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Culture

Sandrine Bonnaire prend le large !

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Crédit photo: Les Films du Losange

Sandrine Bonnaire interprète avec brio le rôle d’Edith, une ouvrière de 45 ans qui voit sa vie bouleversée par la délocalisation de l’usine de textile où elle travaille, dans Prendre le large, le dernier film de Gaël Morel. La comédienne française est crédible et convaincante dans le rôle de l’ouvrière qui plaque tout et décide de suivre l’usine au Maroc. Gaël Morel, le dit lui même « On y croit parce que c’est elle ». Un rôle qui est donc taillé sur mesure pour cette comédienne qui a déjà joué à plusieurs reprises des femmes de la classe ouvrière (Sans toit ni loi et La Cérémonie)

Quitterie HERVOUET – Gaël Morel a indiqué qu’il avait écrit le scénario en pensant à vous. Quelle fut votre réaction en le recevant ?

Sandrine Bonnaire – J’étais très fière, très très fière. Ça fait toujours peur quand un réalisateur écrit pour un acteur. Si ça ne nous plaît pas, on se sent un peu coupable de dire non.

QH– Est-ce que ça vous est déjà arrivé de recevoir un script qui a été écrit pour vous et que cela ne vous plaise pas ?

SB – Oui, cela m’est déjà arrivé. On essaie de répondre en étant gentil, de façon élégante. Mais vous savez c’est très difficile de dire non dans tous les cas.

QH – Pourquoi avoir accepté de tourner dans ce film en particulier ?

SB – Ce qui me plaît, c’est l’audace de ce personnage de vivre autre chose, dans un autre pays.

QH– Ce n’est pas la première fois que vous jouez dans un film qui a un enjeu politique. Est-ce important pour vous de jouer dans ce type de film ?

SB – J’aime bien les histoires qui racontent des choses politiques. Je fais des films assez réalistes. J’aime bien, en tant que spectatrice, apprendre des choses quand je regarde un film et être un peu moins stupide quand je ressors.

QH – Est-ce pareil quand vous choisissez un scénario ? Un scénario peut-il vous faire évoluer en tant que comédienne ?

SB – Je ne pense pas exactement comme ça. Je ne pense pas à l’évolution de l’actrice. Je pense surtout à des sujets. Je ne crois pas qu’il y ait vraiment une évolution dans le travail d’acteur. Je pense que le métier d’acteur c’est assez complexe en fait. On peut être bon dans un film, moins bon dans un autre. Ça dépend du regard d’un metteur en scène et du regard d’une équipe aussi. L’équipe est également importante à mon avis. Ce qui me touche en fait, c’est : « Est-ce que j’ai envie de faire partie d’une histoire ou pas ? ». C’est surtout ça !

QH – Votre personnage Edith est une femme forte qui fait un choix difficile…

SB – Edith considère qu’elle ne peut pas rester dans son propre pays. C’est pour ça qu’elle part, parce qu’elle n’a plus de travail en France ; et elle pense qu’elle n’a pas le choix. L’entreprise pour laquelle elle travaillait ne lui donne pas d’autre travail. Soit elle accepte l’argent de licenciement que lui propose l’entreprise, soit elle part au Maroc travailler. C’est une femme qui est assez fière. Elle ne veut pas être dépendante du gouvernement financièrement et donc être au chômage. Elle veut en fait travailler et se sentir utile et veut trouver sa place dans la société. C’est une femme qui veut gagner de l’argent par elle-même. Elle estime que ce n’est plus possible pour elle de rester en France et décide donc de partir.

QH – Elle reste toujours française et a la possibilité de revenir dans son pays. Ne pensez-vous pas qu’elle reste plus privilégiée par rapport aux Marocains ?

Oui c’est vrai, mais sa vie n’est plus en France. Son cœur est à Tanger au Maroc.

QH – Est-ce qu’il y a une scène dans le film qui vous a plus marqué que les autres en la tournant ?

SB –Il y a une scène pour moi qui résume bien son état physique. C’est une scène où elle est en train de vomir. Cela représente le fait qu’elle ne soit qu’une moins que rien.

QH – Combien de temps avez-vous passé à Tanger et comment s’est passé le tournage au Maroc ?

SB – Nous sommes restés cinq semaines à Tanger. C’était vraiment très sympa et nous avions une équipe technique marocaine. Ce qui est intéressant c’est de voir deux cultures différentes. Ce ne sont pas les mêmes codes. Le réalisateur Gaël Morel connait très bien Tanger. Il y passe beaucoup de temps. J’avais donc très confiance en lui.
Ce que j’ai beaucoup aimé c’est que les gens se parlent dans la rue. Ce n’est pas une ville individualiste comme j’en ai l’habitude.

