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Culture

Savoir compter, les ficelles qui nous agitent

Hanen Hattab

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Le théâtre de l’absurde met à l’épreuve la patience du récepteur, sa volonté de se connecter à l’œuvre en saisissant son sens. Savoir compter, la pièce de Marianne Dansereau, a reconduit les effets d’insignifiance et de rupture de la logique de ce style dans une esthétique de la discontinuité angoissante.

Des fragments de conversations et quiproquos ordinaires sont recomposés sur une scène représentant une sorte de barre colorée de mire et un fond sonore dérangeant. Chaque personnage occupe une bande de couleur bien déterminée et parle avec son interlocuteur, parfois sans communiquer, sans établir ne serait ce qu’un contact visuel. Les duos s’intervertissent pour articuler et relier les histoires. Mais, le récit peine à vraiment se construire.

Le découpage spatial coloré et sa mise en lumière accentuent remarquablement les ellipses narratives. La composition géométrique de ce subtil dispositif scénographique est savamment parasitée par le costume de dauphin porté par le narrateur ; ce n’est pas le cas du texte riche en lexiques de liquides biologiques et artificiels. Introduisant des dialogues sur la copulation animale, la contamination par les fluides sexuels, les faces qui dégoulinent et le trou béant de la piscine, la voix sarcastique du narrateur porte à son paroxysme la dureté des instants d’existences insolubles. L’avalanche de vocabulaire sexuel vernaculaire aseptise des tirades de personnages vicieux, incompris, colériques, déréalisés, détruits, aliénés, endeuillés…Et malgré tout, il y a eu des moments comiques, car pour déclencher le rire, nul besoin de reconstituer le sens. Il suffit selon Henri Bergson d’interrompre la mécanique de la vie pour que le sujet s’émeuve de sa propre absorption par le réel et sa condition.

Qui sont ces personnages ? Ils sont cette femme qui a un problème avec son forfait machin, cette fille qui compte sur ses doigts, bref, des pantins qui ne savent pas par combien de ficelles ils sont tirés.

La pièce joue au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au premier décembre.

 

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Culture

Une épicerie déclarée coupable d’avoir faire de la pub uniquement dans une autre langue que le français au Québec

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L’Office québécois de la langue française (OQLF) annonce que, le 15 mars 2019, l’entreprise 9304-7207 Québec inc. (Épicerie Deli Queen), a été déclarée coupable d’une infraction à l’article 58 de la Charte de la langue française. L’entreprise s’est vu imposer une amende de 1 500 $.

Il était reproché à cette entreprise (l’épicerie) de faire de l’affichage public et de la publicité commerciale uniquement dans une autre langue que le français. L’infraction a été commise le 27 juillet 2016 au 4968, chemin Queen-Mary, porte B, à Montréal.

L’article 58 de la Charte de la langue française prévoit que l’affichage public et la publicité commerciale doivent se faire en français. Ils peuvent également être faits à la fois en français et dans une autre langue pourvu que le français y figure de façon nettement prédominante.

L’Office québécois de la langue française (OQLF) rappel qu’il veille à ce que le français soit la langue normale et habituelle du travail, des communications, du commerce, des affaires et de l’Administration. Il enrichit la terminologie et offre des outils et des services linguistiques. Il assure également le respect de la Charte de la langue française et surveille l’évolution de la situation linguistique du Québec.

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Théâtre

Découvrir la relève du théâtre montréalais aux Auditions générales

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La 34e édition des Auditions générales du Théâtre de Quat’Sous se tiendra les 26 et 27 mai prochains.

Cet événement représente une occasion pour les finissants des écoles de théâtre de pouvoir se faire connaître du milieu professionnel. Il se propose comme un tremplin professionnel dans le paysage culturel québécois.

Cette année, le Théâtre de Quat’Sous accueillera 83 participants. Ils se partageront les blocs horaires, regroupés en duos, trios ou quatuors et interpréteront chacun deux scènes de registre différent, extraites de pièces de théâtre ou de scénarios de film.

« Pour la première fois de leur vie, de jeunes acteurs et actrices fouleront la scène d’un théâtre institutionnel. Ce qui me touche par dessus tout, c’est que cette sortie dans la vie professionnelle s’effectue sur la scène du Théâtre de Quat’Sous, au rapport si intime et si particulier avec le public – presque mystique ! » souligne Olivier Kemeid, directeur artistique.

Créées en 1985 par Pierre Bernard, Suzanne Léveillé et Andrée Lachapelle, les Auditions générales sont devenues un rendez-vous incontournable pour nombre de professionnels du théâtre, de la télévision et du cinéma.

Elles permettent à de jeunes artistes émergents, finissants des écoles de théâtre de se faire connaitre par les employeurs du milieu culturel. Pour une quatrième année, Diversité artistique Montréal intègre les Auditions générales.

Création de La Jeune Troupe du Quat’Sous

Pour la saison 2019-2020 du Théâtre de Quat’Sous, Olivier Kemeid a prévu une nouveauté importante qui découlera des Auditions Générales : la création et la mise sur pieds de La Jeune Troupe du Quat’Sous. Le projet réunit des interprètes issus des Auditions générales, donc de la relève, choisis par le comité d’artistes associés.

Des metteurs en scène du comité travailleront avec cette troupe tout au long de la saison prochaine. Mani Soleymanlou accompagnera la troupe pour une activité prévue pour le 4 mai 2020 dans le cadre des Salons de la découverte.

Pour plus d’infos ici

Lire aussi : Montréal : Revivre l’ambiance du XVIIIe siècle grandeur nature

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Cinéma

Le cinéma italien à l’affiche pendant la saison estivale

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Le Festival du Film Italien Contemporain (ICFF) sera de retour à Montréal cette année pour une nouvelle édition qui aura lieu du 13 au 21 juin 2019 dans plusieurs salles de la métropole.

Cette édition estivale marque le 7ème anniversaire du festival qui célèbre le cinéma italien dans les quatre coins du pays, à Toronto, Montréal, Québec, Vaughan, Ottawa, Hamilton et Vancouver.

Cette année la programmation présente des long-métrages dans les genres comédie, drame et horreur, des documentaires et des court-métrages.

Pour consulter la programmation à Montréal ici

Des projections en plein air

L’ICFF consacre un volet spécial à la Petite-Italie. Et ça sera à la belle étoile au parc Dante.

Le Ciné-Parc Dante se tient du 3 juillet jusqu’au 28 août et propose une large variété de films italiens. Les projections seront gratuites durant les neufs soirées cinéma à partir de 21h chaque mercredi soir.

Pour suivre l’actualité des projections ici

Lire aussi : La 2e édition des Laboratoires ouverts sur la diversité et les peuples autochtones présente Médée-Yaa

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