela regarde la France et les Français. Mais de là, à vouloir faire un marchandage politico-diplomatique à la tête de l’organisation, ce serait gravissime pour l’avenir de l’OIF et de la langue française.

Les franco-canadiens doivent se réveiller. Le Québec surtout qui occupe un siège distinct de celui du Canada dans toutes les instances décisionnelles de la Francophonie. D’autant plus que la province canadienne siège en tant que membre à part entière, avec une voix délibérative. La “réaction lâche” du gouvernement québécois suite à la position affichée hier (mercredi 23 mai) par la France m’a laissé pantois. Mais au fond, je ne suis pas si surpris que ça ! Le premier ministre Couillard qui n’a pas hésité au cours d’un récent voyage en 2018 à Paris pour rappeler à une « saine gestion » de l’argent de la Francophonie pourrait, lui-aussi, envisager le départ de l’actuel Secrétaire générale. Si c’était le cas, c’est son choix.

Francophonie : Le Québec, lèche-bottes de la France ?

Le problème, c’est de ne pas être capable de dénoncer ce soutien de Macron [je parle de la France] à une candidature rwandaise. C’est aussi ça, défendre le français en tout temps. On ne va pas attendre que le gérant de la boutique Adidas dise « un mot en français pour accommoder la ville de Montréal » et se sentir blesser après. Le Québec devrait être toujours prendre position quand le français est en danger. Sinon à quoi bon d’être considéré [Le Québec] comme l’un des membres les plus actifs de l’OIF, notamment en matière de promotion de la langue française et de diversité culturelle ? Je crois que la langue française est une identité du Québec, un patrimoine fondamental des Québécois. Alors, si on à une voix, il faut savoir la rendre audible.

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Le drapeau de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et sa symbolique.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Opinions

G7 au Québec, le sommet des ennemis intimes

Baba-Idriss FOFANA

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Photo de famille du G7 à Taormina (Italie) en 2017

Le moment tant attendu est arrivé. Tous les regards sont donc tournés sur le Canada mais en direction de Charlevoix au Québec pour le sommet du G7. Tout porte à croire que ce rassemblement du Groupe des sept, qui tiendraient l’économie mondiale, sont au Manoir Richelieu, à La Malbaie, pour plutôt se régler des comptes.

S’il y a quelqu’un qui attendait de pied ferme Donald Trump, au Québec, c’est bien Justin Trudeau. Celui pour qui, le numéro 1 Américain ne devrait pas laisser croire que le Canada est une menace à la sécurité nationale des États-Unis. « C’est inconcevable que le Canada soit une menace à la sécurité nationale des États-Unis. C’est ce que j’ai dit au président, et c’est ce que je vais lui répéter demain (vendredi, ndlr) quand il arrive à Charlevoix [pour le G7] », a martelé le premier ministre Trudeau lors d’une mêlée de presse jeudi au Saguenay.

Chacun pourrait s’imaginer ce qui a mis le feu aux poudres. Depuis la décision prise par l’administration Trump d’imposer des tarifs douaniers américains de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur les importations d’aluminium en provenance du Canada, du Mexique et des 28 pays membres de l’Union européenne depuis le 31 mai à minuit, on a eu l’impression que le ciel venait de nous tomber là-dessus. Le monde s’est un peu comme départagé en trois. D’un côté, on voit les Canadiens et les Mexicains; de l’autre côté on voit l’Union européenne et ailleurs, les Etats-Unis. Mais dans le fond, c’est un front uni contre les Etats-Unis de Trump.

Le sommet des règlements de compte

Après M. Trudeau, le président français qui était l’un des premier dirigeant à fouler le sol canadien mercredi, a d’ailleurs haussé le ton à la veille de la rencontre de toutes les tensions. « On ne peut pas faire une guerre commerciale avec des alliés. Il nous faudra défendre un multilatéralisme fort », a déclaré Emmanuel Macron, tout en soulignant « les liens étroits qui unissent le Canada et la France », lors d’un point de presse tenu conjointement avec Justin Trudeau jeudi, à Ottawa.

