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Spéculation: Impeachment contre Trump en 2018 ?

Saoud Maherzi

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Beaucoup en rêvent depuis son élection. Une procédure d’Impeachment contre Donald Trump serait-elle possible en 2018 ?

La procédure d’Impeachment qui permet de destituer les hauts fonctionnaires américains est décrite comme suit dans l’article II de la constitution américaine : « Le président, le vice-président et tous les fonctionnaires civils des États-Unis seront destitués de leurs charges sur mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs. »

Les pratiques qui justifient une procédure de destitution ne sont pas forcément illégales, mais constituent surtout une faute grave vis-à-vis des hautes institutions du pays, les décrédibilisent, ou les fragilisent.

Dans le cas de Donald Trump, l’enquête concernant les liens de sa campagne et de figures importantes de son administration avec les autorités russes semble être la voie promise à tous ses détracteurs. Soit à travers les liens directs avec les russes, soit à travers les différentes actions entreprises dans le cadre de ces liens (comme le licenciement de l’ex-directeur du FBI, James Comey). Bien que la collusion reprochée aux proches du président ne soit pas un crime, elle peut au final, selon les résultats du procureur spécial Mueller, constituer une charge assez grave pour déclencher une procédure d’Impeachment.

Les États-Unis considèrent depuis des années la Russie comme un adversaire et ont même voté des sanctions contre ce pays. S’il s’avère que l’actuel président est arrivé au pouvoir avec le soutien des Russes en promettant, par exemple, un allègement des sanctions ou un changement de cap de la politique américaine vis-à-vis de la Russie, cela pourrait représenter une forme de trahison pour le Congrès américain. Sans oublier les potentielles accusations d’obstruction à la justice dans l’affaire Comey.

Une chose est sûre : une destitution, si elle a lieu, ne pourrait se faire qu’avec le concours des Républicains. La procédure d’Impeachment est en effet votée par la Chambre des Représentants, puis présentée au sénat pour procès. La Chambre est dominée par les Républicains et, même s’ils perdent la majorité au sénat, leur participation serait nécessaire au vote de destitution s’il a lieu, puisqu’il nécessite une majorité des deux tiers pour passer.

Par conséquent, il faut que l’enquête ressorte avec des accusations d’activités, illégales ou non, si fermes que les Républicains adhèrent à la procédure et la portent également. Étant donné d’une part l’hostilité des républicains envers la Russie, et de l’autre l’aversion refoulée qu’ils peuvent ressentir à l’encontre de Trump, – un homme qui s’est emparé de la nomination républicaine contre l’avis des pontes du parti – cela ne semble pas impossible. Surtout que les républicains pourraient se dédouaner ainsi de toute responsabilité quant aux agissements du président et de sa campagne tout en préservant le pouvoir avec Mike Pence qui, bien qu’étant du conservatisme dur, reste un politicien de carrière fidèle au parti.

Pour l’instant, l’engouement que suscite Trump auprès de la base de l’électorat républicain semble empêcher toute action de la sorte contre le président américain.

Mais peut-être n’est ce qu’une passade.

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Diplômé de HEC Montréal, Saoud a écrit depuis 2013 dans divers médias. Il dédie le plus clair de son temps libre à la lecture, l’écriture et à la boxe trouvant une cohérence dans l'unité de ces activités. "Find what you love and let it kill you" - Bukowski

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Chroniques

Trump vs Trudeau, bravo capitaine Canada

Baba-Idriss FOFANA

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canoe.ca

Même si tu n’aimes pas le lièvre, reconnais au moins qu’il court vite. C’est tout comme Justin Trudeau, face à un Donald Trump. Le numéro 1 Canadien a frappé là où ça fait plus mal lors du Sommet du G7 à La Malbaie. Une contre-offensive, appréciée au pays, qui va certainement donner des points au fils de Pierre Elliott Trudeau.

On sort d’une bouillante fin de semaine. En cause, Donald Trump s’est virevolté face à des propos qu’aurait tenu Justin Trudeau après son départ précipité du Sommet du G7, samedi 9 juin, à Charlevoix au Québec. Le président américain [qui se trouvait à bord d’Air Force One, en route vers Singapour], a donc fait un retournement de situation en annonçant le retrait de son soutien à la déclaration commune du G7. On peut en déduire que ce rassemblement de 48 heures a finalement accouché d’une souris. Qu’à cela ne tienne!

De toute évidence ce G7 présageait des tensions après l’imposition des barrières tarifaires par l’administration Trump, une semaine avant. Le premier ministre Trudeau qui n’avait pas digéré l’argument de « menace à la sécurité nationale » avancé par Washington avait bien avant refusé de se rendre aux États-Unis pour participer à une rencontre. Jugeant que la clause crépusculaire souhaitée par les Américains n’avait pas de sens, M. Trudeau attendait M. Trump, au Québec, pour lui dire de vive voix que la politique commerciale protectionniste qu’il veut imprimer sera désastreuse et pour les États-Unis et pour le Canada.

Trump était fier de Trudeau pendant le Sommet !

