Suivez-nous

Actualités

Trump et la Russie, du complot à la surinformation

Hanen Hattab

Publié

le

Crédit photo Mike Segar / Reuters

Avec les révélations de Trump junior, la saga de la famille locataire de la maison blanche prend un virage double, peut être glissant. L’entrée fracassante de l’héritier Trump dans l’affaire de la Russie soulève des interrogations sur la possibilité d’une stratégie médiatique façon Hollywood.

Donald Trump Jr, le fils aîné du Président Américain, a déclaré, lors d’une interview accordée à la chaîne Fox News le 11 Juillet, qu’il avait rencontré une avocate présentée comme émissaire du gouvernement Russe pendant les élections de 2016. M. Trump Jr a rajouté, notamment, que son père n’était pas au courant de cette rencontre qui a eu lieu le 9 Juin 2016 à la Trump Tower, à Manhattan.

Surinformations du labyrinthe médiatique

Avant que le New York Times publie cette information, le fils Trump lui a volé la vedette, en témoignant qu’il avait rencontré une représentante de Moscou afin de nuire à la réputation de l’adversaire numéro un, de son père. Il n’a pas lésiné sur les détails croustillants de l’affaire controversée en publiant sur son compte Twitter les documents illustrant les tenants et les aboutissants de la rencontre. Des courriels et des conversations échangés avec l’intermédiaire Britannique Rob Goldstone en contact avec le procureur général de Russie dépeignent, à coup d’indices percutants, comment la famille en tête des États-Unis a saboté la campagne de Hillary Clinton.

Le 9 Juillet, le fils tenait des propos complétement différents de ceux révélés hier. Il avait confirmé que sa rencontre avec l’avocate Natalia Veselnitskaya avait pour objet de discuter des adoptions d’enfants Russes aux Etats-Unis et de la levée des sanctions qui frappent la Russie depuis l’affaire Magnitski.

L’email en date du 3 Juin 2016, twitté par l’héritier Trump, montre que M. Goldstone se proposait comme intermédiaire avec le père du chanteur Russe Emin Agalarov (dont la famille connaît bien celle de Trump), qui lui-même voulait aussi faire le médiateur avec le procureur général Russe. Ce dernier voulait « donner, à l’équipe de campagne de Trump, des informations et documents officiels qui incrimineraient Hillary et ses transactions avec la Russie […] ».

6 jours après ces échanges, l’héritier Trump a rencontré, au 25e étage de la Trump Tower, l’avocate Veselnitskaya Jared Kushner, et son directeur de campagne, Paul Manafort.

Par ailleurs, le fils rassure les Américains, dans un communiqué, que tout bonnement cette avocate « n’était pas une responsable gouvernementale » et qu’elle est venue, à la rencontre, les mains vides.  Mme Veselnitskaya, qui selon Trump Jr, n’a fourni aucune information, a souligné dans une interview donnée à la chaîne de télévision Américaine NBC que ses contacts de l’équipe Trump « cherchaient ce genre d’information ». « ils la voulaient tellement !» a-t-elle ajouté.

Si le Kremlin nie avoir des relations avec l’avocate, après l’éclatement de cette affaire, le public se trouve avec un amas d’informations ingérables ou les rapports entre les différents protagonistes sont difficiles à cerner.

René Naba ne nous a-t-il pas rappelé dans son article « Les Médias comme véhicule d’une idéologie dominante » (En point de mire, Septembre 2017) que les ricains excellent dans l’art de la surinformation. « les Etats-Unis auront constamment cherché à rendre leurs ennemis inaudibles, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires», pour reprendre l’expression de l’Allemand Hans Magnus Einsensberger. »

Ce nouvel épisode de l’affaire Trump et la Russie ouvre un chapitre nouveau dans lequel James Comey, portraituré par ses adversaires comme un complotiste, a été exclu ou peut-être reviendra-t-il un de ces jours rajouter un couloir dans cette partie du labyrinthe façonnée par le fils Trump.

Crédit photo:
Crédit photo Mike Segar / Reuters

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

Lire la suite
Publicité
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Actualités

Qui sont les 26 ministres du gouvernement Legault et les défis à relever au Québec ?