Se sentant attaqué, Donald Trump a vite eu recours à son compte Twitter pour dire ‘’ses vérités’’ à Trudeau et à Macron. « S’il vous plaît, dites au premier ministre Trudeau et au président Macron qu’ils imposent aux États-Unis d’énormes tarifs et qu’ils érigent des obstacles non monétaires. L’excédent commercial de l’Union européenne avec les États-Unis est de 151 milliards de dollars, et le Canada tient nos fermiers à l’écart », a réagi le président américain dans un tweet.

Donald Trump riposte !

Mais Donald Trump ne s’est pas arrêté qu’aux dirigeants canadiens et français. Au matin même du jour 1 du sommet, alors qu’il était en direction du Québec, le président américain s’est aussi adressé à plusieurs autres dirigeant du G7. On pourrait penser au Royaume-Uni, l’Italie, l’Allemagne et le Japon qui font partie du Groupe des sept. Dans un tweet, il dit avoir « hâte de remettre à plat les accords commerciaux injustes avec les pays du G7 », ajoutant que « si ça ne se fait pas, on s’en sortira encore mieux ».

Pourtant, il n’y a pas que le commerce qui divise Trump et les autres. Le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, et de l’accord sur le nucléaire iranien ne sont pas fait pour arranger la donne. D’ailleurs, si Trump a annoncé qu’il partira un peu plus tôt avant la fin du sommet, c’est certainement une manière d’éviter les discussions sur les changements climatiques. « Je partirai peut-être un peu plus tôt, ça dépend de ce qui se passe », aurait confié le président américain à certains médias américains.

Ce retrait prématuré de Donald Trump de la table de discussion est un deuxième signal après le précédent sommet G7 à Taormina en Italie. Le président américain avait refusé de s’engager en faveur de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique au point de transformer le G7 en groupe de six. La chancelière allemande avait vivement critiqué le “comportement” de Donald Trump en Europe.

G5-G6-G7-G8… ils ont partagé le monde

Cette fois-ci, on imagine ce qui adviendra si le même scénario se reproduisait au Canada. Allons-nous assister au départ des Etats-Unis du G7? Tout porte à croire que cette thèse pourrait se réaliser puisque que Donald Trump a encore demandé le retour de la Russie [suspendu depuis 2014] au sein de la ‘’grande famille’’ des ennemies intimes pour former le G8. Sans quoi, cela pourrait être un autre prétexte pour détester le groupe.

Voici donc le tableau peu reluisant du petit noyau qui dirigerait toute l’économie du monde. Ce sont eux qui ont leur mot à dire. Ça ressemble un peu à une prise d’otage, puisque le Groupe des sept décide de parler des affaires qui les arrangent où les dérangent selon leurs humeurs. C’est une raison de plus pour les altermondialistes de contester la légitimité du G7, accusé de vouloir diriger le monde, au mépris des autres pays.

En réalité, ces sept pays ne peuvent avaler ce monde de 7 milliards d’habitants. On pourrait aussi croire que c’est juste une manière de diviser le monde. D’un côté, on voit les riches et de l’autre bord, les pauvres. 

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Photo de famille du G7 à Taormina (Italie) en 2017
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Montréal et la Formule qui électrocute les Montréalais [Chronique]

Baba-Idriss FOFANA

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-Photo : Evenko-

La Ville de Denis Coderre accueille le grand prix de Formule électrique, officiellement du 29 au 30 juillet, mais officieusement du 28 au 30 juillet 2017. Déjà, on peut comprendre qu’il y a problème avec les dates. Pourquoi ?