QH – Quand vous disiez qu’il y a certains codes différents, à quoi faisiez-vous référence exactement ?

SB – Je pense qu’il est nécessaire de respecter les codes des autres cultures. Je pense qu’il ne faut pas imposer sa propre culture aux autres. Les Marocains n’ont pas la même manière de faire un film. Leur vision du temps n’est pas la même que la nôtre. Leur façon de jouer n’est également pas la même. La comédienne qui jouait Mona dans le film ne jouait pas pareil que moi. Par exemple, pour eux le texte est très important et quand ils n’ont plus de texte à dire, ils ne jouent plus parce que c’est la façon dont ils font des films. Pour les acteurs français, quand vous n’avez pas de dialogue, vous continuez à jouer et à exister dans la scène ; ce qui n’est pas le cas pour eux.

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Culture

2019, le festival Cinéma Paradiso sera gourmand !

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Date à retenir, du 28 janvier au 2 février 2019. Le festival Cinéma Paradiso revient à Montréal avec un menu filmique et culinaire. La formule semble métaphorique, mais ce n’est pas le cas. Car il y aura vraiment à manger … Le festival a concocté sa programmation avec des activités qui attireront les cinéphiles gourmands.

La deuxième édition du festival Cinéma Paradiso est présentée par le Centre Phi en collaboration avec la maison de distribution MK2 Mile End. Pour rappel, l’événement est la version montréalaise du festival portant le même nom qui a lieu à Paris.

Cinéma Paradiso Montréal 2019 rend hommage à l’icône du cinéma américain Charlie Chaplin à l’occasion de son 130e anniversaire. Dans le menu des avant-premières canadiennes, des ateliers de pratiques cinématographiques et des activités culinaires.

La programmation sera internationale et pluridisciplinaire.

À l’affiche il y aura notamment le film Ramen Shop : La fiction donne le ton du festival en alliant voyage, mélancolie et saveurs ancestrales.  » La projection sera jumelée à un atelier de la série d’événements Essence culinaire. Consacré à l’œuf, ingrédient incontournable du fameux ramen, cet atelier sera présenté par la chef Gita Seaton du Crew Collective & Café et animé par la journaliste Ève Dumas. »

Pour plus de détails ICI

Lire aussi : Normal Desires, le laboratoire critique du mouvement circassien

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Agenda

Noël à Montréal : la Place des Arts prend le pouvoir des Fêtes

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Chansons populaires, ballet, musique classique, spectacles pour enfants et plus encore : la Place des Arts devient LA destination du temps des Fêtes ! C’est la féerie de Noël à Montréal avec une programmation étincelante pour tous les goûts, jusqu’en janvier 2019.

En métro, en raquettes, à dos de renne ou en traîneau, rendez-vous pour un après-midi, une journée complète ou une soirée en famille, entre amis, avec votre douce moitié ou encore en solo. Essuyez vos bottes, accrochez vos manteaux, enlevez votre tuque et faites comme chez vous : cette année, c’est à la Place des Arts que la plus belle fête aura lieu!

QUATRE ACTIVITÉS GRATUITES POUR CÉLÉBRER LA MAGIE DES FÊTES

Les ateliers Place des Arts : initiation à l’art lyrique – samedi 8 décembre, 13h à 15h

Animé par Pierre Vachon, directeur de l’action communautaire et éducative de l’Opéra de Montréal et en présence de Florence Bourget et Pierre Rancourt, artistes de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, et de Maxime Dubé-Malenfant, pianiste, cet atelier propose une mise en contexte de l’évolution de l’art vocal et un atelier pratique de chant lyrique qui se conclura par une performance sur scène des participants à l’atelier.

Les complices Place des Arts : Sogué – danses, chants et cirque africain
Jeudi 13 décembre à 17h
Vendredi 14 décembre à 17h et à 18h45
Samedi 15 décembre à 13h, 15h et 17h

Avec SOGUÉ, signifiant « Soleil » en langue Soussou, Productions Kalabanté propose un projet inspiré de la migration des minorités africaines vers le Canada. Grâce aux danses et aux chants africains, ainsi qu’aux surprenants numéros acrobatiques, l’invitation à ce voyage vous fera découvrir le chemin parcouru par les interprètes jusqu’à leur intégration en cette nouvelle terre.

Exposition « Les Fêtes » — jusqu’au 5 janvier

« Les Fêtes » est une installation visuelle et sonore évoquant les rassemblements familiaux, le « party » de maison et les festivités de fin d’année. Vivez une expérience sensorielle et immersive en adoptant le point de vue d’un enfant évoluant au cœur de la réception familiale – piquez une jasette au salon, cachez-vous sous la table et rêvassez sur le lit couvert de manteaux!

