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Culture

« Un temps pour tout » décode le Hip Hop

Hanen Hattab

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Les ingrédients d’une soirée Hip-hop old-school réussie sont facile à réunir : Une battle impétueuse, un commentateur cool, des percussions chaudes, du beatboxing et des figures de Break-dance. Comment les adapter à un canevas chorégraphique narratif et auto-réflexif, c’est la question que s’est posée Sovann Rochon-Prom Tep pour créer Un temps pour tout.

Sur le plancher de La Chapelle, le flow et l’ambiance conviviale d’une Black Party sont au rendez-vous, les 31 janvier, 1er et 4 février. La création Un temps pour tout rend hommage au style idiomatique du Hip-Hop des années 1970 et 1980. Toutefois il ne faut pas se faire duper par l’identité culturelle que laissent entrevoir la chorégraphie et l’interaction de la crew sur scène.

Les interprètes réservent d’autres motifs expressifs pour écorner, sans déconstruire, l’esthétique Hip-Hop.

Les vers étaient les absents de la matière sonore, laissant la place à une musique entraînante finement teintée de rap jazzy. Si le beat pouvait atteindre par moment des rythmes agressifs c’est pour donner le la à des mouvements saccadés et lyriques, parfois comiques, souvent intenses et impulsifs.

©David Wong

Les amateurs nostalgiques peuvent y reconnaître des morceaux de Smurf, de Dirty South, intercalés de swags sous formes interrogatives. Le tout est orchestré sous fond d’interactions gestuelles et verbales maniérées, si bien que les onomatopées du genre articulent à la fois les figures des danseurs et la composition sonore.

Les talentueux Vithou Thurber-Prom Tep, au clavier, et Thomas Sauvé-Lafrance, à la batterie, ont fait plaisir aux oreilles avides de jeu phrasé aux figures enveloppantes. Une énergie joyeuse et décontractée se dessinait sur les visages des danseurs et débordait jusqu’aux bouts des doigts.

On décode et on image

Après l’entracte, la pause, chill pour les intimes, les interprètes se sont éloignés encore plus des canons du genre. La musique devient dramatique, engageant Pax, Jigsaw et Sangwn dans une conversation chorégraphique burlesque.

Le contraste entre l’élément sonore et les performances corporelles transforme la scène en écran sur lequel apparaisse des images en mouvement. Les danseurs ont, en fait, décomposé le boogaloo pour en faire des figures au ralenti qui se détachent du fond comme un cinémagraphe. Se fabrique ainsi un dénouement graphique et savoureux.

Si pour le philosophe Richard Shusterman, le Hip Hop c’est l’art à l’état vif, Sovann Rochon-Prom Tep et ses collaborateurs ont décodé ses manières et son décorum visuel et verbal tout en gardant un rapport intime et passionné avec leur pratique.

Lire aussi :  Un nouveau rendez-vous musical : Les salons acoustiques de La Chapelle

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels dans l’illustration, les arts graphiques et la sculpture.

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Culture

Cinq artistes québécois en lice pour le prestigieux prix Sobey

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La Fondation Sobey pour les arts et le Musée des beaux-arts du Canada ont dévoilé ce mardi, 16 avril, la liste du Prix Sobey pour les arts 2019, considéré comme le plus prestigieux en art contemporain canadien.

Les 25 artistes visuels canadiens nominés par des leaders de communautés artistiques d’un océan à l’autre, ont été sélectionnés pour concourir pour le grand prix de 100 000 $ CA.

Les membres du jury 2019 sont :

  • Peter Dykhuis, directeur/conservateur de la Dalhousie Art Gallery, pour les provinces Atlantiques,
  • Jo-Ann Kane, conservatrice de la Collection Banque Nationale, pour la région du Québec,
  • Swapnaa Tamhane, commissaire, artiste et auteure pour l’Ontario,
  • Lindsey Sharman, conservatrice de du Musée des beaux-arts de l’Alberta, pour la région des Prairies et du Nord,
  • Nigel Prince, directeur de la Contemporary Art Gallery, pour la Côte Ouest et le Yukon et membre du jury international,
  • Henriette Bretton-Meyer, conservatrice du Kunsthal Charlottenborg de Copenhague, au Danemark.

Les prix

Le grand prix de 100 000 $ CA est remis au lauréat, 25 000 $ CA vont à chacun des quatre finalistes et 2000 $ CA sont accordés aux vingt artistes figurant dans la liste préliminaire.

Outre les prix en argent, trois des 25 artistes seront choisis par le jury du Prix Sobey pour les arts pour participer au Programme de résidences Sobey, un programme de résidences internationales dont la durée varie de trois à six mois. Enfin, l’un des finalistes sera sélectionné par Fogo Island Arts en vue de participer à une résidence annuelle.

