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Technologies et tabous : les geeks ont-ils fait leur révolution sexuelle ?

Hanen Hattab

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Deux questions s’imposent avant d’entamer cet article : les technologies doivent-elles être évaluées notamment en fonction des mœurs sexuelles ? Sur quels critères les professionnels doivent-ils de fait se baser ?

Une innovation jugée immorale au CES 2019

Le traitement qu’a subi la jeune entreprise en démarrage Lora DiCarlo, fondée et dirigée par Lora Haddock, invite à interroger l’évaluation éthique et l’inclusivité dans un domaine qui serait, paraît-il, la forteresse silencieuse des boys club.

Au cœur de cette histoire un sex toy qui s’appelle Osé. Après avoir été choisi, les organisateurs d’un événement technologique d’envergure internationale l’ont retiré parce qu’il n’était pas conforme aux règles. Le jouet sexuel, créé par Lora DiCarlo, a été disqualifié et jugé obscène et indécent. Pourtant Mme Haddock fait remarquer qu’ il y avait dans le cadre de cette sélection d’autres produits destinés à la santé et l’usage sexuels.

L’équipe de Lora DiCarlo avait célébré pour rien la sélection de son nouveau-né Osé dans la catégorie Robotique et Drones du Consumer Electronics Show (CES) innovation Awards.

Dans la lettre d’indignation intitulée We Won a CES Robotics Innovation Award Then they took it back, postée sur le site web de l’entreprise, la dirigeante allègue qu’il s’agit d’une discrimination fondée sur le genre. Il est important d’abord de souligner que Lora DiCarlo est à majorité féminine et a pour but de créer des produits sexuels technologiques inclusifs. D’autre part l’entreprise présente Osé comme étant le premier jouet sexuel mains-libres multi-orgasmes qui a recours à l’Intelligence Artificielle et une innovation robotique.

Osé. Ils ont osé ailleurs

Les membres de la Consumer Technology Association, qui font partie du jury, ont affirmé que le sex toy n’est pas conforme à la catégorie en question, mentionnant aussi que les produits immoraux ne correspondent pas à leur image et sont de facto disqualifiés.

Une question vieille de quelques siècles mérite d’être posée à la lumière des arguments du jury : Qu’est ce qu’un robot ? Ce n’est pas une mince tâche car le domaine évolue très rapidement et plusieurs objets et services rentrent dans cette typologie.

Pour faire simple, le livre Robots, genèse d’un peuple artificiel (2005) définit le robot comme étant « Un superordinateur logé dans un corps mobile, capable de fonder ses actions de manière raisonnée sur ce qu’il perçoit du monde extérieur »

Si le jouet Osé semble d’un point de vue profane répondre à la description d’un robot, le processus de sélection du jury pouvant inclure des critères liés à l’innovation reste méconnu.

Tabous et genre :
Deux poids, deux mesures

La question éthique posée par le jury est battue en brèche par Mme Haddock qui dénonce le deux poids deux mesures. Elle rappelle dans sa lettre qu’une entreprise de pornographie RV avait exposé une poupée sexuelle pour hommes lors du CES 2018. « Le CES et la CTA ont une longue histoire documentée de préjugés sexistes et de misogynie, à l’instar de l’industrie des technologies de l’information dans son ensemble », a-t-elle critiqué.

L’article du magazine technologique The Verge titré For the second year in a row, CES won’t feature any female keynote speakers (Updated) illustre les propos de Mme Haddock.

Pour résumer l’incident révèle la discrimination d’un jouet sexuel pour femmes créées par des femmes. À l’ère des drones tueurs et des citoyens fichés par les caméras publiques, en plus du vaste sujet sur l’éthique et l’intelligence artificielle le petit incident du sex toy Osé pose les épineux problèmes de la rationalisation et la priorisation des valeurs morales.

Lire aussi : CES 2019 : FlexPai, le premier cellulaire pliable au monde

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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HighTech

David Saint-Jacques a battu le record de temps passé dans l’espace par un Canadien

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La capsule Soyouz qui transportait l’astronaute David Saint-Jacques, 49 ans, a atterrit dans les steppes du Kazakhstan à 22 h 47 (HE) le 24 juin (8 h 47 le 25 juin, heure locale du Kazakhstan). Cet événement marque la fin de la plus longue mission spatiale pour un astronaute canadien, selon l’Agence spatiale canadienne (ASC).