Montréal semble devenue une ville d’intranquillité notoire par la faute de certains de ses élus au grand dam de leurs administrés. Déjà que les nombreux chantiers donnent un casse-tête aux usagers, la métropole se transforme en un ring de boxe au jour le jour. Il n’est pas rare de rencontrer des gens dans la cité et qui ne te diront pas qu’il faut se battre. Mais on se bat contre quoi ? Certains diront qu’il faut “travailler dur’’ pour s’assurer une place au soleil. Quand d’autres feront valoir qu’il faut “batailler fort’’ pour juste garantir sa pitance quotidienne. Et pourtant, en toile de fond, il y a un “système’’ qui fait tout – ce qui lui passe par la tête – pour que cette population ne soit pas stable, ni dans sa tête, ni dans son ventre, ni dans son lieu de travail, ni dans sa poche. Voilà la Formule qui va finir par électrocuter’ Montréalaises et Montréalais.

Juste pour le fun !

Aujourd’hui, c’est la même formule qui fait encore des frustrés, des misérables et des déprimés à Montréal et ce, à l’occasion du grand prix de Formule Électrique qui a lieu logiquement, le 29 et 30 juillet. Mais, pour des questions d’intranquillité et d’instabilité, les commerçants – qui sont dans la ligne de mire du petit circuit de 2,75 km (1,71 miles) composé de 14 virages – ont encore été sommés de mettre la clé de leur commerce sous le paillasson, 24 heures avant “l’événement Coderre“. Oui, parce que le temps ce n’est pas de l’argent pour eux, mais pour la Ville.

Pour seulement 20 voitures qui partiront de la ligne de départ sur le boulevard René-Lévesque, descendre sur l’avenue Papineau, avant de se faufiler sur la rue Viger Est, pour ensuite rejoindre la rue Berri avant de revenir sur René-Lévesque, les commerçants doivent lever leur terrasse et autres commerces sans que les résidents ne puissent vaquer en toute quiétude à leurs emplettes. Lisez quelques lignes de cette infolettre, émis par un commerçant à ses clients, en date du 25 juillet. Il en fait les frais de ce “rendez-vous impopulaire’. « Chers amis et clients, cette semaine nous endurons la circulation difficile et conséquences de la course Formule E qui se déroulera le 28, 29, et 30 juillet. Nous tenons à vous remercier pour votre appui et solidarité aux cours de cette situation frustrante (…) ».

Se “fabriquer quelque chose” à faire…

Comme si les festivités, sur toute l’année du 375ème , ne comblaient pas ; comme si les nombreuses illuminations du pont Jacques-Cartier étaient à bout ; comme si le grand prix F1 ne suffisait pas pour l’année, il a fallu que le maire “émérite”, Denis Coderre, aille se “fabriquer quelque chose à faire, pour le fun. Car pour lui, « vu que, de toute façon, une voiture électrique doit se promener dans les rues, on a décidé de faire une course urbaine ». Puis, quand les autres l’attaque, il se contente de dire que, « la FE est complémentaire à la F1 ». Et oui, pour lui, « Ce n’est pas un championnat concurrent ». Pour son plaisir, c’est juste le fait que « Nous sommes l’une des rares villes à avoir les deux disciplines sur notre territoire ».

Et pendant ce temps, ça grogne, les gens sont irrités. Pour ce qui est et sera des bouchons, des détours, des chantiers n’en parlons pas. Car, malgré tout, Denis Coderre se montre “serein” et “imperturbable” face à cette tempête, qu’il semble voir d’un œil dans un verre d’eau. D’autant plus qu’en mêlée de presse, le mardi 25 juillet, il s’est plutôt défendu en faisant valoir que les quelques 1140 résidents et les 25 commerçants enclavés par le circuit ont été rencontrés depuis le mois de février , et que «la vaste majorité de ces gens-là sont très heureux ». Et lorsqu’on critique certaines dépenses faramineuses qui entourent son dernier projet né, dont l’acquisition au coût de 7,5 millions $ de murets de ciment, vous pouvez deviner la réponse du maire de la Ville : « Ce n’est pas une dépense ; c’est un investissement pour les six prochaines années ». D’ailleurs, à propos des critiques, Coderre estime que « Si Jean Drapeau avait écouté les critiques à l’époque, on n’aurait pas eu l’Expo 67 », a-t-il lancé lors de l’inauguration de la piste Formule E, mercredi 26 juillet.