Les cinq artistes québécois en lice pour le grand prix sont :

  • Marie-Michelle Deschamps
  • Nicolas Grenier
  • Caroline Monnet
  • Celia Perrin Sidarous
  • Sabrina Ratté

Le dévoilement de la liste des finalistes aura lieu le 12 juin, le nom des artistes en résidence suivra le 18 septembre.

L’exposition des cinq finalistes du Prix Sobey pour les arts sera présentée à l’Art Gallery of Alberta à Edmonton du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020.

Le lauréat du grand prix sera connu le 15 novembre 2019 lors d’un gala organisé par le Musée des beaux-arts de l’Alberta.

Le nom du gagnant de la résidence au Fogo Island Arts sera dévoilé dans les semaines suivant le gala.

Lire aussi : Montréal : des installations RV vous plongent dans des peintures célèbres

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Cinéma

Voici les films en tête des nominations du gala Québec Cinéma

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Québec Cinéma a dévoilé ce jeudi, 11 avril, les finalistes aux prix Iris 2019. Cette année, la grande fête du cinéma québécois dédiera une journée entière à la célébration et au rayonnement du talent de celles et ceux qui sont à l’origine des films d’ici.

Dès 16 h le dimanche 2 juin, Karine Gonthier-Hyndman et Guillaume Lambert donneront le coup d’envoi des festivités avec le Gala Artisans Québec Cinéma, en direct sur ICI ARTV et au RadioCanada.ca/galaquebeccinema.

La fête se poursuivra à 20 h, avec le Gala Québec Cinéma animé par Guylaine Tremblay et Édith Cochrane, en direct sur ICI TÉLÉ et sur Radio-Canada.ca/galaquebeccinema.

Ce sont 46 longs métrages de fiction, 35 longs métrages documentaires, 25 courts métrages d’animation et 25 courts métrages de fiction qui ont été évalués au cours des dernières semaines pour la nomination d’un total de 188 finalistes.

Rappelons que, pour les Iris de la catégorie long métrage de fiction, plus de 1 200 membres votants issus de l’industrie cinématographique ont allié leur voix à celles du jury, lors d’un premier tour de vote pondéré à 50/50.

1991 et À tous ceux qui ne me lisent pas, en tête des nominations du gala Québec cinéma

Ségolène Roederer, la directrice générale de Québec Cinéma s’est réjouie de la forte réponse des membres votants au nouveau système de votation pour le choix des finalistes. « 1200 votes, c’est énorme et cela montre l’intérêt du milieu pour son Gala », a-t-elle indiqué.

 En plus des finalistes qui comptent les films 1991 de Ricardo Trogi et À tous ceux qui ne me lisent pas de Yan Giroux, le public découvrira les œuvres qui se sont démarquées dans les catégories du Prix du public, Meilleur premier film, documentaire, des films qui ont brillé à l’internationale, court métrage et Iris Hommage 2019.

Lire aussi : Karine Gonthier-Hyndman et Guillaume Lambert animeront Le Gala Artisans Québec Cinéma

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Culture

La BAnQ donne accès à 250 000 images aériennes du territoire québécois

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Les Québécois ont « dorénavant accès aux images de Pierre Lahoud qui documentent de façon magistrale notre histoire nationale récente », a déclaré aujourd’hui Jean-Louis Roy, président-directeur général de BAnQ ».

Pierre Lahoud est photographe et historien du patrimoine qui a traversé la province en avion pour y capter des paysages inédits pendant plus de quarante ans.

Il avait confié dans un article du Devoir en 2016 : « je n’ai jamais vu autant de changements dans le paysage que depuis les dix dernières années. […] Et dire qu’il y en a encore qui ne croient pas au réchauffement de la planète. »

À quoi ressemble le Québec entre 1985 et 2008?

Le fond photographique acquis par la BAnQ est sous la forme de diapositives créées entre 1985 et 2008. Elles couvrent l’ensemble des régions administratives du Québec.

« En quatre décennies, il survole plusieurs fois le territoire de la province de l’Abitibi aux Îles-de-la-Madeleine et de l’Estrie au Nunavik », explique le communiqué de la BAnQ.

L’héritage de Lahoud illustre à travers des photographies aériennes l’évolution du territoire habité et naturel du Québec. On peut y découvrir les transformations des villes et des villages, les modifications de l’aménagement du territoire, et ce, sur une période d’un peu plus de 20 ans. Ils comportent notamment des informations rares sur le contexte de création des documents.

Les 250 000 photographies peuvent être consultées à la BAnQ Québec, pavillon Louis-Jacques-Casault du Campus de l’Université Laval, 1055, avenue du Séminaire, à Québec.

Les archives photographiques de l’historien Pierre Lahoud.
Crédits photo Pierre Lahoud.
Crédits photo Pierre Lahoud.
Crédits photo Pierre Lahoud.
Crédits photo Pierre Lahoud.

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