L’astronaute américaine Anne McClain, le Canadien David Saint-Jacques et le Russe Oleg Kononenko sont revenus sur Terre ce mardi, 25 juin, après une mission qui a duré 204 jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

David a détrôné ainsi son compatriote Robert Thirsk qui a passé 187 jours dans l’espace.

Le dernier tour de la Terre a déclenché une nostalgie à rebours chez David.

« La Colombie-Britannique et le Nunavik… La vue de ces paysages canadiens grandioses me manquera! », a tweeté l’astronaute québécois en contemplant pour la dernière fois le Canada à partir de l’ISS.

Un séjour riche en expériences

Durant ce séjour qui a débuté le 3 décembre 2018 et s’est achevé le 24 juin 2019, David a effectué des expériences scientifiques et des démonstrations technologiques pour le Canada et d’autres pays. Il a appuyé les activités de maintenance de la Station et les opérations essentielles, dont l’utilisation du Canadarm2 pour attraper un vaisseau-cargo, une première pour un astronaute de l’ASC.

L’astronaute québécois a aussi interagit avec ses compatriotes à l’occasion de plusieurs événements, en outre l’annonce officielle de la participation du Canada au nouveau chapitre de l’exploration de la Lune.

Lire aussi : David Saint-Jacques lance un livre pour enfants depuis l’espace

« Cette expérience formidable a changé pour toujours ma perspective sur notre planète, si belle et si fragile, et sur ce que l’humanité est capable d’accomplir quand tout le monde travaille ensemble. C’est un honneur pour moi d’avoir eu la possibilité de vivre cette aventure et de la faire partager avec les Canadiens et le monde entier », a déclaré David.

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Économie

Desjardins : les données personnelles de près de 3 millions de clients volées par un employé

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Le Mouvement Desjardins a été victime d’une fuite de données personnelles de 2,9 millions de membres personnels et corporatifs. Selon certaines informations, il y aurait un risque de vol d’identité des 40 % de clients touchés. Il s’agit notamment des noms, prénoms, dates de naissance, numéros d’assurance sociale, adresses, numéros de téléphone, courriels ainsi que d’autres renseignements portant sur les « habitudes transactionnelles ».

Le pirate à l’origine de la fuite serait un employé, un spécialiste des données, au Mouvement Desjardins. L’employé malveillant a été congédié et le stratagème qu’il aurait mis au point a été démantelé, a rassuré en conférence de presse ce jeudi, Guy Cormier, président et chef de la direction de Desjardins.

Une « situation très sérieuse », selon l’AMF!

Après en avoir été informée, l’Autorité des marchés financiers (AMF) dit s’être « rapidement enquise » des impacts potentiels de la situation et des mesures déployées par Desjardins afin d’y répondre efficacement. « L’Autorité a été rapidement avisée de l’incident tôt après sa découverte par Desjardins. L’Autorité est satisfaite des gestes posés jusqu’ici par Desjardins afin de protéger l’intérêt de ses membres et leurs actifs. Elle demeure confiante que les dirigeants de l’institution ont pris la situation en charge avec la rigueur, la transparence et la célérité que commande la situation, et que la collaboration offerte aux autorités policières est pleine et entière », a déclaré l’AMF dans un communiqué.

L’Autorité rappelle que le Mouvement Desjardins communiquera individuellement avec les membres affectés par la fuite et que des informations générales sur la situation sont disponibles sur le site Internet dédié au www.desjardins.com/renseignements-personnels.

Si l’AMF souligne qu’il s’agit d’une « situation très sérieuse », qu’elle suit de près. En raison de l’obligation légale de confidentialité à l’égard de ses travaux de surveillance prudentielle et des enquêtes policières toujours en cours, l’Autorité précise qu’elle n’émettra pas d’autres commentaires sur cette situation. « Cet incident majeur qui frappe aujourd’hui le Mouvement Desjardins met en perspective le risque omniprésent qui pèse désormais sur toutes les organisations en matière de risques liés à la sécurité de l’information », a-t-elle prévenu.