Publié

le

Après l’assermentation des 74 élus de la Coalition avenir Québec (CAQ), mardi, le 1er gouvernement du premier ministre François Legault a été dévoilé jeudi 18 octobre à l’Assemblée nationale du Québec. Composé de 26 ministres, le gouvernement Legault [avec beaucoup de nouveaux visages] se veut « paritaire, compétent et plus proche des Québécois ».

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) est devenu officiellement le 32è premier ministre du Québec le 18 octobre 2018. Il a défait l’ex-premier ministre sortant, Philippe Couillard, le 1er octobre 2018. En dévoilant ce jeudi son conseil des ministres numéro 1, l’homme d’affaires devenu premier ministre a résumé les priorités de l’équipe gouvernementale en trois mots : éducation, économie et santé.

En ce qui concerne l’Économie, le nouveau gouvernement s’est engagé à remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois, en particulier dans celui des familles et dans celui des retraités à bas revenu. « Notre gouvernement va avoir une forte saveur économique. Nous avons notamment pris l’engagement de rehausser le niveau de richesse du Québec en augmentant les investissements privés et les exportations », a promis le premier ministre.

Ce qui compte [le plus] pour le gouvernement Legault

Au niveau de l’Éducation, M. Legault précise que son engagement le plus important sera de s’assurer que chaque enfant québécois pourra aller au bout de son potentiel. « Et cela passe, selon lui, par le dépistage précoce des enfants qui ont des difficultés d’apprentissage, par la création de la maternelle quatre ans, par l’ajout de professionnels dans les écoles, par l’appui aux enseignants, par la valorisation de leur profession et par la rénovation de nos écoles ».

Lire aussi : Les libéraux veulent maintenant défendre les intérêts des Québécois
Lire aussi : Le compte du nouveau premier ministre du Québec n’est pas authentifié

Pour ce qui est de la Santé, le premier ministre a rappelé que la mission de son gouvernement sera de faire en sorte que lorsqu’un Québécois est malade, il pourra voir un médecin ou une infirmière rapidement, sans devoir engorger les urgences. « Il va falloir aussi traiter nos aînés en perte d’autonomie avec toute la dignité qu’ils méritent, aider les parents d’enfants handicapés et mieux soutenir les proches aidants », a souligné François Legault.

« De nouveaux visages pour mener le Québec sur les chemins de la prospérité et de la fierté ».

En plus des trois grandes priorités, le successeur de Philippe Couillard à la tête du Québec a insisté sur sa préoccupation à l’égard des défis environnementaux. Il a dit avoir bien reçu le message des Québécois lors de la dernière campagne électorale et a reconnu qu’on devait en faire plus pour lutter contre les changements climatiques. Il s’est engagé à y travailler de façon pragmatique pour obtenir des résultats tangibles.

Le premier ministre a demandé à ses nouveaux ministres d’exercer leur mandat dans un esprit de proximité, d’humanité et d’ouverture. Il a déclaré vouloir gouverner en essayant d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre de Québécois, mais sans reculer devant les groupes de pression ou à la première secousse venue.

Lire la suite

Actualités

Montréal, autoroutes et échangeurs à éviter ce weekend

Publié

le

Des fermetures majeures seront mises en place durant la fin de semaine du 19 octobre. Et ce au niveau des secteurs de l’échangeur Turcot et de l’échangeur des autoroutes 13 et 40.

Au niveau de l’échangeur Turcot

  • Fermeture de la bretelle menant de la route 136 en direction ouest
  • (A-720) à l’autoroute 15 en direction nord – de vendredi 23 h 59 à lundi 5 h
  • Fermeture de la bretelle menant de l’autoroute 20 en direction est à l’autoroute 15 en direction nord – de vendredi 23 h 59 à lundi 5 h
  • Fermeture de la bretelle menant de l’autoroute 15 en direction sud à la route 136 en direction est (A-720) – de vendredi 23 h 59 à lundi 5 h
  • Fermeture de la bretelle menant de l’autoroute 15 en direction sud à l’autoroute 20 en direction ouest – de vendredi 23 h 59 à lundi 5 h
  • Fermeture de la bretelle menant de l’autoroute 15 en direction nord à l’autoroute 20 en direction ouest – de vendredi 23 h 59 à lundi 5 h
  • Autoroute 10  (Bonaventure) – Pont Clément
  • Fermeture de l’autoroute 10 en direction est entre la sortie no 4 – Aut. 15 nord (aut. Décarie), St-Jérôme et 20 ouest, Toronto, aéroports P.-E. Trudeau et Mirabel et l’île des Sœurs – de vendredi 22 h à lundi 5 h

