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Éducation

Sexualité : des cours obligatoires au primaire, à quel prix ?

Baba-Idriss FOFANA

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Après le dépôt du projet de loi numéro 151 visant à prévenir et à contrer les violences à caractère sexuel, sur les campus universitaires et collégiaux du Québec, par la ministre de l’Éducation supérieure et de la Condition féminine le 1er novembre, le ministre de l’Éducation nationale, Sébastien Proulx, est passé à une autre étape : l’instauration des cours d’éducation à la sexualité, dès le primaire.

La rentrée scolaire 2018-2019 annonce déjà les couleurs. Les apprentissages en éducation à la sexualité deviendront obligatoires pour tous, du primaire jusqu’à la cinquième année du secondaire à raison de 5 à 15 heures par année. L’annonce a été faite par le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, jeudi 14 décembre, lors du Forum sur les agressions et le harcèlement sexuels. « Il est important que les jeunes soient sensibilisés aux différents enjeux de notre société. Les relations interpersonnelles, l’égalité des sexes, les relations amoureuses, le respect et l’amitié sont des sujets abordés. Des formations et du soutien continueront d’être offerts aux équipes-écoles au cours des prochains mois. La collaboration et la mobilisation de tous les acteurs du milieu sont essentielles à une mise en œuvre, dès la rentrée scolaire 2018-2019 ».

« Pour changer les mentalités, il faut agir en amont »

Comme il fallait s’y attendre, cette décision a été saluée par le Conseil du statut de la femme (CSF). L’organisme gouvernemental de consultation et d’étude qui veille à promouvoir et à défendre les droits et les intérêts des Québécoises « considère important d’aborder auprès des élèves la sexualité sous l’angle des rapports égalitaires entre les filles et les garçons, dans une perspective non sexiste ». « Pour changer les mentalités, il faut agir en amont, dès la petite enfance, par l’éducation à l’égalité et à la sexualité », fait valoir Joanne Isabel, Adjointe exécutive au Bureau de la présidente du CSF, dans une entrevue avec Avant-Première.

Alors que certains parents émettent des réserves à l’idée de vouloir parler de sexualité à des tout-petits, le ministère de l’éducation croit savoir que les contenus seront adaptés à l’âge et au niveau de développement de l’élève. Expliquant que les contenus ont été élaborés notamment en collaboration avec des sexologues et des experts en pédagogie. « Je pense que parler de sexualité aux enfants est une bonne chose, mais ce serait mieux de s’adresser à ceux ou celles qui ont atteint leurs 10 ans, les éduqués de manière progressive et avec un vocabulaire très adapté à leurs âges», soutien Géraldine Busque, mère de famille.

« Non aux réseaux sociaux et émissions télé pervers ! »

Si l’éducation à la sexualité en milieu scolaire reste complémentaire au rôle que doivent jouer les parents auprès de leurs enfants, comme souligne le ministère de l’Éducation nationale ; pour sa part, Elvis S. Talling, pense que les réseaux sociaux et certaines émissions télé jouent aussi un rôle « un peu pervers » dans l’éducation des enfants. « Je suis ami avec les enfants d’un frère sur Facebook. Ils ont entre 6 et 10 ans. Cela est déplorable », confie ce père de trois enfants, visiblement heureux de l’instauration des cours sur la sexualité dès le primaire. « Donc, poursuit-il, la sexualité devrait un sujet de discussion entre parents et enfants et même entre enseignants et enfants, dès le primaire ou le secondaire, tout en abordant les dangers qui les guettes sur les réseaux sociaux et lorsqu’ils suivent ou s’abonnent à certaines émissions télévisuelles ».

Au dire de M. Talling, « déjà que la maman la plus jeune du monde est âgée de 9 ans, les parents ne devraient pas avoir une quelconque honte à parler de sexualité avec leurs enfants. Car, dira-t-il, « vu le nombre élevé de femmes victimes de harcèlement dans le monde suite à l’affaire Weinstein, il vaut mieux prévenir que guérir».

L’affaire Weinstein…

Parlant du scandale Weinstein qui a ébranlé l’industrie du cinéma américain, en octobre 2017, et fait tâche d’huile dans plusieurs pays, le Conseil du statut de la femme dit s’être prononcé ‘’très régulièrement’’ depuis sa création, sur les questions de violences faites aux femmes et aux filles, en recommandant d’agir dès l’enfance par l’éducation à l’égalité et à la sexualité à l’effet de prévenir. « Alors qu’un mouvement historique de dénonciation des violences sexuelles a cours depuis plusieurs semaines (#moiaussi), le Conseil réitère l’urgence d’agir collectivement pour mettre fin à ce fléau au Québec », précise Mme Isabel, saluant par ailleurs le projet de loi 151.

En attendant la rentrée 2018-2019 du côté du ministère de l’Éducation nationale pour le démarrage desdits cours au primaire, c’est le lieu de rappeler que le projet de loi 151 vise à faire obligation aux établissements d’enseignement supérieur et secondaire québécoise de se doter d’une politique de prévention et de lutte contre les violences à caractère sexuel, avant le 1er septembre 2019. Y aura-t-il collusion entre les deux ministères sur le terrain ? Nous y reviendrons.

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Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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Gestion parasitaire : un nouveau programme pour en finir avec les coquerelles et punaises de lit…

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Depuis quelques années, certaines problématiques relatives à la présence d’animaux et d’insectes nuisibles, notamment les punaises de lit, sont en croissance. Le nouveau programme d’études lancé par le ministère québécois de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur vise à former davantage de techniciennes et techniciens en gestion parasitaire.

