Suivez-nous

Actualités

Violences sexuelles : lueur d’espoir sur les campus québécois

Baba-Idriss FOFANA

Publié

le

Photo libre de droits

Début novembre 2017, un projet de loi (nº151) visant à prévenir et à contrer les violences à caractère sexuel, sur les campus universitaires et collégiaux du Québec, a été déposé par la ministre de l’Éducation supérieure et de la Condition féminine, Hélène David. Trois semaines après, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses affiliés de l’enseignement supérieur l’ont accueilli favorablement. Il en a été de même pour certains organismes de la place. Mais que dit concrètement ce projet de Loi ?

« Le projet de loi nº151 nous semble fidèle à la Stratégie d’intervention pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel en enseignement supérieur. La CSQ salue la pertinence de plusieurs articles, notamment les mesures de prévention et de sensibilisation, les activités de formation et les modalités applicables pour formuler une plainte », a fait valoir Louise Chabot, présidente de la CSQ, devant les membres de la Commission de la culture et de l’éducation, chargés d’étudier le projet de loi.

Dans son intervention, la présidente a salué l’obligation qui sera faite aux établissements d’enseignement supérieur de se doter d’une politique distincte ayant pour objectif de prévenir et de combattre les violences à caractère sexuel. Si le projet de loi en question prévoit la « création d’un guichet unique » où les victimes pourront s’adresser, quelles seront les politiques à mettre sur pied dans les campus universitaires et collégiaux du Québec ?

Quelle politique pour combattre ces violences sexuelles ?

Contacté par Avant-Première, Marlihan Lopez du Regroupement Québécois des Centres d’Aide et de Lutte Contre les Agressions à Caractère Sexuel (RQCALACS) explique que chaque Institution universitaire et collégiale doit se doter d’une politique de prévention et de lutte contre les violences à caractère sexuel avant le 1er septembre 2019. 

À l’en croire, ces Institutions d’enseignement supérieurs devront offrir des formations destinées aux étudiants, aux professeurs, employés, et à toute leur communauté sur la prévention des agressions sexuelles.« Les établissements auront également à rendre compte au ministère de l’application de cette politique qui devra être distincte des règles déjà instaurées dans les établissements », précise-telle.

Aux dires de l’Agente de liaison, « ce projet de loi est une bonne base sur laquelle travailler ». Raison pour laquelle le RQCALACS s’attend à ce que « l’ensemble des groupes participants agissent de bonne foi afin d’améliorer les aspects concernant l’appui aux survivants et que ceux-ci soient incorporés à la loi ».  « Car, précise-t-elle, la violence sexuelle est une violence systémique ».  « C’est à travers la prévention qu’on va pouvoir faire changer les comportements et certaines attitudes qui banalisent cette violence », souligne Marlihan Lopez.

C’est dans cette optique que Mme Lopez s’est rendue en Commission parlementaire, tout comme la présidente du CSQ, pour non seulement faire des recommandations au projet de loi nº151, mais aussi démontrer l’expertise de certains organismes comme les CALACS dans la prévention des violences à caractère sexuel. « Déjà, nous avons un programme pilote à l’UQAM où une intervenante de l’organisme intervient auprès des victimes et des témoins. C’est un travail de référence que nous avons présenté également pour dire qu’il faut vraiment s’adresser à des organismes qui peuvent aussi répondre aux besoins des survivants de ces agressions », fait valoir l’Agente de liaison du RQCALACS dans une entrevue téléphonique avec Avant-Première.

12 jours d’action pour sensibiliser la population

L’organisme ne compte pas s’arrêter là. En attendant la fin des consultations qui devront aboutir à une éventuelle adoption de la Loi nº151, le RQCALACS et plusieurs groupes de femmes préparent activement les 12 jours d’action (du 25 novembre au 6 décembre) pour l’élimination des violences contre les femmes.

Coordonnée par la Fédération des Femmes du Québec, Marlihan Lopez croit savoir qu’au cours de ces journées les efforts de sensibilisation de la population seront concentrés sur les violences systémiques qui affectent les femmes.  Ce, en mettant en lumière les violences qui affectent les femmes issues d’une minorité dont « on ne parle pas assez souvent ». C’est-à-dire les femmes immigrantes, les femmes autochtones et les femmes en situation de handicap. « On espère que le gouvernement aura une oreille attentive », conclut Mme Lopez.

Baba Idriss Fofana est Journaliste depuis 2010 et Blogueur depuis 2012 sur la plateforme de Radio France International – Mondoblog – où il anime notamment des chroniques politiques et faits de société. Ayant également fait des études de Marketing et de Management, il a occupé dans différents pays les fonctions d’Assistant en communication politique et Responsable des communications.

Lire la suite
Publicité
1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Pingback: Sexualité : des cours obligatoires au primaire, à quel prix ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Actualités

Les préposés au péage de l’autoroute 30 en grève à partir d’aujourd’hui

Avatar

Publié

le

Après l’échec des pourparlers, les employés, représentés par le Syndicat des préposés au péage de l’autoroute 30-CSN, ont décidé de tenir ce vendredi, 19 juillet, dès 9 h, une première journée de grève.

« Nous sommes très déçus de voir que l’employeur a décidé de ne pas négocier hier, alors qu’il avait la possibilité de dénouer la situation et d’éviter le conflit», a souligné d’entrée de jeu le président du syndicat CSN, Alain Courtemanche.

Les discussions avec la partie patronale ont porté sur l’offre salariale et les conditions de travail insupportables des grévistes.

«Il manque de climatisation l’été, de chauffage l’hiver. Les bancs sont troués et souvent, il n’y a même pas de dossier. Il n’est pas rare que deux pouces d’eau se retrouvent dans les cabines et que les fenêtres peinent à s’ouvrir. Souvent, les employés ne parviennent même pas à voir le montant qui doit être payé », a dépeint Annette Herbeuval, la présidente du Conseil central de la Montérégie-CSN.