Autoroute 15

  • Fermeture de la sortie no 57-N – Chemin de la Pointe-Nord de l’autoroute 15 en direction sud – de vendredi 22 h à lundi 5 h
  • Le boulevard de l’Île-des-Sœurs dans le secteur de l’autoroute 15 sera fermé dans les deux directions selon le même horaire.

Échangeur des autoroutes 13 et 40

  • Fermeture complète de l’autoroute 13 en direction sud entre la sortie no 6 – A-40 / Québec / Ottawa / Gatineau et l’entrée en provenance de l’autoroute 40 en direction est – de vendredi 23 h 59 à lundi 5 h
  • Fermeture complète de la bretelle menant de l’autoroute 40 en direction ouest vers l’autoroute 13 en direction sud – de vendredi 23 h 59 à lundi 5 h

En cas de conditions météorologiques défavorables ou de contraintes opérationnelles, les fermetures pourraient être annulées ou modifiées.

SourceMinistère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports

Lire aussiAttaque simulée d’un camion-bélier fonçant sur des passants à Montréal

Lire la suite

Nation

Immigration : le Canada accueille 152 000 nouveaux citoyens

Publié

le

Un an après les modifications apportées à la Loi canadienne découlant du projet de loi C-6, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) révèle que le nombre de personne aspirant à la citoyenneté canadienne a bondi en 2018, soit plus de 40% par rapport à la même période en 2017.

D’ici fin octobre 2018, le ministère fédéral de l’immigration estime que 152 000 personnes auront obtenu la citoyenneté canadienne depuis l’entrée en vigueur des changements à la Loi sur la citoyenneté. D’ailleurs, au cours de la Semaine de la citoyenneté, du 8 au 14 octobre, près de 6 400 personnes sont devenues des citoyens lors de 72 cérémonies qui se sont déroulées partout au pays.

Exigences pour avoir la citoyenneté canadienne ?

Les immigrants doivent maintenant accumuler, en vertu la nouvelle Loi, 1 095 jours ou trois ans dans une période de cinq ans avant d’être admissibles à la citoyenneté, au lieu des 1 460 jours ou quatre ans dans les six ans prévus par l’acte précédent. Cette disposition avait été introduite par le précédent gouvernement conservateur, en juin 2014.

Chaque jour compte avant de devenir résident permanent

À titre de résident temporaire ou de personne protégée) au cours des cinq années précédant la demande de citoyenneté COMPTE POUR UNE DEMI-JOURNÉE, jusqu’à concurrence d’un an (365 jours). Auparavant : Le temps passé au Canada avant de devenir résident permanent n’était pas pris en compte dans le calcul de la durée de la présence effective aux fins de l’obtention de la citoyenneté.

Compétences linguistiques et connaissances

Si vous êtes âgé de 18 ans à 54 ans, vous devez satisfaire aux exigences linguistiques (français ou anglais); faire l’examen pour la citoyenneté. Auparavant : Si vous étiez âgé de 14 à 64 ans, vous deviez satisfaire aux exigences en matière de compétences linguistiques et de connaissances pour être admissible à la citoyenneté.

Déclaration de revenus

Vous devez présenter une déclaration de revenus au Canada (si la Loi de l’impôt sur le revenu l’exige) pour 3 années sur 5, ce qui correspond au nouveau critère appliqué pour la présence effective. Auparavant : Vous deviez présenter une déclaration de revenus au Canada, si la Loi de l’impôt sur le revenu l’exigeait, pour quatre années sur six.

Source : IRCC

Lire aussi : Immigration Canada, avantages et ‘’revers’’ de la nouvelle Loi

Lire aussi : Nouvelle loi : 3 ans pour être citoyen canadien avec assouplissements…

Lire la suite

en-avant