Entre “humeurs électriques” et “humeurs hybrides” !

Oui, avec M. Coderre, on ne parlera jamais de dépense avec l’argent du contribuable montréalais. Voyez-vous : si un (01) milliard $ pour le 375ème, c’est correct ; si dix (10) millions $ pour illuminer le pont, c’est normal ; pourquoi vingt-quatre (24) millions, pour deux jours de courses, – sans compter une marge de crédit de 10 millions de dollars pour l’organisme responsable de l’événement – seraient de trop ? Déjà que les paroles du maire Coderre coûtent chères aux Montréalais. Ce n’est pas moi qui vous l’apprend. Selon des documents obtenus par le Journal de Montréal en avril 2017, Coderre a dépensé plus de 250 000 $ pour faire rédiger des centaines de discours par des pigistes en trois ans, soit neuf fois plus que ses prédécesseurs de 2010 à 2013. Alors, qu’est-ce qui peut effrayer l’homme ?

Surtout, pour se donner bonne conscience, le maire essaye de se greffer sur le projet du gouvernement québécois qui s’est donné comme objectif l’atteinte de 100 000 véhicules électriques, d’ici 2020. Cela est une aubaine pour l’élu dépensier qui croit savoir que la venue de la Formule électrique à Montréal, en 2017, permettra d’atteindre cet objectif en 2020.

On se demande bien s’il a fallu à la Norvège de franchir le cap des 100 000 véhicules électriques à l’issue de l’organisation d’une Formule E sur son sol. Un pays, dont la population – 5 millions d’habitants – est plus petite que celle du Québec. Alors qu’elle compte, maintenant, plus de 100 000 véhicules électriques immatriculés, le pays espère que ce nombre atteindra 400 000 en 2020. Dans la belle province canadienne, les récents chiffres font état d’environ 13 000 véhicules électriques et hybrides.

En attendant, accrochons-nous aux “humeurs électriques” et “humeurs hybrides” de M. Coderre, puisque rien ne semble le freiner dans son élan électrique qui continue de nous électrocuter. Oui, chers Montréalais, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il grêle, quoi qu’il arrive, le ePrix aura lieu sur le “territoire Coderre”, quelque soit la colère des piétons automobilistes, commerçants et résidants. C’est cela la Formule, et c’est le prix à payer. Advienne que pourra !

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-Photo : Evenko-
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Macron, un “jeune bourré” de stéréotypes sur les Africains

Baba-Idriss FOFANA

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|Photo : closermag.fr|

Après l’euphorie de la victoire, c’est l’euphorie de la morale (sic) aux Africains. C’est ce qui ressemble à la nouvelle démarche du jeune Président Français, Emmanuel Macron, en direction de l’Afrique, au sortir du 12ème sommet du G20 tenu à Hambourg, en Allemagne.

Interrogé sur l’augmentation de l’aide au développement, lors d’un sommet Européen, Emmanuel Macron n’a rien trouvé de mieux à dire que de critiquer la démographie Africaine, et cela de la pire des façons : « Dans des pays qui font encore sept enfants par femme, vous pouvez dépenser des milliards d’Euros, vous ne stabilisez rien… », a lancé Emmanuel Macron, le 8 Juillet lors du G20, en parlant des femmes Africaines.

Il serait quand même incongru de continuer de demander de l’aide à la France, même si ce pays continue de fouiner le sous-sol et les ressources naturelles sur le continent noir. Cela est correcte quand la France continue sur cette lancée, aucun despote ne quittera le pouvoir en Afrique. Oui, c’est pour cela que le jeune de 39 ans n’a pas le “culot” d’aborder la question de l’alternance avec des vieux de 78 ans, ses homologues. Il préfère voir ailleurs, s’en prendre aux “pondeuses”. Celles qui n’ont rien d’autres à faire que de “pondre”.

Comme si les Africains n’étaient pas éduqués !