Les clients de Desjardins seront remboursés si…

Ainsi, l’Autorité insiste auprès des institutions financières qu’elle encadre sur l’importance que celles-ci évaluent adéquatement les risques associés à leurs technologies de l’information et qu’elles renforcent les mesures touchant la protection des renseignements personnels et la cybersécurité. « L’Autorité s’est donc assurée que Desjardins avait déployé immédiatement les mesures de renforcement additionnelles requises à la lumière de la faille découverte dans le cadre de cet incident », nous dit-on.

Le Mouvement Desjardins affirme que le nombre de fraudes répertoriées dans son réseau n’a pas augmenté depuis le vol. Il assure néanmoins qu’« advenant une perte financière liée à cette situation, les membres et les clients touchés seront remboursés ».

À lire : Fraude financière : Trois millions dollars ont été soutirés aux Québécois en 2018

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Politique provinciale

Transformation numérique gouvernementale : vers des services publics adaptés à la réalité d’aujourd’hui… au Québec

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Le ministre québécois délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, a dévoilé aujourd’hui, lundi 3 juin, la Stratégie de transformation numérique gouvernementale 2019-2023. Celle-ci vise non seulement à offrir des services publics plus intuitifs et faciles d’utilisation pour la population du Québec, mais également à améliorer l’efficience de l’État.

Pour le public, la transformation numérique de l’État signifiera moins d’attente et d’incertitude, moins d’heures passées au téléphone, moins de paperasse et de démarches compliquées, et plus besoin de fournir à répétition les mêmes informations à chaque intervenant gouvernemental; tout cela en ligne, de manière sécuritaire.

« Il était grandement temps que le gouvernement du Québec se dote d’une stratégie complète, forte et porteuse en numérique, avec des indicateurs précis, mesurables et quantifiables; une stratégie qui vise enfin à mettre en place les outils nécessaires pour offrir à la population les bons services de manière adéquate. Je suis particulièrement fier de présenter le travail accompli, au cours des sept derniers mois, et ce qui constitue les prémices de l’administration publique de demain », a soutenu Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale.

6 ambitions qui comportent des cibles porteuses de changement…

La Stratégie présente six grandes ambitions qui comportent des cibles porteuses de changement et qui se déclinent en indicateurs visant à mesurer la progression de la transformation numérique de l’État. Elle est accompagnée de mesures clés assurant le déploiement d’assises nécessaires à l’amorce de cette importante transformation.

  • Ambition 1 : Les citoyens sont au centre de l’évolution des services, des programmes et des politiques
    • 75 % des nouveaux services numériques sont conçus en impliquant les citoyens
    • 75 % des services numériques évolueront grâce à l’évaluation en continu des citoyens
    • 75 % des consultations publiques proposent un moyen numérique pour y participer
  • Ambition 2 : Les citoyens communiquent leurs informations une seule fois à l’administration publique
    • 50 % des services ne redemandent pas au citoyen une information déjà connue
  • Ambition 3 : Les organisations publiques sont proactives dans leurs relations avec les citoyens
    • 60 % des échéances font l’objet de rappels numériques
  • Ambition 4 : Les employés sont au cœur de la transformation
    • 100 % des organisations déploient des mesures pour réaliser la transformation numérique
    • 60 % des employés bénéficient d’un milieu de travail et de façons de faire transformés
  • Ambition 5 : Les services publics sont numériques de bout en bout
    • 75 % des services numériques présentent un taux d’utilisation supérieur à 75 %
    • 75 % des processus administratifs sont sans papier
  • Ambition 6 : Les données sont valorisées et redonnées aux citoyens
    • 60 % des organisations diffusent la majorité de leurs données à haut potentiel de réutilisation

Il faut indiquer qu’une nouvelle entité au sein du Secrétariat du Conseil du trésor, le Centre québécois d’excellence numérique (CQEN), aura pour objectif d’offrir du soutien aux organisations publiques dans la mise en œuvre de leur plan de transformation numérique. Véritable accélérateur de la transformation numérique gouvernementale, ce centre deviendra le lien entre le gouvernement et l’écosystème numérique dans une perspective de partage d’expertise et de collaboration en continu.

À lire aussi :

Stratégie numérique : L’administration publique québécoise passe à la vitesse

Le Canada accueil un sommet international sur le gouvernement ouvert et interconnecté

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