Or, les choses se sont bien déroulées entre Trudeau et Trump pour le peu de temps que les deux hommes ont passé [ensemble] lors de ce Sommet. Ils ont même eu un tête-à-tête d’une quinzaine de minutes au premier jour de la rencontre. Cela a été l’occasion pour le numéro 1 Canadien dire ce qu’il avait envie de dire à son invité en ce qui concerne la question tarifaire et l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Malgré tout, le président américain n’a pas manqué d’éloge à l’endroit du premier ministre canadien. En conférence de presse, le patron de la Maison-Blanche avait félicité son hôte qui présidait le G7, allant jusqu’à lui donner une « bonne note ».

À ce stade, on croyait que tout était beau jusqu’à la sortie du communiqué final le lendemain, puisque tout le Groupe des 7 était unanime sur les 7 grands points adoptés au cours du Sommet. Ceux qui avaient parié sur l’échec de ce sommet, au début, étaient un peu surpris à la fin. Mais, il a fallu des « interprétations de mots » côté américain pour que le ‘’petit succès’’ du G7 se transforme en un ‘’grand échec’’[c’est selon].

Un des conseillers en économie de Donald Trump a cru bon de dire que Justin Trudeau venait de les « poignarder dans le dos », quand le premier ministre canadien tenait sa conférence à la fin de la rencontre. En fait, il n’y avait rien de nouveau sous le soleil, puisque M. Trudeau n’a fait que réitérer les mêmes propos qu’il tenait bien avant le Sommet, à savoir qu’il juge « insultante » la raison invoquée par Washington pour justifier des tarifs de 10% et de 25% sur les métaux canadiens, soit la « sécurité nationale ».

Et pour finir, le président américain est lui-même revenu à la charge, avec un tweet enflammé, sur son réseau social préféré. « Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a agi de façon si docile et si douce pendant notre rencontre du G7 […] pour dire ensuite qu’il ne se laisserait pas bousculer. Très malhonnête et faible », a écrit Donald Trump, samedi 9 juin, sur Twitter.

Ces propos ‘’très durs’’ du président américain à l’endroit du premier ministre canadien, ont suscité des indignations ailleurs comme au Canada. Certains politiciens ont même dénoncé « l’obsession » de Donald Trump vis-à-vis de la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis, quand plusieurs chefs de partis d’opposition canadiens se sont rangés du côté de Trudeau.

Au fond, c’est le premier ministre canadien qui sort ‘’grand gagnant’’ dans cette histoire. Donald Trump a démontré aux yeux du monde qu’il gouverne les États-Unis avec ses émotions. Et Justin Trudeau a prouvé qu’il n’avait pas ‘’froid aux yeux’’ face à lui et qu’il était capable de défendre les intérêts du Canada jusqu’au bout. C’est aussi ça, le rôle d’un bon capitaine.

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canoe.ca
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Super Gassa-man : les mots manquent, tu nous as séduis !

Baba-Idriss FOFANA

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Entretien entre le président français et Mamoudou Gassama, lundi 28 mai, à l'Élysée. Photo: Facebook Emmanuel Macron

Pour sauver un enfant de quatre ans, Mamoudou Gassama, ce jeune Malien de 22 ans, arrivé en France en septembre dernier, était prêt à donner sa vie. En plus de ses muscles, il lui a fallu de l’amour, de la détermination pour pouvoir réaliser le geste héroïque du samedi 26 mai à Paris. Et c’est ce qui manquent de plus en plus dans ce monde où chacun s’isole, devient méchant et antipathique à la fin.

La vidéo a fait le tour du monde en un temps record dimanche 27 mai. Pourtant, la scène s’est déroulée un samedi sur Rue Marx Dormoy dans le 18è arrondissement à Paris. L’acte héroïque du jeune Gassama était presque passé inaperçu, car aucun média n’en avait fait cas le jour-j. Heureusement, oui il faut le dire ainsi, il y a un dieu pour les pauvres. Et pour couronner avec l’adage qui dit “le bienfait n’est jamais perdu”, quelqu’un a eu le réflexe de filmer la scène avant que la France et le monde entier ne sache que le Spider-man existe en vrai.

Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise !

Oui! Visionnez et revisionner la vidéo, ça sort de l’ordinaire. On voit un enfant accroché au balcon au 4è étage d’un immeuble. On entend des cris de partout, des bruits de klaxon, une certaine panique. Malgré la scène effroyable et ne pouvant contenir son émotion, un jeune homme sort de la foule et prend d’assaut l’immeuble. En 30 secondes, il réussit a escaladé à mains nues le bâtiment et parvient à extraire le bambin du danger sous des applaudissements.

Pourquoi Mamoudou Gassama a-t-il risqué sa vie pour sauver quelqu’un qu’il ne connaît pas ? Sachant qu’il est un sans-papier ou clandestin (c’est selon), qui a quitté son Mali natal pour aller se chercher [comme on le dit dans le jargon des aventuriers africains] derrière l’eau ou en occident. Le jeune homme de 22 ans n’avait pas droit à l’erreur en France. Surtout dans un pays où il est en situation irrégulière, toute sa famille compte sur lui.  Aller risquer sa vie en escaladant des balcons, à plusieurs niveaux, sans aucune forme de protection contre une chute, cela demande beaucoup de courage mais plus d’amour envers autrui. Et cette empathie, le “jeune courage” l’a exprimé en disant qu’il ne voulait pas que quelque chose arrive à cet enfant. 