Dans le but de répondre à un besoin de main-d’œuvre qualifiée en gestion parasitaire au Québec, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a approuvé un nouveau programme d’études menant à une attestation d’études professionnelles. Cette formation, élaborée par la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, devrait être offerte dès ce mois de janvier 2019 par l’ensemble des commissions scolaires de la province.

Pour une main-d’œuvre qualifiée en gestion parasitaire!

Selon le député de Montmorency, Jean-François Simard, qui en a fait l’annonce, le 8 janvier, l’approbation du nouveau programme d’études Intervention en gestion parasitaire, élaboré par la Commission scolaire des Premières-Seigneuries démontre que gouvernement Legault est à l’écoute des besoins du marché du travail. « Je suis heureux pour les élèves qui pourront le suivre, mais également pour les entreprises de la région, qui pourront bénéficier d’une main-d’œuvre qualifiée », a précisé l’élu de la Coalition avenir Québec.

« C’est en posant des gestes concrets (..) que nous pourrons répondre aux besoins grandissants de main‑d’œuvre dans ce secteur d’activité. »

– Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a souligné qu’avec ce nouveau programme d’études, le réseau des commissions scolaires, notamment la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, élargit son offre de services, au plus grand bénéfice des élèves, qui pourront assurément y trouver leur compte. « C’est en posant des gestes concrets comme celui-ci que nous pourrons répondre aux besoins grandissants de main‑d’œuvre dans ce secteur d’activité », a-t-il fait valoir.

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Au Québec, près de 800 personnes occupent un emploi de fumigateur ou fumigatrice ou de préposé ou préposée au contrôle de la vermine. « Avec un taux de roulement de 6,6 %, le besoin en main-d’œuvre est d’une cinquantaine de personnes à former par année pour cette classe d’emploi », indique-t-on dans le communiqué émanant du Cabinet du ministre Roberge.

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Éducation

À Montréal, des jeunes stigmatisés pour s’être exprimés en Inuktitut

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Cette histoire s’est passée dans un établissement publique de Montréal évoquant par conséquent le « génocide culturel » dont les premières nation ont été victimes durant le XXe siècle.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a décidé d’ouvrir une enquête concernant les services octroyés en protection de la jeunesse à des jeunes Inuit qui sont hébergés par le CIUSSS de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal, selon un communiqué publié ce vendredi, 21 décembre.

Qu’est ce qui s’est passé ?

L’initiative a été prise par la commission après avoir reçu des informations qui portent en outre sur l’utilisation de la langue Inuktitut.

Alors que le projet de la loi nationale sur les langues des Premières Nations, des Inuit et des Métis a commencé à se concrétiser en 2018, les mécanismes publics ne semblent pas prêts à lui emboîter le pas.

Les faits rapportés par la commission sont les suivants : « Des jeunes hébergés ne pourraient pas communiquer entre eux dans leur langue et certains jeunes auraient subi des représailles pour s’être exprimés en Inuktitut. De plus, à la suite de leur transfert du Nunavik à la région de Montréal, aucun travailleur social ne serait désigné aux jeunes à leur arrivée, sous prétexte qu’ils relèvent toujours du Directeur de la protection de la jeunesse du Nunavik. »

La commission croit de facto que ces jeunes « ont pu être lésés au sens de la Loi sur la protection de la jeunesse. » Elle enclenche de fait une enquête afin de vérifier si les droits de ces jeunes ont été bafoués. Si c’est bien le cas la commission promet de corriger la situation.

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Éducation

Garderie éducative : près de 1700 nouvelles places subventionnées à travers le Québec

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Dans le but de mieux répondre aux besoins des familles en matière de services de garde éducatifs à l’enfance, le ministère de la Famille veut aller de l’avant avec la création de 1 691 nouvelles places subventionnées en installation.

De ce nombre, 1 207 places seront créées dans les Centres de la petite enfance (CPE) et 484 places dans les garderies subventionnées. Ces nouvelles places seront réparties dans 19 territoires de bureaux coordonnateurs de la garde en milieu familial et onze régions du Québec. « La priorité de notre nouveau gouvernement est d’en faire plus pour les familles québécoises. Ainsi, nous développerons le réseau de services de garde éducatifs à l’enfance pour qu’il réponde adéquatement aux besoins des tout-petits et de leur famille », a annoncé Mathieu Lacombe, ministre de la Famille, lors d’une visite du CPE Au pays de Cornemuse.

Cette annonce fait suite à un appel de projets ciblé lancé dans le cadre de la démarche de révision de l’offre de services de garde éducatifs à l’enfance. Cet exercice visait, semble-t-il, à mieux répondre aux besoins identifiés sur des territoires en déficit de places et dans certains milieux défavorisés.

Un « premier pas » vers la réalisation des engagements de la CAQ?

Au dire du ministre Lacombe, « cette annonce n’est qu’un premier pas », puisque le gouvernement Legault s’est engagé à déployer des milliers de places afin de réaliser ses engagements en matière de service de garde éducatifs à l’enfance. « De concert avec nos partenaires, nous travaillons également à promouvoir la qualité des services de garde éducatifs à l’enfance afin qu’au Québec, chaque enfant puisse développer son plein potentiel », a ajouté Mathieu Lacombe.

Rappelons que la démarche de révision de l’offre de services de garde éducatifs à l’enfance a été amorcée en 2017 par le ministère de la Famille, sous le gouvernement libéral. Elle vise principalement à assurer la pérennité du réseau et à mieux répondre aux besoins de garde des parents dans l’ensemble des régions du Québec.

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