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Tarifs douaniers américains : le coup de grâce de Donald Trump

Baba-Idriss FOFANA

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De la volonté des États-Unis d’imposer des tarifs douaniers sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, du Mexique et des 28 pays membres de l’Union européenne, se dirige-t-on vers une nouvelle guerre commerciale? En tout cas, la plupart des pays visés par la taxation américaine se sont mis en ordre de bataille aussitôt après l’annonce de Washington.

Donald Trump a finalement mis sa menace en exécution ce jeudi 31 mai. Elle entre d’ailleurs en vigueur à compter de minuit. Désormais, jusqu’à nouvel ordre, les tarifs douaniers sur l’aluminium seront de 25 % et 10 % pour l’acier canadien.

Le Canada imposera des surtaxes de 16 milliards $

Le gouvernement Trudeau a vite apporté la réplique. « Le Canada entend imposer des surtaxes, ou d’autres mesures similaires visant à restreindre le commerce, sur des importations d’acier, d’aluminium et d’autres produits provenant des États-Unis, et ce, à un montant allant jusqu’à 16,6 milliards de dollars canadiens », a rétorqué la ministre des Affaires étrangères canadienne, Chrystia Freeland, soulignant que « ce montant représente le total des exportations canadiennes d’acier et d’aluminium vers les États-Unis en 2017 ».

Le gouvernement du Canada est convaincu que les valeurs que nous partageons, notre proximité géographique et nos intérêts communs l’emporteront sur le protectionnisme. – Justin Trudeau

L’Union européenne n’est pas en reste. L’association politico-économique des 28 pays de l’union annonce à son tour qu’elle va taxer plusieurs produits américains notamment Harley-Davidson, Bourbon, les jeans Levi’s etc… « C’est un mauvais jour pour le commerce. L’Union européenne ne peut pas rester sans réagir. Ce que les États-Unis peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose », a mis en garde le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, tout en annonçant un recours devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

En mars, le FMI laissait entendre qu’une hausse de 10 % des tarifs douaniers américains suivie de représailles conduirait à une contraction du commerce mondial de 1 point et à une perte de 0,5 point pour le PIB mondial au bout de 2 ans.

La Maison-Blanche avait indiqué, en mars, que la hausse des tarifs douaniers américains serait examinée au cas par cas pour chaque pays, avec la possibilité d’exemptions, en tenant compte de critères liés à la sécurité nationale. Cela avait permis au Canada et au Mexique de bénéficier d’une période d’exemption de 30 jours, renouvelable selon les progrès effectués dans la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Mais depuis jeudi 31 mai, le président Donald Trump a décidé de ne pas renouveler l’exemption.

À qui profite la guerre ?

L’administration Trump continue d’invoquer l’argument de la sécurité nationale pour justifier l’imposition des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium. Pour le premier ministre Justin Trudeau, il est impensable que l’on puisse considérer le Canada comme étant une menace à la sécurité des États-Unis. « Ces tarifs douaniers nuiront aux industries et aux travailleurs des deux côtés de la frontière canado-américaine et perturberont les chaînes d’approvisionnement qui ont rendu de l’acier et de l’aluminium nord-américains plus compétitifs à travers le monde », a-t-il prévenu, jeudi, dans une déclaration.

Les conséquences s’annoncent désastreuses pour l’économie mexicaine. Le Mexique a pour principal partenaire commercial les États-Unis, en plus d’être le principal acheteur d’aluminium américain et le second acheteur d’acier américain.

Alors que le Canada annonce l’imposition de surtaxes d’environ 16,6 milliards de dollars sur des produits américains de la part du Canada, les économistes soutiennent que la sanction américaine risque d’avoir de lourdes répercussions sur le pays. D’autant plus que le Canada reste le premier partenaire commercial et le premier fournisseur d’acier et d’aluminium des Etats-Unis.

Même son de cloche pour les 28 pays de l’Union européenne. Ces derniers ne seraient pas non plus les grands gagnants d’une éventuelle guerre économique face aux États-Unis. Dans ce scénario catastrophe, les pertes potentielles pour l’UE seraient dans l’ordre de 2,5 milliards de dollars. Pourtant en 2017, l’Union européenne (UE) a exporté pour 5,3 milliards de dollars (4,3 milliards d’euros) d’acier et 1,3 milliard de dollars d’aluminium vers les Etats-Unis.

À lire aussi : Trump vs Trudeau, bravo capitaine Canada

Une chose est sûre, ces représailles pourraient mener à une guerre commerciale qui pèserait sur la croissance mondiale comme le souligne le FMI avec la perte de milliers d’emplois et une montée en puissance du chômage dans des secteurs d’activités. Mais y aura-t-il négociation ou renégociation avec un président des États-Unis qui se montre de plus en plus intransigeant ? Seul un tweet de Donald Trump pourrait délivrer le monde.

À lire aussi : AEUMC : que gagne le Québec dans le nouvel accord commercial nord-américain 

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Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

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« L’appel à lâcher prise », la nouvelle vitrine du tourisme québécois

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Le Québec est riche de destinations culturelles et naturelles que le spectateur découvrira très prochainement à travers une nouvelle série dont la bande sonore sera sublimée par la voix de Charlotte Cardin.

La nouvelle série nommée « L’appel à lâcher prise » mettra en valeur le Québec comme destination touristique. Il s’agit du nouveau projet promotionnel de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec.

La série présente 8 épisodes de 3 à 5 minutes qui mettent en vedette 2 duos de voyageurs au Québec. Les 4 premiers épisodes présentent les échappées des deux globetrotters français Alex Vizéo et Steven Herteleer. Sandra Rodriguez et sa fille Paola Franqui racontent leurs aventures au Québec dans les quatre épisodes qui suivent. À l’automne prochain, l’acteur et blogueur mexicain, Alan Estrada fera découvrir ce que recèle la province pour les voyageurs de l’hiver.