Mamoudou Gassama = Super-héros

Certains diront que l’acte posé par Gassama est tout simplement un beau geste humain qui ne demandait pas de mettre en avant son statut de sans-papier aux fins de récupération politique. C’est sûr que les hommes politiques ou certains politiciens profitent toujours de certaines situations pour se donner de la côte. Mais le fait d’être reçu par le président de la République, qui décide de lui accorder la citoyenneté française [après la régularisation de son statut], en plus le travail de sapeur-pompier, Mamoudou Gassama n’aurait pas demander mieux que ça. Ce geste républicain n’a rien d’une récupération politique. Au contraire, ça ressemble plus à une reconnaissance de la Nation à l’endroit d’un individu qui a fait preuve de bravoure en sauvant une vie fragile.

D’autres diront que chaque jour des pompiers jouent gros pour sauver des vies. Effectivement, c’est vrai mais le jeune Gassama n’a jamais été pompier dans sa vie. Il l’a lui-même dit sur des plateaux de télévision française que « c’est la première fois d’escalader un mur ». D’ailleurs, on pourrait dire aussi que si c’étaient des pompiers, ils auraient réfléchi un peu comment procéder pour atteindre l’enfant soit en passant par les escaliers pour fracasser la porte ou en posant une échelle de secours. Et tout ça se serait fait en combien de temps? Or, l’acte spontané du jeune Gassama a payé puisqu’il n’a pas fait de calcul en se jetant à l’eau. Sous le regard de toute une foule émotive au bas de l’immeuble [regardant l’enfant sans être capable de réagir], il a pris son courage à deux mains, il s’est fixé un objectif : celui de sauver un enfant. En le faisant, il ne s’attendait certainement pas à une telle reconnaissance sur les médias sociaux, les médias traditionnels et de la part des autorités françaises et celles de son pays d’origine.

Qui ne risque rien n’a rien !

Faut il le rappeler, le jeune Gassama a quitté le Mali en 2013 pour rejoindre l’Italie par bateau en passant par la Libye avant d’atterrir dans l’ombre en France en septembre 2017. Il en a donc vu des vertes et des pas mûres. Mais, aujourd’hui, grâce à son humanisme et à son audace, le sans-papier est célébré en tant qu’un héros sous les feux des projecteurs à l’invitation du président Emmanuel Macron au palais de l’Élysée. Comme quoi, qui ne risque rien n’aura jamais rien. Il faut savoir oser !

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Entretien entre le président français et Mamoudou Gassama, lundi 28 mai, à l'Élysée. Photo: Facebook Emmanuel Macron
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Le droit d’importuner !

Saoud Maherzi

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Photo libre de droit

Se moquer des noirs, des juifs, des arabes, avoir des positions fondamentalement de droite, être religieux, être nationaliste, revendiquer les valeurs d’un pays. Parler avec rudesse, vulgarité, ne pas considérer les susceptibilités des uns et des autres en se positionnant dans le débat public. Écrire des articles remettant en question l’Islam, ou toute religion, faire un spectacle qui ridiculise la culture du viol. Revendiquer le droit à une identité, critiquer le multiculturalisme.

Il ne s’agit pas d’être d’accord avec ces actions, il ne s’agit pas de les avaliser. Il s’agit de leur laisser une place dans l’espace public. C’est la liberté d’expression de chacun d’exposer sa pensée, d’exprimer son art, quelque soit sa position, quelque soit le message.

La nouvelle gauche militante – héritière des mouvements sociaux des années 1960 (Mai 68, Woodstock, mobilisation étudiante contre la guerre du Vietnam, etc.) et de leurs implications idéologiques et philosophiques – a adopté de nouvelles méthodes dans sa lutte. Il s’agit de l’attaque de toute expression intellectuelle, journalistique, politique, artistique ou populaire d’une position qui déroge à la sienne. Elle appelle au boycott : à la censure : à l’annulation de spectacle, de conférence, de publication ; et utilise même parfois la violence ou l’intimidation pour empêcher qu’une personne ou un groupe de personnes ne s’expriment. Elle impose que certains mots soient bannis, que d’autres soient utilisés. Tout cela au nom du Bien supposé de sa doctrine. Il suffit de lire George Orwell pour comprendre les conséquences de cette police de la pensée citoyenne. ‘’Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort’’ (1984).

Un récent reportage de Radio Canada, à propos de la liberté d’expression sur les campus, a montré à quel point cette idéologie est présente et fait loi dans les universités. Là où les débats sont censés former la jeunesse, la développer humainement et intellectuellement, le politiquement correct impose le silence et le délit de parole.

Les groupes qui revendiquent la lutte contre le fascisme, contre la haine, pour les droits humains ont cessé de débattre et préfèrent faire taire. Ce n’est ni juste, ni intelligent.

Chacun a le droit de poser des paroles, d’exprimer une position qui dérange. C’est un droit que d’importuner?.  

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