Hélas ! Comme si les femmes Africaines étaient devenues la nouvelle cible de la France. Comme si le “petit”  Président de la France (un pays) en savait plus sur l’Afrique (un continent) que ses “grands-pères” au pouvoir ! Comme si on voulait imposer un modèle de développement économique aux Africains ! Comme si 50 ans après, on n’a pas avancé d’un iota ! Comme si les Africains n’étaient pas éduqués ! Comme s’il fallait détruire l’Afrique pour la reconstruire, puis (re)vivre à l’occidental… Et patati et patata !

On se croirait encore à une période coloniale du suprémacisme blanc (à suivre). Une époque que M. Macron avait instinctivement qualifié, il y a quelques mois, de « crime contre l’humanité » alors qu’il était en compagne en Afrique. Aux commandes de la “GRANDE” France, l’homme croit avoir carte blanche pour dire, maintenant, ce qu’il aurait manqué de dire avant à la “petite” Afrique. Le premier constat qui se dégage à travers les propos tenus, hier et aujourd’hui, par Emmanuel Macron, c’est que les choses semblent un peu décousues dans la tête du Président.

Les choses, un peu décousues dans la tête du PR !

Vraisemblablement, l’époux de Brigitte serait en panne de connaissance sur les questions de démographie et de pauvreté. Car, on n’a pas besoin d’être Président d’une République, fût-elle la France, pour être un super-homme, encore un surdoué et avoir la science infuse. Appelons les choses par leur nom ! À travers sa sortie, le fondateur d’en marche, a étalé ses carences en matière de beaucoup de choses.

Si on convient avec le sociologue, Jacques Noumagnin, « Que la France décide de ne pas augmenter son aide au développement, c’est tout à fait son droit ; et personne ne peut le lui retirer. Mais que l’Afrique soit critiquée sur sa démographie, alors qu’en Europe, des politiques sont mises en place pour inciter les populations à se reproduire est une aberration ». C’est là le contraste. Pour refuser d’augmenter une prétendue aide envers l’Afrique, Emmanuel Macron est allé chercher midi à 14 heures, en utilisant des arguments qui n’en valent même pas la peine d’être étalé dans un « devoir de SciencesPo ». La réalité est là : quelle est le taux de natalité en France, au Canada et ailleurs ?  Chose qui a fait dire au Président de la Guinée, Alpha Condé, dans sa réponse ciblée, qu’au contraire « les autres continents nous envient notre démographie parce que ce sont des peuples vieillissants ».

Dans les grandes tribunes, ce sont les mêmes qui se disent fiers de la croissance démographique en Afrique lorsqu’il est question de francophonie et la place du Français dans le monde. On se tague de dire que « la langue Française deviendrait la langue la plus parlée dans le monde devant l’Anglais et le mandarin à l’horizon 2050 ». Pourquoi ? Simplement parce que selon des projections de l’Institut (Français) d’études nationales démographiques (INED), l’Afrique devrait, en effet, voir sa population passer de 800 millions en 2010 à 4,5 milliards en 2100.

En marche, dans les plate-bandes de Sarkozy…

Le moins que l’on puisse dire c’est que la « sortie maladroite » du Président Macron pourrait laisser place au fait qu’il veut réincarner cette “suprématie blanche’’. Une idéologie raciste, fondée sur l’idée de la supériorité de ceux parmi les humains dont la peau est perçue comme blanche par les autres ou par eux-mêmes, par rapport aux autres humains, selon la définition sur Wikipédia.

Et là, la politique de la France prend une autre tournure avec le numéro 1 de ” la République en marche”. D’ailleurs, tout porte à croire que Macron semble bien marcher dans les platebandes de Sarkozy qui considérait que l’homme Africain n’était pas assez entré dans l’histoire (malgré la grandeur des différentes civilisations au fil de la préhistoire et de l’histoire). C’est pathétique ! et tout simplement méprisant au 21èmesiècle, pour un Président qui se dit  “progressiste”, issu d’une certaine génération.

Crédit photo:
|Photo : closermag.fr|
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