En plus de faire connaître les acteurs de l’industrie, appelés par l’alliance les originaux, le but de cette campagne est de promouvoir le Québec comme destination de bien-être et de découvertes émotives. D’où le titre de la série.

« Le Québec n’est pas une simple destination : c’est une invitation à lâcher prise et à se reconnecter à ce qui compte vraiment », dépeint Martin Soucy, président de l’alliance.

Présenté par la plateforme Québec Original, le premier épisode sortira ce vendredi, 18 janvier. Tous les épisodes seront en ligne sur la chaîne YouTube de Québec Original, dès le 6 mars prochain.

Lire aussi : 2030 : Les défis économiques du tourisme canadien

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La rue Saint-Paul Est et le boulevard Pie-IX feront peau neuve

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La rue Saint-Paul Est et le boulevard Pie-IX profiteront d’un programme de revitalisation des secteurs commerciaux. Suite à des études stratégiques, les bâtiments commerciaux feront peau neuve.

Dans le cadre du programme Artère en transformation, deux secteurs de la rue Saint-Paul Est et le boulevard Pie-IX, bénéficieront de soutiens stratégique et financier de la Ville de Montréal.

Les deux secteurs en question sont :

  • La rue Saint-Paul Est, entre la Place Jacques-Cartier et le boulevard Saint-Laurent
  • Le boulevard Pie IX, entre la rue J-B-Martineau et le boulevard Henri-Bourassa Est

Ce mercredi, 16 janvier, Valérie Plante, la mairesse de Montréal, a annoncé que ces artères seront dotées d’enveloppes budgétaires et d’études stratégiques dans le but de les revamper.  

Pour ce faire la rue Saint-Paul Est et le boulevard Pie IX bénéficieront, respectivement, de soutiens financiers qui s’élèvent à 482 000 $ et 846 000 $.

Après les phases d’études, les artères pourront profiter « d’un programme de subvention à la rénovation des bâtiments commerciaux pouvant aller jusqu’à 260 000$ par immeuble », peut-on lire dans le communiqué de la Ville de Montréal.

« Cet appui financier majeur permettra à la rue Saint-Paul et au boulevard Pie-IX de limiter l’impact des chantiers majeurs qui s’y déroulent, de maintenir leur dynamisme pendant la durée des travaux, et d’accélérer la relance une fois qu’ils seront complétés. » Robert Beaudry, responsable du développement économique et commercial.

Lire aussi : L’immobilier à Montréal : une hausse significative de 5% en 2018

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Registre des armes à feu : face à la pression, des élues québécoises brisent le silence

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Alors que les propriétaires de carabines et de fusils de chasse non restreints au registre des armes à feu ont jusqu’au 29 janvier 2019 pour l’immatriculation, seulement un peu plus de 305 000 carabines auraient été enregistrées sur 1,6 million en circulation au Québec.

À quelques jours de la date butoir d’inscription des propriétaires de carabines et de fusils de chasse non restreints au registre des armes à feu, la députée de l’Acadie, Christine St-Pierre, a invité le gouvernement dirigé par François Legault à sensibiliser davantage les propriétaires à l’importance d’enregistrer leurs armes. « J’ai une profonde pensée pour toutes les familles des victimes de drames impliquant des armes à feu. Trop peu de propriétaires ont actuellement enregistré leurs armes au registre », a déclaré mardi 15 janvier, Mme St-Pierre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique.

Legault et Guilbault doivent faire abstraction des pressions…

Selon la députée libérale, le premier ministre François Legault, et la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault, doivent dès maintenant faire abstraction des pressions et mettre sur pied une grande campagne de sensibilisation pour informer les propriétaires de la raison d’être de ce registre.

Une amende de 500 à 5000 dollars est prévue pour les récalcitrants et peut même être doublée en cas de récidive.

Lancé le 29 janvier 2018, suite à l’entrée en vigueur d’une nouvelle législation au Québec, le registre des armes à feu suscite moins d’engouement mais plutôt de la grogne chez beaucoup de propriétaires de carabines et de fusils de chasse. Au récent Salon de l’arme et du Militaria de Longueuil, certains n’ont pas manqué de dire vertement leur opposition à l’immatriculation de leurs armes.

Mme Lessard-Therrien invite les Québécois à suivre son exemple

Mais, la députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien ne s’inscrit pas dans le sens du boycott prôné par le lobby pro-armes. L’élue incite plutôt les citoyens à inscrire leurs armes au Registre québécois des armes à feu.


Après avoir fait enregistrer, elle-même, ses deux carabines, Mme Lessard-Therrien a fait un live Facebook, lundi 14 janvier, pour « inviter ses collègues députés à donner l’exemple. « Enregistrer les armes à feu, c’est normal et rapide (15 minutes!). Après tout, on fait bien immatriculer nos voitures, pourquoi pas les armes? Comme je possède une arme pour la chasse, j’ai procédé à l’enregistrement sur le site du gouvernement: https://siaf.gouv.qc.ca/. (..) J’invite les collègues députés qui vont à la chasse ou qui pratiquent le tir sportif à donner l’exemple en invitant les citoyens et citoyennes à faire enregistrer leurs armes », a encouragé Émilise Lessard-Therrien.

Selon le dernier rapport de PolySeSouvient, le collectif des étudiants et diplômés de Polytechnique pour le contrôle des armes, 78% des Québécois ont dit oui à l’application intégrale de la Loi sur l’immatriculation des armes à feu. Cette loi oblige toute personne établie dans la province à immatriculer ses armes à feu dans un délai de 45 jours.

À lire aussi : La Loi sur l’immatriculation des armes à feu, la majorité des Québécois sont pour

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