Interlude, magnifique œuvre numérique sur les joies d’hiver — jusqu’au 6 janvier

Interlude, une magnifique création numérique réalisée par l’artiste montréalaise Maylee Keo, émerveillera petits et grands. Retrouvez les petits plaisirs d’enfance et les traditions familiales qui bercent les fêtes depuis toujours!

Toutes les activités gratuites se dérouleront dans l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme et sont présentées grâce au soutien financier de la Fondation de la Place des Arts.

POUR CÉLÉBRER LES DIFFÉRENCES ET LA JOIE D’ÊTRE ENSEMBLE

Des pieds et des mains
Les 28, 29 et 30 décembre à 14h | Pour toute la famille / 6 ans et plus | Cinquième Salle

DES CLASSIQUES POUR TOUTE LA FAMILLE

Casse-Noisette — du 13 au 30 décembre – plusieurs horaires disponibles | Salle Wilfrid-Pelletier

Pour le plus grand bonheur de tous, le traditionnel Casse-Noisette des Grands Ballets réchauffera les cœurs des petits et des grands. Offrez-vous une escapade enchanteresse au Pays des neiges et au Royaume des friandises, en compagnie de Clara et de son prince charmant, où une galerie de personnages truculents vous éblouira.

Décembre, la comédie musicale du temps des Fêtes signée Québec Issime – du 13 au 30 décembre – plusieurs horaires disponibles | Théâtre Maisonneuve 

La troupe de Québec Issime est fière d’accueillir à nouveau dans ses rangs Marc Hervieux dans le rôle d’Onésime Lemaire, maire de la municipalité, entouré de tous les autres personnages légendaires qui prendront vie le temps d’une soirée dans le traditionnel village situé sous le sapin de Noël. 24 artistes sur scène dans des décors et des costumes somptueux, et des performances époustouflantes à travers 12 tableaux féériques.

Le petit Noël de Québec Issime — les 17 et 23 décembre | 2 à 6 ans | Théâtre Maisonneuve

Dans ce spectacle de 50 minutes concocté spécialement pour les enfants dans le décor grandiose de Décembre, les lutins et la Fée des étoiles attendent la venue prochaine du Père Noël en chantant et dansant avec tous les petits amis venus pour l’occasion.

PLUSIEURS AUTRES SPECTACLES À NE PAS MANQUER À LA PLACE DES ARTS POUR FÊTER LE PLUS BEAU TEMPS DE L’ANNÉE

Pour de plus ample information, visitez la Programmation complète sur www.placedesarts.com/fetes

Source : Place des Arts

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Culture

Normal Desires, le laboratoire critique du mouvement circassien

Hanen Hattab

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Une masse informe avance vers une lumière chaude suspendue et proche du sol. Un son saccadé l’entoure. Au fur et à mesure qu’il s’approche le corps quasi-monolithique se déploie, s’articule. Son rythme est lent, il peine à s’arracher du sol. Il se courbe et se recourbe en rampant.

L’artiste Émile Pinault, épousant le volume d’un blob, forme avec le plancher blanc une sorte de bas-relief abstrait en mouvement.

Puis son corps se détache progressivement, passe de la reptation à un déplacement plus aérien. La lumière monte. La trame sonore se dramatise. L’artiste bondit, rebondit, tourne en exécutant des rondades et des arabesques en transes consécutives.

Émile Pinault décolle, son corps garde le contact avec le sol, atterrit et reprend les mêmes figures avec une précision chirurgicale.

D’autres éléments font leurs apparitions : Un carré translucide et jaune fluorescent, un fumigène, un projecteur et un sky dancer bleu et souriant. La scène se transforme en palette où ces médiums se mêlent et s’entrechoquent formant une composition multidimensionnelle.

L’art de détourner l’acrobatie

L’interaction entre l’interprète et son environnement change à chaque représentation, explique l’équipe lors de la discussion avec le public. Les mains invisibles de Julien Brun, le scénographe et Joël Lavoie, le concepteur son, modelaient cet espace synesthésique en interagissant aux expressions truculentes et intempestives de chaque médium.

La rencontre de l’art de sculpter l’espace par la lumière, le son et la corporalité organique a engendré des figures symbiotiques révélant la force du mouvement circassien, duquel l’interprète veut se libérer, et la légèreté des autres éléments visuels. D’où vient cette idée ?

« J’ai travaillé sur le désir comme énergie interne qui te pousse à être en mouvement. Je voyais ça comme une essence du geste acrobatique », a précisé Émile Pinault.

D’un regard critique sur le monde du spectacle, de la propension à bouger et à défier les lois de la gravité, de la matérialité diaphane et éphémère de la scénographie, de la concrétude immersive et dramatique du son est née une œuvre stimulante et singulière nommée Normal Desires.

La représentation joue le 30 novembre et 1er décembre à La Chapelle Scènes Contemporaines.

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