Des salaires inéquitables

Les travailleurs s’indignent notamment de leurs salaires inéquitables par rapport aux salariés d’entreprises similaires et à leurs collègues du service à la clientèle. Ces derniers bénéficient d’un horaire fixe et d’un salaire d’entrée plus élevé que les préposés au péage et travaillent dans de meilleures conditions.

À ce propos, le syndicat cite aussi l’exemple des préposés au péage du pont de la Confédération qui gagnent plus de 18 $ l’heure en commençant, alors que le salaire des grévistes débute à 14,25 $ l’heure et plafonne à 15,25 $.

Mme Herbeuval a affirmé que le vote de grève montre à quel point les membres sont déterminés à se faire respecter, et qu’ils vont avoir la CSN derrière eux pour les soutenir.

Lire aussi : L’Institut Pinel, un cas exemplaire de la pénurie dans la santé et les services sociaux

Lire la suite

Actualités

80% des travailleurs de la construction partiront bientôt en vacances

Avatar

Publié

le

Les vacances de la construction débutent ce dimanche, 21 juillet, et se terminent le samedi 3 août. La valeur totale des chèques de vacances transmis aux travailleurs montre que le secteur connait une hausse de ses activités.

La Commission de la construction du Québec (CCQ) a annoncé ce jeudi, 18 juillet, avoir transmis au cours des dernières semaines près de 159 000 chèques de vacances aux travailleurs de la construction du Québec. Au total, la somme, versée par les employeurs, représente plus de 447 M$.

Bien que les vacances demeurent obligatoires pour l’ensemble de l’industrie de la construction dans tous les secteurs, certains travailleurs ne prennent pas ce congé estival à fin d’assurer des travaux de génie civil et de voirie, des travaux d’urgence, de réparation, d’entretien, de rénovation ou de modification. Ainsi environ 80% de la main d’œuvre, travailleurs et employeurs, partiront en vacances durant ces deux semaines.

L’activité du secteur en chiffres

Cette année, la CCQ a constaté une hausse de plus de 6 % de la valeur totale des versements, comparativement aux montants versés à l’été 2018 (421 M$). « Cette variation s’explique principalement par la hausse de l’activité de construction enregistrée durant l’année », précise le communiqué de la CCQ.

En effet, en 2018, le nombre d’heures travaillées dans l’industrie a monté de 10 % par rapport à 2017, atteignant 163 millions d’heures.

« Sans dépasser le sommet atteint en 2012, une hausse de cette envergure des activités de construction assujettis à la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction (Loi R-20), n’a pas été observée depuis 2004 », indique la CCQ.

À savoir : En 2019, le plus grand montant de sommes de chèques de vacances versés a été émis dans la région Laval–Laurentides—Lanaudière. Il s’élève à 121 202 939,07 $

Lire aussi : Vous êtes issu de la diversité, cette bourse pourrait vous intéresser!

Lire la suite

Actualités

Sécurité nationale et renseignement : comment les activités du gouvernement canadien seront examinées

Avatar

Publié

le

La Loi sur l’OSSNR a reçu la sanction royale dans le cadre du projet de loi C-59 le 21 juin 2019. La Loi, qui est entrée en vigueur le 12 juillet 2019, met sur pied une nouvelle entité fédérale, l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (OSSNR).

La Loi sur l’OSSNR comble les lacunes du cadre de responsabilisation en matière de sécurité nationale d’abord relevées par le juge O’Connor dans le rapport Arar de 2006 et par plusieurs autres par la suite. Avant la mise sur pied de l’OSSNR, seuls quelques organismes spécifiques disposaient d’organismes d’examen spécialisés indépendants qui ne pouvaient ni collaborer ni échanger des informations classifiées. 

L’OSSNR, au contraire, a le mandat d’examiner toutes les activités du gouvernement du Canada en matière de sécurité nationale et de renseignement, de manière intégrée, quel que soit le ministère ou l’organisme dont relèvent les activités.

Afin de remplir son mandat, l’OSSNR est autorisé à recevoir toute l’information que détiennent des entités fédérales que l’OSSNR considère comme pertinente pour mener ses examens, peu importe la classification ou la nature délicate. Il peut s’agir également d’information assujettie à un privilège juridique. L’unique exception est l’information classée à titre de documents confidentiels du Cabinet.

Examiner les activités de la GRC en matière de sécurité nationale et de renseignement…

L’OSSNR sera dirigé par un maximum de sept membres, d’éminents Canadiens nommés par le gouvernement en consultation avec l’opposition. L’OSSNR sera appuyé par un secrétariat de la sécurité nationale et par des experts juridiques.

En outre, l’OSSNR recevra des plaintes du public concernant les activités du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), du Centre de la sécurité des télécommunications (CST) et, lorsqu’elles sont étroitement liées à la sécurité nationale, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). L’OSSNR recevra également les plaintes concernant le processus d’habilitation de sécurité du gouvernement du Canada.

L’OSSNR remplace le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) dont l’examen se limitait au SCRS. L’OSSNR remplace également l’ancien Bureau du commissaire du CST (BCCST) qui examinait les activités du CST. 

De plus, l’OSSNR est chargé d’examiner les activités de la GRC en matière de sécurité nationale et de renseignement. La Commission civile d’examen et de traitement des plaintes (CCETP) continuera d’examiner toutes les autres activités de la GRC.

Le premier rapport annuel public de l’OSSNR sera déposé au Parlement en 2020.

Source : CSARS

À lire : Le PQ réitère sa demande contre le transfert de données québécoises au secteur privé

Lire la suite

Nous suivre sur Facebook

Publicité

en-avant